Il avait ainsi divisé son enseignement de littérature
2. Il faisait fond sur des ressources — du reste, hypothétiques — pour se passer de l'emploi qui lui était proposé.
3. Ils avaient publié en collaboration, nous Tavons vu, une Dissertation sur l'organe de l'ouïe et l'usage des antennes dans les insectes.
4. Lettre à Charles Weiss {Correspondance inédile, lettre XXI, p. 39 et 40;.
Il avait en chantier un « Commentaire de La Fontaine » qu'il venait d'achever, et il songeait à « en faire autant pour Télémaque », lorsqu'une proposition lui arriva, qui réintégra le roman dans sa vie.
Un Anglais, millionnaire et baronnet, féru d'érudition philologique et pris d'un goût particulier pour nos classiques français, cherchait « un secrétaire intelligent, un peu grammairien, un peu bibliographe » et, si ce collaborateur à son gré « était, par hasard, un homme de lettres malheureux », il s'engageait à « le traiter de la manière la plus libérale ». Bibliographe et grammairien, Nodier l'était à souhait.
Boissonade, son critique, devenu son ami *, le désigna au chevalier Croft. Et voilà qu'au seul nom de l'auteur des Proscrits, ce grand liseur, qui connaissait les premières productions du jeune romantique, prit la plume pour lui écrire une lettre où, sans « rien déterminer, » il « offrait tout ». Un nouveau courrier précisa les conditions, qui étaient superbes ; une mensualité de quatre cents francs, outre le vivre et le couvert, avec appartement indépendant,
1. Il s'agit de Boissonade l'helléniste, né en 1774, qui, après s'être tourné du côté de la diplomatie et de l'administration, s'orienta vers la littérature et la critique érudite. Il étudia les philologues allemands, sans préjudice d'un goût déclaré pour les écrivains anglais, qu'il contribua fort à faire connaître en France. Ce fut, probablement, l'occasion de ses relations avec le chevalier Croft. Il avait signalé, non sans quelques réserves, les Tristes, dans le Journal des Débats du 19 juillet 1806.
un OU deux domestiques, un cheval et une voiture... Et cela, non à titre précaire, puisque sir Herbert Croft, « deux fois marié, deux fois père et deux fois privé de femme et d'enfants», parlait de partager, sa vie durant, avec le jeune ménage, « sa maison et toute son existence * ».
Il voulut mieux, quelque temps après, et songea, paraît-il, à une adoption en règle. Nodier était à Quintigny *, petit hameau du Jura, séjour ■d'été de ses beaux-parents, quand lui parvinrent les ouvertures du généreux Anglais. Sa joie fut vive. Une fée, comme celle dont il devait raconter un jour les prodiges, n'aurait pu ménager meilleure surprise à un écrivain besoigneux, son filleul.
C'était trop beau. Tel fut le sentiment de Jean de Bry, qui ne le perdait pas de vue et lui continuait sa sollicitude. De si brillantes promesses lui parurent louches et éveillèrent sa défiance à ce point qu'il écrivit à Fouché en personne, poar demander une enquête sur le baronnet suspect '. Suspect, il pouvait l'être en sa seule qualité de sujet britannique, alors que