ÉDUCATION DE CHARLES VEKTEL
respondance que Charles échangeait avec sa mère, même quand ils n'étaient pas éloignés Pun de l'autre; et ensuite les cahiers que, depuis le l'" septembre 1851 (il n'avait alors que treize ans), Charles Vertel tint soigneusement tous les jours, jusqu'en 1895, soit pour (aire son examen de conscience, soit pour noter l'emploi de ses journées.
De la correspondance de la mère, il résulte que, si Mme Vertel nourrissait pour son fils une grande tendresse, elle entendait exercer sur lui avec une sévère ténacité, une autorité absolue. Elle rappelle avec insistance à son fils les difficultés de son existence ; elle lui dit non sans orgueil le courage qu'elle doit déployer; elle réclame que Charles contribue, par son travail, sa docilité, son affection, à adoucir son chagrin. A lire ces lettres, il semblerait qu'elle s'efforce par tous les moyens de réduire une nature indomptable ou de stimuler un paresseux, ou d'intéresser un indifférent.
Or ces suppositions seraient injustes.
ÉDUCATION DE CHARLES VERTEL og
Bien au contraire, en effet, la lecture des cahiers d'examen de conscience révèle que l'enfant aime le travail, qu'il s'y adonne avec méthode et exactitude, qu'il est sensible et que les soucis de sa mère Témeuvent. A treize ans, il la remplace dans son bureau de distribution de papier timbré quand elle est obligée de s'absenter ; la vue d'un pauvre excite sa compassion ; il parle aux animaux et aux fleurs comme un petit François d'Assise ; il est pieux ; il manifeste un vif repentir pour ses défaillances les plus légères, par exemple parce qu'il est resté endormi plus tard que de coutume et qu'il n'a pas fait sa prière à l'heure fixée; il met toute son attention à devenir meilleur. « Je ne me suis pas assez observé aujourd'hui. » Cette phrase revient maintes fois dans les réflexions que lui suggère l'emploi de ses journées ; bref, il est la bonté, la complaisance, la charité, l'exactitude et la droiture mêmes : il est déjà tel que l'ont connu ceux qui l'ont approché dans les autres périodes de sa vie.