LA COLLABORATION DE ROGIER A UN JOURNAL
pédagogique : La Récompense
Le succès ne fit pas défaut à une œuvre d'un tout autre genre : la Récompense, journal du jeune âge, à laquelle col-
Géorgie en qualité de major dans un régiment de dragons. Rentré en Espagne en 182 1, il participa au soulèvement des libéraux contre le gouvernement despotique de Ferdinand en 1822 et 1823. Après un exil de plus de deux ans dans l'Amérique du Nord, il était venu vivre aux Pays-Bas. Dans une lettre d'un de ses amis, écrite au Mathieu Laensbergh en août 1826, nous lisons : « M. Van Haelen provient d'une famille du Limbourg; Mme Van Haelen, de Maestricht, est sa parente... »
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laborèrent la plupart des rédacteurs du Mathieu Laensbergh.
Rien de plus piquant que de voir Firmin Rogier, Charles Rogier, Devauxet Lignac — Lebeau et VanHulstne furent pas de la Récompense — se délasser de leurs graves études de philosophie politique et de droit administratif dans la rédaction d'articles destinés à l'éducation, à l'instruction de la jeunesse, articles de peu d'étendue, écrits dans un style simple et clair et qui, donnant à la lecture des enfants plus de variété et d'attrait, devaient les encourager à des études de plus longue haleine.
Tel est en effet le but que se proposent les rédacteurs de ce journal, dont la création est due au professeur Charles Rogier.
Nous avons sous les yeux une pièce qui porte :
« Nous soussignés Jean-Joseph Péquignot et Ch. Rogier, sommes convenus de ce qui suit :
» i° Que le dit M. Péquignot se chargera de recueillir des souscriptions pour abonnement au journal hebdomadaire intitulé la Récompense...
» 2° Que la société du journal la Récompense dont LE dit Ch. Rogier a été constitué fondé de pouvoirs..., etc. »
La pièce est datée de Bruxelles, le 25 décembre 1827.
» Les livres, dit le prospectus du journal (1), ont pour les enfants un inconvénient presque inévitable, c'est d'être longs et trop uniformes. L'idée de fixer longtemps leur attention sur le môme objet les effraye. Pendant deux ou
(1) Le format était petit. M. Capitaine, dans ses Recherches sur les journaux liégeois, nous dit : « La Récompense. in-4°à a col. — Hebdomadaire. — Rédact. MM. J. Lebeau, Ch. et F. Rogier. » — L'omission du nom de P. Dcvaux et l'addition de celui de J. Lebeau sont deux erreurs flagrantes.
Le prix du journal était de i fl. 5o cupar trimestre pour Liège, de i fl. j5 cXi pour le reste du royaume, et de 2 fl. pour l'étranger. L'administration était aux mains de mademoiselle Henriette Rogier, dont Charles avait conservé les registres d'abonnements et de comptabilité.
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trois jours le livre nouveau plaît, mais on s'ennuie d'avoir toujours le même volume entre les mains, et on ne lit plus. »
Partant de cette idée, les rédacteurs de la Récompense avaient pensé qu'un journal qui paraîtrait une fois par semaine aurait une réelle utilité , parce qu'il pourrait contribuer à « faire naître ou à développer chez les enfants des connaissances utiles, à leur faire comprendre et aimer des devoirs rigoureux ».
Ils entendaient bien se garder de les effrayer par la longueur ou par la monotonie de leurs articles. C'était une véritable récompense qu'ils voulaient chaque semaine donner à la jeunesse. La menace de priver les enfants d'un numéro de leur journal ou d'un abonnement pourrait même quelquefois offrir a un moyen facile de correction » aux parents et aux maîtres pour qui cette publication deviendrait ainsi un auxiliaire précieux.
Se plaçant à un point de vue belge (i), la rédaction promettait de parler à ses lecteurs de ce qui se passait en Belgique, des habitudes, des choses, des lieux qui ne leur étaient pas étrangers, mais elle n'entendait pas être exclusive. Elle se tiendrait au niveau des progrès réalisés dans l'enseignement, spécialement en Angleterre et en Allemagne, deux pays renfermant sous ce rapport, disaitelle, des richesses encore enfouies pour la Belgique.
