Le Baron de la Crasse, juin
Des comédiens de campagne, en se rendant à Béziers, se présentent chez notre hobereau, et celui-ci les retient pour donner le spectacle à deux gentilshommes qui s'amusent de sa sottise. Le fond de la pièce n'est pas autre chose. Faute d'un acteur qui s'est arrêté en route, — au lieu de commencer par la tragédie (Don Sanche d Aragon) le spectacle commence par la farce, une sorte de parade intitulée le Zigzag. C'est à la farce que M Ue La Grange jouait le rôle de Léonor, la mère d'Isabelle.
Il ne faudrait pas trop s'ingénier pour trouver, dans cette Troupe de campagne qui parcourt le Languedoc, avec de jolies comédiennes, une allusion à la troupe nomade de Molière, et pour le reconnaître luimême, malignement figuré, dans le premier acteur qui joue les rôles de bouffon, et fait le compliment à son hôte :
Mais le premier acteur Se croit fort habile homme et fort grand orateur. Les premiers de son art, les plus inimitables» Il ne les trouve pas seulement supportables.
Lire la comédie de Raymond Poisson à ce point de vue, et, en tout cas, au point de vue des procédés généraux de l'ancien théâtre, comme aussi pour l'amusante odyssée du Baron bafoué à Fontainebleau.
Crispin bel esprit 1 . M** Victorine M lle Desbrosses. L'ombre de Molière 1 . La prè-
tieuse M Uo des brosses.
Le Cocher supposé. Vne petite
Semante ,. M 11- des hayes.
Les dragons, toinette M Ue de Viliiers.
Les Joueuses 3 . La marquise. . .
Le Veau perdu. La Marquise . . M lle Durieu.
4 . Crispin bel Esprit. Com. un acte en vers, 4 4 juillet 4 684 . « Pièce nouvelle de M. de la Thuillerie, » dit le Livre de la Grange. M me Victorine est une Muse bourgeoise. Crispin, sous le nom de M. de Clairvoyant, s'est introduit chez M me Victorine pour y présenter Valère, son maître, amoureux d'Orphise.
t. « Donnée une seule fois en 4674, » lit-on dans le Dictionnaire portatif des théâtres. Les frères Parfaict datent la pièce de la même année, sans dire si elle a eu ou si elle n'a pas eu quelque autre représentation. La Grange les eût mieux renseignés. À la Jonction, l'Ombre de Molière passa de la rue Mauconseil à la rue Mazarine. Elle y fut jouée trois fois en septembre 4682, trois fois en juillet et en décembre 4684; la Cour la demanda le 44 juillet 4685 avec VAjax de la Chapelle. Nous n'irons pas plus loin que notre Livre; mais la pièce était restée et devait rester au répertoire, puisqu'on pourvoyait, en 1692, à y remplacer M Ue de La Grange par M l,e Des Brosses.
On remarquera, sans s'étonner toutefois, qu'un an après la mort de
Molière, l'Hôtel de Bourgogne lui décernait généreusement les honneurs '
de l'apothéose.
* O soupirs ! à respect ! Et qu'il est doux de plaindre
Le sort d'un ennemi, quand il n'est plus à craindre!
Il est vrai que la pièce était de Brécourt, et Brécourt n'était pas tellement de l'Hôtel de Bourgogne qu'il ne se fit honneur d'avoir été, deux ans, au Palais-Royal, le camarade de Molière.
3. La Désolation des joueuses. Dancourt, 23 août 4687. Un acte en prose. La défense du Lansquenet met au désespoir M me Dorimène et les habitués de son académie. La Marquise (M 11 * La Grange), il faudrait dire la Comtesse, est une des joueuses désespérées qni se révoltent contre l'ordonnance de la police. Au temps où la police avait déjà interdit la Bassette, elle se souvient d'avoir joué sur les toits et l'on jetait alors les sergents dans la rue. Elle est* toute prête à monter tailler le Lansquenet entre deux gouttières.
« On a pris jour à lundy prochain, à trois heures après midy, pour lire une comédie de M. Rivière proposée par Mons r Raisin l'aîné.
« La Compagnie a donné le roôle de Moron à Monsieur de la Thorillière, et l'assemblée a finy. »
Du PÉRIER.
De Rosélis. desmares.
Poisson.