‹ Charles Nodier et le groupe romantiqueChapitre 161 sur 163 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

au laboureur qui pousse droit le sillon, mais ne soyons pas trop sévères à la fantaisie de qui le dévie, si c'est fantaisie de poète, surtout si ce poète a, jusque dans la vieillesse, des gr«nces, en même temps que des caprices d'adolescent.

Nous parlions de la prématurité civique et sentimentale de Nodier. A bien d'autres égards, il demeura enfant toute sa vie. Son ami Ulric Guttinguer put chanter son printemps, « son esprit toujours en fleur », son cœur « jeune et naïf sous sa tête blanchie » ^ Il s'était toujours défendu de raisonner, comme d'une opération pleine de risques : « Faire une sottise, c'est un résultat auquel je n'échappe jamais quand je raisonne ^ » Il se fiait de préférence à des inspirations primesautières et ingénues, qui, avec ses vues parfois profondes et philosophiques, composaient un mélange singulier. Il a dit luimême la « combinaison étrange » que faisaient en lui son « âge mùr » et ses « instincts » et ses « goûts d'enfant ».

Il en résulta le plus aimable des hommes et des écrivains. Du métier qu'il maudissait en l'aimant, si jamais il se promit un avantage, ce fut, écrivait-il un jour, celui de gagner des cœurs ^ Il ambitionna de les prendre comme

1. Les Funérailles de Charles Nodier, dans les Deux âges du poêle.

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