Les rédacteurs sentaient tout ce qu'il y avait de grave et de délicat dans la tâche qu'ils s'étaient imposée; ils savaient surtout avec quel soin scrupuleux devait être pesée chaque parole qu'ils adresseraient à leurs lecteurs. Ils prenaient à ce sujet des engagements formels.
Tous leurs engagements furent tenus : on va le voir.
Les articles proposés étaient revus par tous les rédacteurs, l'un après l'autre. Le bon à composer n'était
(i) « La plupart des livres que nous mettons entre les mains de nos
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donné qu'après un examen qui portait non seulement sur le fond — question d'exactitude scientifique, de vérité historique, d'opportunité ou de compréhension, — mais sur la forme. Les expressions étaient passées au crible d'une critique grammaticale et littéraire où s'exerçaient surtout Charles Rogier et Devaux : Rogier, le futur chef de l'instruction publique en Belgique; Devaux, le futur membre du conseil de perfectionnement de notre enseignement moyen.
Nous avons les cahiers où chaque rédacteur consignait ses observations sans scrupule, mais aussi sans aigreur.
Mademoiselle Rogier y joignait les siennes. Tel jour on propose un article sur les combats de taureaux : « Quelque intéressant, écrit-elle, que soit un combat de taureaux, je ne puis croire qu'il soit utile de mettre de tels spectacles sous les yeux ou dans l'esprit des enfants. » Et malgré cette réflexion de Charles : « On fait les combats beaucoup plus cruels qu'ils ne sont en effet », l'article est écarté.
Firmin soumet à ses collaborateurs un article sur les épingles, qui parut le i5juin 1828 (n° 20 du journal;. Il ne passe qu'après avoir été épluche par Charles et Devaux.
Pour prouver que le mot épluche n'est pas trop fort, nous allons citer leurs critiques : ce sera un spécimen intéressant de la façon dont se faisait la Récompense.
Après une introduction un peu longue, où il s'adressait à une petite fille Marie, qui jetait assez dédaigneusement les épingles, l'auteur lui disait : « Si tu savais par combien
enfants, étant écrits en France, leur parlent d'habitude de choses, de lieux avec lesquels ils n'ont aucun rapport, et nen auront peut-être jamais, sans leur rien dire de leur pays, vers lequel on ne peut trop ni trop tôt tourner leurs yeux. » (Prospectus de la Récompense.)
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de mains cette épingle a dû passer avant d'être confectionnée, tu mettrais peut-être un peu plus de soin à conserver un objet qui a coûté tant de peine... »
— « Je désirerais, dit Devaux dans le cahier aux critiques, une introduction plus courte et plus simple : je ne vois pas que d'être confectionnée par plusieurs mains, cela rende l'épingle plus précieuse : c'est prêcher inutilement. »
— « A moi, dit Charles, l'entrée en matière me plaît, parce qu'elle rompt la monotonie de nos articles scientifiques. Mais ce ne peut être nous qui tutoyions la petite fille. Il serait facile de dire : « Si tu savais, disait l'autre jour Mme *** à sa » fille. »
Firmin raccourcit son introduction et met en scène un certain M. *** et son fils.
Dans le projet d'article il était question de très petites épingles (appelées camions) a qui servent surtout aux raccommodeuses de dentelles ».
— « Permettez, objecte Devaux qui, en sa qualité de Brugeois, connaît la fabrication des dentelles... « qu'est-ce que « raccommodeuses de dentelles r>?Si ce sont les femmes qui fabriquent de la dentelle, c'est une erreur : elles se servent de grandes épingles. »
Et comme Firmin, en terminant son historique de l'épingle, disait sans explications, que cette fabrication montrait le grand avantage de la division du travail :
— <t II faudrait, fait remarquer Charles Rogier, expliquer cet avantage {i). Smith dit qu'au moyen de cette division, une manufacture assez mal montée, et où dix ouvriers seulement travaillaient, était en état de fabriquer chaque jour 4S.000 épingles, tandis que si chacun de ses dix ouvriers avait été obligé de faire des épingles à lui tout seul, en commençant par la première opération et en finissant
( i ) Firmin Rogier fit son profit de l'observation : elle est insérée presque textuellement à la fin de larticle. Ce n'est pas la seule fois que ce fait se produit.
