‹ Charles Rogier, ancien membre du gouvernement provisoireChapitre 2 sur 11 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Membre influent du cabinet formé par M. Lebeau, le \0 avril 1840, M. Rogier avait dans ses attributions non-seulement les travaux publics, mais aussi l'instruction publique. En s'efforçant de donner une forte impulsion à cette branche si importante, il accomplissait un impérieux devoir. Mais les adversaires du cabinet ne l'entendaient pas ainsi. Ils le firent bien voir lors de la discussion du budget, au mois de février 1841 . Ils reprochèrent à M. Rogier d'avoir organisé par arrêté un concours entre les établissements d'enseignement moyen subsidiés par l'État, de n'y avoir pas compris

l'enseignement religieux ot â» tv e^ment privé. Le cabinet était dvn e '"

Les ministres répondaient qu'ils a v a ip n . „ à la nécessité d'une administration T "

dans laquelle clnmn homogène,

tqueue ciiacun professerait Jes mfWc

procès de tendance, car auel aeie 1

lui reprocher? fl " l )ou ™d-on

La discussion continue le 27 février * i

" «ars. Les ca, h0 , lq „es auraient voire, re°

>xte . etlundespluséminen ts, M. Félix de «rode exprima l'avis q „ e tout an ni «M. Lebeau et Rogier devaient remettre kZ

portefendlcsanaoi.LaCbandn^utd nsen liment contraire : elle témni™.

devait avoir de graves conséquences. Par vingttrois voix contre dix-neuf, le Sénat adopta un projet d'adresse dans lequel il appelait l'attention du Roi sur les divisions déplorables qui s'étaient manifestées dans le sein de la représentation nationale.

Le ministère, regardant à bon droit cette adresse comme un acte de défiance, demanda la dissolution du Sénat. N'ayant pu l'obtenir, il se retira le 13 avril 1841.

Redevenu simple représentant, M. Rogier allait pendant plus de six années lutter avec les libéraux pour faire prévaloir ce qu'il appela la politique nouvelle, c'est-à-dire la politique qui avait échoué en 1841 devant l'opposition partiale duSénat et qui devait triompher en 1847

par la volonté du pays.

Chef des libéraux constitutionnels, M. Rogier entra au pouvoir pour la troisième fois. 11 constitua, avec le concours de M. Frère-Orban, le cabinet qui, formé le 12 août 1847, devait, en subissant quelques modifications, prolonger son existence jusqu'au 31 octobre 1852.

En prenant la direction du Gouvernement, M. Rogier fut l'objet de nombreuses félicitations. Nous ne citerons que la lettre suivante, écrite par un poète célèbre, M. Alfred de Vigny :

« 29 août 1847.

« Je ne résiste point au désir miP îv a

eon 1 p r e:d: te q p ; e \ L OU str:n m d eparaubien

fondateurs de son inriT ! deS premiers in<lu S tetelee„r n PendanCee ' des °"^'

Le cabinet du 12 août 1847 venaifdnn,- J* une po,i ( i que nouvelle r^el in s a o U ; programme, il avait nosé Pn m ° n

;.p-.** n ,Cd-"-,:*s

10P, CHAULES ROGIER.

la décadence de l'industrie linière. Le 4 décembre 1847 il exposa à la Chambre des représentants comment il s'efforcerait d'accomplir cette œuvre de réparation, et des applaudissements unanimes accueillirent ses généreuses paroles. La veille du jour où éclata la révolution française, le 23 février 4848, le gouvernement soumettait à la Législature un autre projet qui avait également pour but l'amélioration morale et matérielle de la classe ouvrière.

Guidéepar un ministère prévoyant, énergique

et sagement novateur, la Belgique traversa heureusement la formidable crise de 1848. «Dans

les premières semaines qui suivirent la révolution française, il saisit la Chambre d'une foule de mesures destinées à conjurer l'orage qui grondait au dehors. Par les unes, il faisait de sages concessions sur le terrain politique ; par d'autres, il venait en aide aux intérêts matériels si brusquement compromis; par d autres encore, il assurait la défense du territoire. Le Bulletin des lois renferme le plus éloquent témoignage de l'active sollicitude du mimstere et des Chambres dans ce moment suprême ( ). »

(<) Histoire populaire du règne de Léopold I», par L. Hymans, p. 256.

la. ém 1Dlposée . Le , mars < «Jta qm

Chambre des représentants, ,, Peu d'époques peut-être, auront marqué pour la ^ d une mamère pIus grande J«£

