‹ Charles Vertel, Nathalie Oudot et Sainte-BeuveChapitre 3 sur 72 · LE GÉNÉRAL OUDOT ET LE CAPITAINE VERTEL · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL OUDOT ET LE CAPITAINE VERTEL

A voir toujours souriant et aimable, animé par des yeux qui respiraient la douceur et la bonté, ce visage encadré de barbe blanche et coupé d'un grand nez aquilin ; à observer ces gestes accueillants et naturellement courtois avec lesquels il recevait ou abordait ses amis dès que son regard de myope lui avait permis de les reconnaître ; à considérer sa taille légèrement voûtée qu'avaient un peu inclinée près de cinquante ans d'assiduité et de travail dans les bureaux de l'administration de Tenre-

LE GENERAL OUDOT

gistrement ; à regarder cette allure modeste , paisible et réservée, qui donc se fût douté que Charles Vertel était petit-fils et fils de soldats^ que son grand-père maternel avait fait toutes les campagnes de la Révolution et de l'Empire et que son père avait guerroyé au Portugal et en Espagne ?

Son grand-père paternel, il est vrai, Jacques-François Vertel (1745-1820), avait exercé les fonctions plus obscures d'huissier royal au bailliage d'Ornans en Franche- Comté, et — chose assez paradoxale pour un huissier de campagne — il avait dû, par l'aménité de son caractère, se faire beaucoup d'amis, puisqu'en 1793, — en pleine Terreur, — il avait une si forte certitude de vivre longtemps encore qu'il prenait goût à composer un calendrier valable pour deux mille deux cents ans^.

A cette même époque, un compatriote de Jacques-François Vertel, Jean-François Oudot, modeste vigneron d'Ornans, qui

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