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par la dernière, il n'en aurait peut-être terminé que 20 dans un jour et les dix ouvriers n'en auraient fait que 200 au lieu de 48.000. Les avantages de la division du travail résultent donc de ce qu'on fait mieux ce qu'on fait toujours, et qu'on ne perd pas de temps à passer d'une opération à une autre, à changer de place, de position, d'outils, etc. »
Une autre fois Devaux fait ajourner et finalement rejeter un article de Ch. Rogier sur les aérostats : 0 Remettons cet article en portefeuille, écrit-il, jusqu'à ce que nos lecteurs soient plus instruits en physique. Les ballons, le tonnerre, les éclairs, etc., sont des choses qu'ils ne peuvent encore comprendre maintenant. »
Etre compris : voilà le premier point. Etre intéressant et utile : voilà le second.
A la fin de chaque numéro de la Récompense il y avait des questions de géographie, d'histoire, d'arithmétique, de grammaire : le numéro suivant apportait la réponse. Il y avait là un moyen ingénieux de piquer la curiosité des jeunes gens et de provoquer des recherches et des réflexions.
Les discussions entre les collaborateurs de la Récompense portent généralement sur la forme. Les corrections proposées par Charles Rogier, par exemple, n'ont d'autre but que de rendre une expression plus correcte, une explication plus claire.
Il exprimait parfois ses réflexions et ses critiques avec une certaine vivacité : il lui arriva même dans un de ces moments-là d'être désagréable pour son cher Firmin.
En février 1829, Firmin avait soumis au comité de rédaction un article intitulé : Quelques usages d'autrefois : le linge, les souliers, l'éclairage, les livres.
— » Je trouve à cet article, écrit Charles, une couleur trop française; j'aimerais mieux qu'on parlât de nos anciens
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usages : de Bruxelles, de Gand, au lieu de Paris... Cela est vrai à Paris et tout au plus à Bruxelles... Il y a là de la morale par trop égoïste... Je désire revoir cet article modifié avant de donner mon imprimatur... (i) »
Le même jour Rogier donnait à Lignac ce coup de boutoir. « 77 est fâcheux que Lignac ne prenne pas seulement la peine de lire les articles qu'il approuve. » Vérification faite, il est certain que Lignac aimait à se rallier tout simplement à l'opinion des autres.
On se préoccupait aussi, à la Récompense, de ne rien publier qui aurait pu froisser le sentiment religieux de la jeunesse. Nous avons trouvé des traces de cette préoccupation particulièrement dans la discussion que provoqua un article sur les animaux fossiles (numéro du 22 février 1829). « Approuvé, écrit Ch. Rogier, après la disparition de la teinte anticatholique. »
Il ne veut pas davantage qu'on mette sous les yeux des enfants des tableaux trop pénibles. Il n'accepte qu'à son corps défendant un article sur les aventures et les souffrances de Mazeppa : « Le récit fait frémir, dit-il (mars 1829), et je ne sais s'il est bon de faire frémir les enfants par de pareils tableaux. Si le supplice était la punition de quelque grande faute, l'objection serait moins forte. Au reste, il intéresse beaucoup, et comme Mazeppa redevient heureux ou du moins roi après tant de souffrances, je voudrais que l'imagination de l'enfant se reposât un peu de ses terreurs par un tableau heureux qui serait plus prolongé. »
Enfin, on veille aussi avec grand soin à écarter, du journal toute description, tout récit dont pourrait s'effa-
(:) Firmin modifia un peu l'article qui avait excité la bile de Charles, mais lui lança en môme temps cette riposte : « Le reproche de couleur français» fait à mon article est aussi raisonnable que celui que l'on adresserait aux observations de Charles, d'avoir une couleur turque. »
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roucher la pudeur la plus délicate. Même les vers de Victor Hugo sur le Bal (dont Charles proposait la reproduction) ne trouvent pas grâce devant Mllc Rogier, et la rédaction se plaisait à respecter ses scrupules, même dans leur exagération.