* ™ 10ns de ""«s maintenir toujours à la « ^e,, de cette position, à ,a e „r d « ^re : mandat; pénétronsmous de la glq e « des ,c m, onstances, peu étrons -non s de a gra

•■v,te de nos devoirs, sachons tons les remplir

" e " hommes d ï>°»neur, en hommes de cœu « en patriotes , Ur '

le U 2Z l£T* H dém °°™%»>. dont 6 Cabnet I,béral avait pris l'initiative fut

ponrsmvm dans les sessions suivantes, '„• guereposs.ble d'énumérer ici toutesles réformes eeononnques et politiques, toutes les g a„de s mesures qui se succédaient presque sauf Z .

ruption. Bornons-nous à rappeler l« in; i 20 juillet 1849 sur ïentdo^l t '°\ dU

Ce fut encore sur la proposition de M. Rogier

CHARLES ROGIEK.

que, le 24 septembre 1849, le Roi avait décrété l'érection du monument dédié au Congrès de 1830 et à la Constitution. La pose de la première pierre eut lieu le 25 septembre 1850, — grande et imposante manifestation, noble témoignage de gratitude de la nation envers les fondateurs de son indépendance et de ses libertés. Le 2 décembre 1851 s'accomplit en France le coup d'État qui devait détruire les institutions républicaines et faire passer la dictature entre les mains du prince Louis-Napoléon Bonaparte. Les proscrits affluent en Belgique et parmi eux se trouvaient les personnages les plus illustres, les chefs des orléanistes et des républicains. La plupart s'adressent à M. Rogier.

Edgar Quinet, arrivé à Bruxelles, le 15 décembre, lui écrit : « Je viens vous demander

l'hospitalité en Belgique, lorsqu'aucune interdiction légale ne m'empêche d'habiter mon pays et que la violence seule peut s'y oppo-

ser.

La violence s'y opposait. Le 9 janvier 1852 paraissait le décret qui frappait d'un éloignement temporaire non-seulement Edgar Quinet, mais Duvergier de Hauranne, Creton, de Lamoricière, Changarnier, Baze, Le Flô, Bedeau, Thiers, Chambolle, de Rémusat, etc.

termes au chef du cabinet belge ^

« Mon cher Monsieur Rog.er

cats de France L'h m , "" d6S premiers «va-

i'j'ice. l humeur du voisin ivTnt n , ,

s'épuiser sur moi, recevez M Z 7u *."*"*" « Aix-la-Chapelle, il pourra v f zeà L >4ge ; c'est presque gagner honorablen P „ t J ^ " Pr ° feSSi ° n et y Ce sera une e^n^ î J^ÏT inlerprctée. Je tous ii™,nj , ' rtr ' llien

ce ,u„ v„ us fere f; ; J ; 2 d ; a ' r me T ^ -

v»»s e„ prie avcc , M „,„ *"• "= « "*•** P"»! je

" A- Thiers. n

ministre de], nteneur qu'il est arrivé la veille » Bruxelles avee ses amis, MM. de Rémus Jules de Lasteyrie, OamboHe et Creion S

te

frappés par le décret du 9 janvier. — Le même jour, M. de Rémusat adressait à M. Rogier la communication suivante qui est un noble document de cette mémorable époque : « Contraint par les événements politiques de quitter ma patrie, je suis venu chercher un asile en Belgique. Mon respect pour S. M. le Roi des Belges, dont je n'ai pas oublié les bontés pour moi, mon respect pour son Gouvernement ne me permettent pas de profiter, sans la demander, de la généreuse hospitalité que cet heureux pays accorde à tous. 11 me sera doux d'en être redevable à l'administration habile qui, seule sur le continent, a sauvé la cause libérale, et montré que la vraie liberté préserve mieux que tout le reste les peuples des révolutions. »

Le coup d'État du 2 décembre 1851 ne devait pas seulement asservir la France, il menaçait aussi les institutions libérales et représentatives dans l'Europe entière. L'influence néfaste des Tuileries se fit particulièrement sentir en Belgique. Elle encouragea les attaques les plus inj ustes contre le ministère et finit par amener sa dissolution. M. Rogier se retira le 31 octobre 1852. La réaction ne s'arrêta point pendant les années suivantes, et, aux élections du 15 juin 1854, l'ancien chef du cabinet libéral échoua à

™t«a ntd , ngratitode , ERogi --^ pi o-

Merci, c'est bien à vous a m , ■■ «MM s „ Mo», e,„e tarera p„.

