‹ Charles Rogier (1800-1885) d'après des documents inéditsChapitre 11 sur 65 · IO · texte numérisé non relu

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style du correspondant qui, d'après des indices que nous a fournis une lettre ultérieure de Rogier à son frère , devait être un Belge (?) attaché à la rédaction du journal le Globe, si célèbre dans les dernières années de la Restauration.

« ... Le bruit avait couru qu'une accusation contre M. de Villèle se préparait dans une réunion de pairs : il n'en est rien. Ce n'est pas sans doute que la matière manque, mais on est trop bien élevé en France pour en venir d'abord à de pareilles extrémités. Ces choseslà se disent, s'écrivent même, mais ne se font pas. Mettre un ministre en accusation... quelle monstruosité ! rechercher les causes de l'accroissement de sa fortune... quelle brutalité, quel renversement de toutes les idées d'ordre, et de convenances ! et puis d'ailleurs quel funeste exemple... ! Permis d'en user ainsi à ceux qui prennent au sérieux les constitutions, les chambres, le représentait/, comme dit si bien M. Courrier; mais qu'une pareille pensée puisse venir à l'esprit de gens qui se respectent et qui peuvent avoir le malheur de devenir ministres à leur tour, c'est eu vérité ce qu'on ne peut supposer... »

Il est intéressant de rapprocher ces lignes des réflexions déjà publiées par le journal sur le respect dû à la constitution et sur le rôle du ministre dans un gouvernement représentatif.

Telle est, dans ses grandes lignes, l'œuvre du Mathieu Laensbergh pendant sa première année.

Nous nous en tenons, pour le moment du moins, à ce résumé qui montre suffisamment ce que voulaient et ce que pouvaient ses rédacteurs, et particulièrement le genre d'articles qu'écrivait Rogier à cette époque.

A l'approche de la Révolution de i83o, quand se formera Y Union des libéraux et des catholiques qui a porté de si rudes coups au gouvernement arbitraire de Guillaume, nous aurons à montrer la part brillante que Mathieu Laensbergh, devenu le Politique en 1827, a prise à la bataille.

A partir de la fin de 1820, Rogier sembla prendre plus

IIO

ROGIER AVANT LA RÉVOLUTION DE l83o

particulièrement goût aux questions d'intérêt local (i). Voirie , hygiène , embellissements , création d'écoles d'artisans, visites aux établissements industriels les plus importants de Liège : tels sont les objets que nous le voyons fréquemment traiter sous la signature du Bourgeois de Saint-Martin . Mais il ne négligera point pour cela l'étude des questions politiques, de littérature et d'enseignement. Il continuera à recommander aux électeurs de s'occuper de leurs intérêts; il signalera, avec une certaine âpreté parfois, leur indifférence et leur apathie (1825-1826). Pour les en tirer, il préparera même à leur usage les éléments d'un Manuel électoral qu'il publiera en 182g. Il insiste à maintes reprises (janvier et février 1826) sur la nécessité de publier les actes et de rendre publiques les séances des conseils provinciaux et communaux.

En même temps il continue à apprécier les œuvres littéraires et les institutions pédagogiques, discutant avec passion la valeur des théories dramatiques et poétiques qui agitent la France et les pays de langue française. N'est-il pas professeur et poète?

Dans un de ses carnets nous voyons, mêlés à des détails du métier professoral, des projets d'articles, des indications de questions à traiter, de livres à consulter,

(1) Un article de chronique locale, le récit d'un incendie où des pompiers n'avaient pas fait preuve d'une extrême délicatesse, lui valut même en 1827 un procès en calomnie — qu'il gagna d'ailleurs haut la main. On peut lire la-dessus le Mémoire à consulter et consultation pour Ch. Rogier, avocat, et H. Lignac, éditeur du journal Mathieu Laensbergh, intimés, contre le Ministère public, appelant, et Jean Delsomme, Théodore Portier et Gérard Thonnar, gardes-pompiers, parties civiles, appelant d'un jugement rendu par le tribunal correctionnel de Liège, le 4 mai 1827 (Liège, de l'imprimerie de Lebeau-Ouwrex). Au nombre des 27 avocats qui avaient signé le Mémoire avec J.-B. Teste et Van Hulst, avocats plaidants, nous remarquons les noms suivants : Dewandre (bâtonnier), Le Soinne, J.-J. Raikem, E. de Sauvage, A. Doreye, G. Fleussu, D. Zoude, J.-F.-X. Wûrth, Forgeur.

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