« J'avais déjà eu plusieurs fois, écrit-elle en avril 1829, Vidée de donner les vers de Hugo sur le Bal, niais j'ai toujours été retenue par la crainte que cette peinture éblouissante et voluptueuse ne fût dangereuse . Je demande donc très formellement le retranchement des deux strophes du milieu que f ai marquées. Songez que parmi les cinq cents lectrices et lecteurs, il peut s'en trouver, ne fût-ce qu'un seul, chez qui cette peinture passionnée peut développer ou faire germer des idées dangereuses. Ainsi l'imprimatur est à ce prix... » Et plus loin... « L'épaule nue me parait devoir absolument disparaître... »
Ces exigences de l'institutrice, de la maîtresse de pension qui avait charge d'àmes n'étaient pas toujours faciles à concilier avec les goûts littéraires des rédacteurs. Dans ce cas-ci, Charles Rogier aima mieux renoncer à l'insertion de la ravissante pièce lyrique de Victor Hugo, que de la mutiler (1).
La rédaction de la Récompense vit ses efforts aussi bien accueillis en Hollande qu'en Belgique. Des éloges flatteurs lui vinrent de toutes parts, même des sphères officielles ; témoin cette lettre d'un ministre hollandais :
Messieurs,
J'ai vu avec intérêt les premiers numéros du journal la Récompense.
(1) Charles, qui dans les derniers temps, fort occupé qu'il était par son Manuel électoral, n'apportait plus le même zèle qu'autrefois à la confection du journal, s'attira plusieurs fois des observations de sa sœur afnée. Elle s'en prenait à son écriture ; « Il n'est rien de plus pénible au monde que d'avoir à déchiffrer une écriture presque illisible par le manque de tirets et de points et les caractères à demi formés. Je demande en grâce à Charles, pour nos veux et ceux des compositeurs, de se montrer plus digne élève du professeur de calligraphie... »
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Je ne puis qu'applaudir à cette entreprise et je ne doute pas de son utilité, si les numéros suivants sont rédigés comme ceux dont vous avez bien voulu me faire l'envoi.
Recevez les assurances de ma parfaite considération.
Le ministre de Vlniéricur, H. Van Gobbelschroy.
La Haye, 18 janvier 1828.
Pour en finir sur ce chapitre, indiquons le sommaire de quelques numéros du journal pris au hasard : c'est le meilleur moyen de prouver que l'on faisait de la besogne utile à la Récompense.
N° 2 (23 décembre 1827). La mer : sa profondeur, sa température, ses vapeurs, le flux et le reflux, etc. — Biographie de Van Dyck. — Musique : origine du nom des notes, invention de la gamme, progrès de la musique. — Le petit savoyard. — Réponses aux questions du numéro précédent. — Questions de grammaire, d'histoire des Pays- Bas et d'astronomie.
N° i5 (23 mars 1828). La lithographie : histoire curieuse de cette invention, explication du procédé, ses avantages. — Le printemps du pauvre enfant, poésie. — Pompéi et Herculanum : détails récents sur l'état de ces deux villes, comment et à quelle époque elles ont disparu. — Chevaux sauvages d'Amérique. — Anecdote. — Réponses aux questions de physique et de grammaire.
N° 40 (14 septembre 1828). Les crayons : diverses espèces de crayons, comment et avec quelles matières ils se font. — Du bon emploi du temps. — Des aérostats : Montgolfier, àéronautes, parachutes. — Le soir d'été (poésie). — L'araignée, conte moral. — Réponses aux questions. — Qu'est-ce qu'un hiatus ? Qu'est-ce qu'une élision ?
N° 68 (29 mars 1829). Promenade à Seraing, près de Liège : description des immenses ateliers de M. John Cockerill, magasin de modèles, les forges, la fonderie, les ateliers, etc. — Mazeppa, traduit d'un poète anglais. — Nouvelle expédition du capitaine Ross. — Questions, etc., etc.
Il devait venir un moment où la politique ferait du tort à la Récompense. Les événements avaient pris dès 1829 un caractère de gravité tel que Charles Rogier se désintéressa de plus en plus du journal pédagogique pour se con-
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sacrer tout particulièrement à la publication de son Manuel électoral en même temps qu'à la rédaction du Mathieu Laensbergk.