honorable scrupule M f h !,' °* e,SSant ô ™ donna sa démise h * S de Brouck ^

'es,et ) esétcTu S der/ ePré ; entantdeBruMi -

échec d'Anvers. U reparut à laT'h» f S ° D député de !a capitale e 1 '* ^ COmme prépondérante au d é b, s P ai U r ""' aC " Ve rt

, rban ' constitua Je ministère du Q bre 1857. En mèm P t. , n0Vem "

même tem P s ia Chambre était

dissoute. Des élections eurent lieu, le 10 décembre et assurèrent une imposante majorité aux libéraux. Elu à Bruxelles et à Anvers, M. Rogier opta pour l'arrondissement qu'il avait déjà représenté pendant dix-huit années.

« Quatre années s'écoulent jusqu'en 1861, date qui marque un premier revirement d'opinion correspondant à une modification ministérielle. Ce laps de temps fut rempli par plusieurs mesures importantes. Les deux premières se rapportent aux intérêts extérieurs: c'est d'abord la loi du 12 mars 1858, qui réprima les infractions aux obligations internationales et consacra, en cette matière, le principe de la poursuite d'office ; c'est ensuite la loi du 8 septembre 1859, qui décréta les fortifications d'Anvers avec l'agrandissement de la ville. Cette grande question avait été soulevée dès 1851 ; elle donna lieu à de longs et sérieux débats, prélude de difficultés plus graves encore que devait susciter l'exécution de la loi. Un crédit de 15 millions et demi, voté en 1861, pour la transformation de l'artillerie, compléta les sacrifices faits dans l'intérêt de la défense nationale. Ce fut l'occasion de bien de soupçons étranges ou d'injustes reproches. On suspecta la main de la Prusse dans cette dernière résolution, comme-

dans les travaux d'Anvers, on avait voulu reconnaître la pression de l'Angleterre (")... »

Le vingt-neuvième anniversaire de l'inauguration du Roi (21 juillet 1860) avait été marqué par une grandiose manifestation contre les menaces d'annexion dont la Belgique était l'objet dans les journaux impérialistes de Paris. L'opinion chercha l'appui et les sympathies des peuples libres, et un rapprochement avec la Hollande était vivement désiré. M. Rogier encouragea cette tendance en composant le Chant national ou la nouvelle Brabançonne.

Ouvrons nos rangs à d'anciens frères, De nous trop longtemps désunis; Belges, Bataves, plus de guerres, Les peuples libres sont amis.

A jamais resserrons ensemble Les liens de fraternité, Et qu'un même cri nous rassemble, Le Roi, la Loi, la Liberté.

La reconnaissance du royaume d'Italie et d'autres causes amenèrent le remaniement ministériel qui marqua la fin de 1861. M. Rogier

(') Histoire parlementaire depuis 1830, par E. Banninc, dans la Palria belgica, t. II, p. 500.

passa aux affaires étrangères et fut remplacé à l'intérieur par M. A. Van den Peereboom. Cette modification ne suspendit point la lutte des partis : elle devint même plus ardente que jamais. Les catholiques s'emparèrent du mouvement anversois et se rendirent maîtres des élections. En 1863, M. Rogier, qui avait accepté une candidature à Dinant, succombait comme M. Devaux à Bruges.

Or, l'année même où M. Rogier cessait d'être représentant d'Anvers, il rendait un service immense à la métropole commerciale du pays.

Le 16 juillet, il signait, à Bruxelles, avec les plénipotentiaires des États maritimes, le traité par lequel la navigation de l'Escaut était libérée à jamais du péage qui la grevait. Il signait l'acte qui, de l'aveu de tous, couronnait glorieusement le règne de Léopold I er .

M. Rogier, devenu représentant de Tournai, garda le pouvoir deux ans encore après l'avénement de Léopold II. Pourquoi se retira-t-il? Une fraction de la gauche réclamait la révision de la loi de l'enseignement primaire du 23 septembre 1842 et, en outre, l'introduction de l'enseignement obligatoire. Le ministère ne crut pas pouvoir accueillir ce double vœu; mais, par arrêté royal du 1 er septembre 1866, M. Van

CHARLES ROGIEIi.

den Peereboom organisa dans toutes les communes les écoles d'adultes. Il croyait loyalement, d'accord avec M. Rogier, que ces écoles devaient être placées sous le régime de la loi de 1842; M. Frère-Or ban fut d'un avis contraire ; de là des dissentiments qui finirent par amener une dislocation du ministère. MM. Rogier et Van den Peereboom se retirèrent le 3 janvier 1868.

