‹ Charles van LerbergheChapitre 3 sur 17 · INSCRIPTION SUR LE SABIJ · texte numérisé non relu

INSCRIPTION SUR LE SABIJ

Toute, avec sa robe et ses fleurs, Elle, ici, redevient poussière.

Et son âme emportée ailleurs Renaquit en chant et lumière.

Mais un léger lien fragile Dans la mort brisé doucement.

Encerclait ses tempes débiles D'impérissables diamants.

En signe d'elle, à cette place, Seules, parmi le sable blond.

Les pierres éternelles tracent Encore l'image de son front.

Celui que les dieux ont conduit, Qui sur sa route les a vues, S'arrête et contemple ébloui Cette splendeur qu'il croit perdue.

Perdue ! Et des rayons s'y posent !

O voyageur, tu ne sais pas Le sens mystérieux des choses ; Elle, seule, ne le fut pas.

LA MESSAGERE.

Avril, et c'est le point du jour.

Tes blondes sœurs qui te ressemblent En ce moment, toutes ensemble S'avancent vers toi, cher amour.

Tu te tiens dans un clos ombreu:?c De myrte et d'aubéjjine blanche :

La porte s'ouvre entre les branches ; Le chemin est mystérieux.

Elles, lentes, en longues robes.

Une à une, main dans la main, Franchissant le seuil indistinct Où de la nuit devient de l'aube.

Celle qui s'approche d'abord.

Regarde l'ombre, te découvre.

Crie, et la fleur de ses yeux s'ouvre Splendide dans un rire d'or.

Et, jusqu'à la dernière sœur.

Toutes tremblent, tes lèvres touchent Leurs lèvres, l'éclair de ta bouche Eclate jusque dans leur cœur.

BARQUE D'ÔR.

Dans une barque d*Orient S'en revenaient trois jeunes filles ; Trois jeunes filles, d'Orient S*en revenaient en barque d'or.

Une qui était noire Et qui tenait le gouvernail Sur ses lèvres aux roses essences Nous rapportait d'étranges histoires Dans le silence.

Une qui était brune Et qui tenait la voile en main Et dont les pieds étaniet ailés Nous rapportait des gestes d'anges

En son immobilité.

Mais une qui était blonde Qui dormait à l'avant, Dont les cheveux tombaient dans l'onde

Gomme du soleil levant Nous rapportait sous ses paupières

La lumière.

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