Il envoya bien encore de temps en temps un article à la Récompense, mais il cessa d'en être le collaborateur assidu.
Les événements de la fin du mois d'août i83o arrêtèrent la publication du journal qui ne put pas même procéder au recouvrement de la plupart de ses abonnements du troisième trimestre.
Qui le croirait? Un an et demi après il se trouva un journal orangiste assez hargneux pour faire un crime aux éditeurs de la Récompense de sa brusque disparition et de la non-publication de quelques numéros.
Nous avons retrouvé dans les manuscrits de Rogier la minute de la lettre de bonne encre qu'il adressa à ce journal.
Nous la reproduisons moins à cause de la verdeur de la riposte, qu'à cause des renseignements qu'elle renferme sur la Récompense et sur la haine vouée par les Orangistes à Rogier.
Bruxelles, 3 décembre i83i.
A monsieur X..., éditeur du Journal..., à X...,
Je lis dans le Journal d..., digne écho du vôtre, un article extrait de..., où vous rappelez aux éditeurs de la Récompense qu'ils n'ont pas rempli leurs engagements envers leurs abonnés.
Il appartenait à un homme connu comme vous l'êtes, monsieur X..., par sa délicatesse et son étonnante exactitude à remplir tous ses engagements, de rappeler à leurs devoirs des journalistes qui ont commis le crime impardonnable de devenir chefs du gouvernement ou représentants du pays.
Il est vrai que la part un peu active, que nous avons prise, mes collaborateurs et moi, aux événements politiques depuis la fin du mois d'août i83o, ne nous a pas permis de fournir aux abonnés du petit journal hebdomadaire les quatre ou cinq derniers numéros du troisième trimestre de i83o. (Aucun d'eux n'a jusqu'à présent, à ma connaissance, réclamé de remboursement de ce chef.)
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Voici une petite explication qui donnera peut-être quelque apaisement à vos scrupules de conscience.
Sur quarante-deux villes où était expédiée la Récompense, douze seulement ont transmis pour le troisième trimestre à notre bureau le prix de leurs abonnements : elles peuvent donc nous réclamer 5o cents par abonné pour le dernier mois où le journal n'a pas paru. Mais nos correspondants dans les trente autres villes (et dans ce nombre Amsterdam et Bruxelles figurent pour plus de cent abonnés) n'ont rien soldé de tout ce trimestre et nous doivent par conséquent i florin par abonné pour les deux mois du trimestre où le journal a paru.
On peut juger par cette simple indication (dont vous ne manquerez pas d'ailleurs de contester la véracité), si les retards apportés dans les règlements de compte de la Récompense ont eu lieu à son avantage. . Nous souhaitons, monsieur, que toutes vos affaires..., etc.
Ce n'est pas sans une sorte de répugnance qu'il m'a fallu, par suite de votre incursion hors de ma vie politique, renoncer à mon parti pris de subir pour le moment, sans répondre, certaines infamies de la presse, me consolant, par l'estime des honnêtes gens, de la haine et des calomnies d'intrigants ou d'envieux, très ardents jadis à m'adresser félicitations et courbettes.
Mais comme vous saisissez cette occasion de renouveler contre moi et contre mes amis politiques et privés une de ces insinuations pleines de lâcheté et de venin si familières à votre journal, je saisis à mon tour cette occasion de vous dire que des gens d'honneur ne se permettent de telles attaques qu'en apportant au moins quelque fait ou quelque ombre de preuve à l'appui.
N'attendant pas tant de loyauté de vous ni de vos pareils, il ne me reste qu'à vous renouveler ici l'assurance de mon mépris le plus cordial.
Ch. Rogier, L'un des collaborateurs de la Récompense.
Le Mathieu avait continué à beaucoup faire parler de lui clans les années 1827 et 1828. Ses articles sur l'organisation judiciaire, sur les gardes communales, sur l'enseignement universitaire, sur la liberté de la presse et le timbre des journaux, avaient été fort lus, fort commentés, et avaient provoqué des discussions de plus en plus animées avec les organes ministériels,
Rogier ne s'était pas lassé d'insister sur la nécessité