‹ Charles Varlet de la Grange et son registreChapitre 20 sur 34 · IL · texte numérisé non relu

IL

19 Juillet 1681.

DÉLIBÉRATION DE L'ASSEMBLÉE DES COMÉDIENS DANS l'aFFAIRB

SOURDÉAC ET GHAMPERON.

C'était beaucoup pour La Grange et ses camarades d'avoir pu exclure de la Compagnie deux associés toujours dans les cabales et cherchant à mettre la main sur l'entreprise. La lutte avait été vive, du 3 avril 1677 au 29 juillet de la même année :

Lettres de rescision du 3 avril, signifiées pour le Théâtre aux sieurs de Sourdéac et de Champeron,

Défaut contre eux, faute de comparoir, du 24.

Sentence du 13 mai, qui les exclut de la Troupe et ordonne que celle-ci comptera avec eux par- devant M. Millet, conseiller au Châtelet.

25, appel des sieurs de Sourdéac et de Champeron contre la sentence du 13 mai.

29, reddition de comptes en exécution de la même sentence.

10 juin, acte d'opposition de la Troupe à l'appel du 25 mai.

Vendredi 11, itérative opposition.

3 juillet, arrêt de la Cour qui renvoie les parties au parquet des gens du roi.

29, arrêt définitif du Parlement : exclusion des sieurs

de Sourdéac et de Champeron, avec lesquels la Troupe comptera devant M, Chupé, — pension viagère de 500 livres pour chacun, substituée aux deux parts qu'ils avaient dans la Société.

Plus tard, 27 janvier 1678, compte des comédiens présenté à M. Chupé et signiGé le même jour contre Sourdéac et Champeron.

3 juin, arrêt de la Cour qui règle le compte, condamne lesdits sieurs à payer les dépens, plus à rendre 49 livres 16 sols 9 deniers chacun qu'ils ont reçus, en excédant, de la Compagnie.

Signification le 10 juillet, opposition de la part de Sourdéac et Champeron.

16 juillet, requête civile.

3 juin 1680, arrêt du Parlement qui règle le compte de la Comédie.

Signification le 10 juillet.

18, opposition des sieurs Sourdéac et Champeron.

Les choses en étaient là, quand la Jonction eut lieu. Sourdéac et Champeron avaient eu tort de ne pas accepter sur-le-champ la pension viagère. Les comédiens de Guénégaud l'auraient payée de bon cœur, et plus tard les Troupes réunies auraient continué de la servir sans réclamation. Après avoir laissé échapper le moment, Sourdéac et Champeron n'avaient plus qu'à achever de se perdre.

« Ce même jour, 19 juillet (1681), dit le Livre de La Grange, il y a eu délibération de la Compagnie sur ce que les sieurs de Sourdéac et Champeron poursuivent le jugement de la requête civile qu'ils ont prise contre l'arrêt du 29 juillet 1677. On a délibéré que Messieurs, ci-devant à l'Hôtel de Bourgogne, et réunis à présent à Guénégaud, présenteront requête d'intervention pour être déchargés

de la pension de 500 livres pour le sieur de Sourdéac et de 500 livres pour le sieur de Champeron, portées par ledit arrêt. Et, en même temps, les dits sieurs ci-devant à l'Hôtel de Bourgogne donnèrent procuration à M. de La Gardette pour présenter leur requête, qui a été répondue le 28 du présent mois. M. Le Grand, procureur de Guénégaud. »

C'est à cette note du Journal que se rapporte l'acte suivant :

« Ce Jour d'huy Samedy dix-neuff e Juillet mil six cent quatre vingt un,

« Nous soubz signez, seuls Commédiens du Roy, assemblez en nostre Hostel seiz.rue Mazariny, sommes conuenus et auons délibéré entre nous suiuant le conseil qui nous a esté, ce dict jour, donné par Monsieur Gaultier ad at en la cour et messieurs De la Garde et Legrand procureurs en la dite Cour, de présenter req te incessamment en la dite Cour contre les sieurs Marquis de Sourdiac * et Champeron, pour estre deschargez de la pension de cinq cent liures par an que nous debvons leur payer suiuant l'arrest de la cour du vingt neuf juillet mil six cent soixante dix sept, attendu que les ordres du Roy, en dattes des vingt deux et vingt neuf aoust mil six cent quatrevingt et Lettre de Cachet de Sa Majesté du vingt un octobre ensuiuant ont changé la Trouppe en sorte % que ce n'est plus la mesme que celle qui a traicté auec les dits sieurs de Sourdiac et de Champeron. Et pour cet effet sera passé telle procuration -que nous jugerons à propos,

4 . Saint-Évremood, dans sa comédie des Opéra, dit aussi Sourdiac. Le nom du Marquis machiniste s'écrivait de trois manières : Sourdéac, Sourdéac et Sourdiac. Celle-ci n'est pas la bonne; mais elle donne raison à la première en indiquant que la prononciation n'était pas celle de Ye muet.

et les frais, qu'il contiendra faire seront payez en commun, et en cas que nous soyons débouttés de nostre Requête, nous payerons la dite pention de cinq cent liures à chacun des dits sieurs de Sourdiac et de Champeron ainsy qu'il auoit esté conuenu entre nous. Fait et déliberrélesd.joaretanaprèsmidy.

Catherine. D'auvilliers. Hubert,

lecler. Louise iagob. guérin. Françoise Jacob, la Bauual. C.-v. De la Grange. De Verneuil. De Champmeslé.

Rosimond.

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