‹ Charles Vertel, Nathalie Oudot et Sainte-BeuveChapitre 45 sur 72 · CHARLES COMPTABLE · texte numérisé non relu

CHARLES COMPTABLE

pas à écrire; il voulut, le plus tôt possible, passer aux actes et subvenir aux besoins de sa mère. Dans un de ses moments de grande détresse, Mme Vertel avait écrit à son fds (19 septembre 1853), alors à Saint- Nicolas : « Charles, il faut songer à l'avenir; car Dieu peut m'enlever inopinément. Mets de coté la science et deviens sculpteur sur bois ou sur pierre si tu l'aimes mieux. » Mme Vertel connaissait mal les aptitudes de son fils. Les exemples que son goût des belles-lettres lui avait donnés, le tenue de la comptabilité à laquelle elle l'avait initié à son bureau de timbre, le tempérament chétif de l'enfant destinaient beaucoup plutôt Charles Vertel à un bureau qu'à un atelier. Or, le 4 septembre 1854, — il n'avait pas encore seize ans, — Charles entrait comme employé comptable chez un industriel, M. Masson.

Mais un nouvel événement compromit bientôt la modeste situation qu'il se faisait ainsi par son travail. Au commencement de l'année 1857, Charles Vertel contracte

MALADIE DE CIIAHLES 70

une grave pleurésie. Sa mère — hors d'état de le soigner chez elle — doit s'en séparer et leplacerdansunh(3pital,à la Maison Dubois. Cette nouvelle épreuve survenant après beaucoup d'autres, ne déconcerta pas Charles Vertel; bien au contraire, il semble qu'elle ait trempé, sans les abattre, la bonne volonté, la confiance et le courage que, dès ses premières années, il n'avait cessé de montrer avec une parfaite simplicité en face d'une constante adversité.

Page 1