DISTRIBUÉS APRÈS LA MORT DE L'UN ET LA RETRAITE DE L'AUTRE
27 MARS V i692.
La Grange était mort le J er mars, presque à la fin de Tannée théâtrale. Quand arriva la clôture des jours sainte, M lle La Grange ne renouvela pas son engagement. Elle n'avait jamais bien connu les joies du théâtre.' Elle s'y était longtemps trouvée dans une position inférieure. Le jour même où son mariage semblait la faire entrer par la grande porte, on la lui entre-bàilla, et les camarades de son mari lui marchandèrent l'entrée 1 . Veuve d'un mari qui était son appui et son honneur, n'ayant plus rien qui l'attachât réellement au théâtre, elle se retira, d'elle-
4. « A'«, dit le Livre de La Grange, à la date du 41 août 4672, N* que j'ai eu contestation, depuis Pâques, avec la Troupe sur ce qu'elle voulait que je payasse trois livres, chaque jour de représentation, sur la demi-part de ma femme, à Chàteauneuf, gagiste de la Troupe, ce que je n'ai voulu consentir jusques à ce jourd'hui, que pour terminer tous différends et entretenir paix et amitié dans la Troupe. J'ai acquiescé à la pluralité. »
. C'est bien La Grange et son esprit conciliant. On peut croire que si La Grange se défendit, quatre mois, contre la Troupe, c'est que la Troupe n'avait pas raison. Une fois résigné à se donner tort, il compléta, sur son Registre, le tableau des comédiens pour 4672, et, au-dessous du
même, dans la dignité de son deuil. Le répertoire se trouva ainsi démonté par plus d'un endroit. Il fallut pourvoir à remplacer les deux comédiens dans toutes les pièces où ils laissaient un vide, et répartir leurs rôles soit entre les divers héritiers qui prétendaient à la succession, soit entre ceux qui ne l'acceptaient que sous bénéfice d'inventaire; ce fut le travail délicat d'une assemblée dont voici le procès-verbal :