Chef du nouveau cabinet, M. Frère-Orban fit connaître, dans la séance de la Chambre des Représentants du 15 janvier, les circonstances qui avaient motivé la dissolution de l'ancien ministère. M. Rogier prit la parole le lendemain et, après avoir reconnu l'exactitude de l'exposé fait la veille par son ancien collègue, donna à son tour des explications d'un réel intérêt.

C'était comme un testament politique.

« L'interprétation donnée par l'honorable M. Van den Peereboom à la loi de 1842, en ce qui concerne les écoles d'adultes, et l'application qu'il voulait en faire, a créé, dit-il, au sein de l'ancien conseil une divergence de vues que l'on n'est point parvenu à concilier.

« Comme ministre de l'intérieur, j'avais, de 1847 à 4852 et de 1857 à 1861, donné à la loi la même interprétation que l'honorable M. Van

den Peereboom; je n'avais donc pas à me séparer de lui. J'y étais d'autant moins disposé qu'à plusieurs reprises je l'avais prévenu, lui et nos collègues, que du jour où il croirait devoir quitter le ministère, ma retraite suivrait immédiatement la sienne.

« Les raisons de convenance personnelle qui, en dehors même de la question en litige, déterminaient la résolution de mon honorable collègue, justifiaient, je puis le dire, à plus forte raison la mienne.

« A l'avènement de S. M. Léopold II, j'avais, ainsi que mes collègues, remis ma démission au Roi qui m'avait gracieusement prié de ne pas lui retirer le concours que, pendant un grand nombre d'années, j'avais prêté au Gouvernement de son Auguste Père.

« J'avais, depuis, personnellement renouvelé auprès du Roi la demande d'être déchargé de mes fonctions ministérielles, et ce n'est que sur les vives instances de Sa Majesté que j'ai consenti à les conserver.

« Des orateurs de l'opposition ne peuvent admettre que le dissentiment relatif aux écoles d'adultes ait été la seule cause déterminante de la dissolution du cabinet. Cependant nous n'avons pas à en invoquer d'autres.

« Sans aucun doute, il serait puéril de le nier, les divergences de vues et d'appréciation, des dissentiments plus ou moins marqués n'ont pas manqué de surgir au sein d'une administration qui a longtemps duré; mais ces désaccords n'ayant pas revêtu de caractère officiel, et ne s'étant pas produits devant le Parlement, nous n'avions pas et nous n'avons pas à en rendre compte.

« Ce qu'il nous importe de constater, c'est que ces divergences et ces dissentiments intérieurs n'ont pas semé au dehors des germes de division ni altéré au sein du parti libéral l'union qu'il fallait avant tout sauvegarder; c'est que les chefs du parti gouvernemental, et ils peuvent s'en faire honneur, n'ont pas donné à la Belgique le triste spectaclede ces luttes ouvertes et de ces rivalités personnelles dont le régime parlementaire a eu tant à souffrir en d'autres pays. Je puis dire qu'en déclinant la mission de former un nouveau cabinet, j'ai obéi aux mêmes considérations

« La Chambre, maintenant, voudra bien me permettre d'en venir à une question plus ou moins personnelle. Je veux parler de ce qu'on a appelé nos convenances personnelles, parmi les motifs qui ont déterminé notre retraite du cabinet.

« Messieurs, il y a sans doute, dans notre détermination, une grande part à faire aux convenances personnelles ; je ne le nie pas. Il me semblait qu'après avoir supporté la charge du pouvoir pendant plus de dix années consécutives, l'étape était assez longue et avait été assez laborieusement parcourue pour me permettre de reprendre haleine.

« La Chambre voudra bien admettre qu'en prenant cette résolution je ne faisais pas acte d'égoïsme, acte étroit de personnalité, et qu'il m'était bien permis d'aspirer à ce but que je viens d'atteindre.

« Et tout n'est pas, ce semble, désintéressement dans une résolution de ce genre. Depuis qu'elle est prise, j'ai vu tout à coup diverses parties du ciel, très longtemps fort orageuses, devenir sereines: j'ai la satisfaction d'entendre des éloges qui, j'aime à le croire, sont des plus sincères, sur tout mon passé, et l'honorable M. Dumortier, avec qui j'ai eu si souvent de si vives discussions, vient encore de se joindre à ces éloges.

« 11 n'est pas sans douceur, Messieurs, d'assister vivant et bien portant à sa propre oraison funèbre. Je jouis en ce moment de ce premier agrément.

CHARLES EOGIER.

« Il n'est pas non plus sans douceur de changer le rôle d'acteur en rôle de spectateur et de jouir de tous les privilèges accordés à ce dernier.

« Si l'on faisait entrer ces circonstances dans les motifs qui ont déterminé ma retraite et contribuent, je l'avoue, à la grande satisfaction intime que me procure la position qui m'est faite ; eh bien, je permets à la Chambre de le comprendre ainsi.

« Ce n'est pas, Messieurs, que j'entende approuver les hommes politiques qui abandonnent la carrière publique pour des questions de convenance ou d'intérêt personnel.

Non, Messieurs, je crois qu'il y a dans la carrière publique, pour ceux qui la suivent consciencieusement et sérieusement, des liens qui obligent et qui retiennent. Mais pour n'être plus ministre, je n'entends pas abdiquer mon rôle politique. Pour rendre des services, Messieurs, il n'est pas nécessaire d'être ministre ; on peut en rendre beaucoup dans le gouvernement; mais on peut aussi être utile en dehors du gouvernement, et j'ai la prétention de croire que, sous ce rapport, je puis encore peut-être avoir quelque chose à faire.

« Remplir mes devoirs de loyal représentant

et de bon citoyen, soutenir avec énergie le Gouvernement dans ses efforts pour le bien, l'avertir avec bienveillance, lui résister avec modéralion s'il venait à s'écarter de la voie qu'il annonce avoir l'intention de suivre, voilà l'usage que je me propose de faire de mon indépendance ; voilà, si l'on veut, Messieurs, mon programme, et j'espère que ni la Chambre ni le cabinet ne le trouveront ni trop gênant ni trop présomptueux. »

CHAULES EOGIER.

Après de très longs jours passés en très hauts lieux, Aux honneurs et grandeurs ayant fait mes adieui, Je vais donc la revoir la maison bien-aimée ('), De pieux souvenirs vivante et parfumée!

Quelle métamorphose et quel étonnemeDt!

Qui dira le secret d'un tel événement?

D'une fée un beau jour la magique baguette Du haut jusques en bas changea la maisonnette : Tandis qu'en son exil son hôte vieillissait, D'une nouvelle grâce elle rajeunissait.

C'est ainsi que le noble vétéran de nos luttes parlementaires célébrait son retour à la maison. Il s'adressait à ses amis, à tous ceux, sans distinction, disait-il, « qui avaient pris une part « quelconque à l'acte de cordiale et délicate « bienveillance en vertu duquel l'auteur était « devenu propriétaire incommutable de la « maison où étaient établis ses pénates depuis « bientôt quarante ans. »

Quand l'ancien membre du gouvernement provisoire et du Congrès national revint dans sa maison, il comptait dix-neuf années de ser-

(') Cette demeure (rue Galilée, 12) est devenue historique.

vices ministériels. Et toujours il avait marqué son passage au pouvoir par des actes importants et mémorables. En 1834, il contresignait la loi qui établissait en Belgique les premiers chemins de fer du continent. En 4840, il donne une nouvelle impulsion à l'instruction publique. De 1847 à 1852, les réformes politiques et économiques se succèdent, comme nous l'avons dit, presque sans interruption. En 1863, il appose son nom sur les traités qui consacrent la libération de l'Escaut.

Pourrait-on citer une plus laborieuse, plus utile et plus noble carrière? Qui a mieux et plus glorieusement servi la Belgique? Qui a montré un plus ardent et plus prévoyant patriotisme?

Écoutez encore :

L'avenir du pays... Allez, je ne crains rien ;

La Belgique, en son sol, est petite, qu'importe !

Si par d'autres côtés, elle est grande, elle est forte,

Si par ses lois, ses mœurs, ses arts et ses travaux,

Elle peut défier ses plus puissants rivaux ;

Si ses nobles enfants que le civisme enflamme,

Pour défendre ses droits n'ont qu'un bras, n'ont qu'une âme,

Et savent, abjurant toute division,

Resserrer en leurs cœurs cette forte union

Qui, dans des jours bénis, jours de dix-huit cent trente,

Belgique, à jamais te fit indépendante !

Il'

rilAlll.KH IMHIIKII.

une ton pIiuh lervlttur, :< Ion priunior diogar,

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