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2. Gustave Courbet, qui fit partie du comité deiaCommuneet auquel on reprocha d'avoir eu l'idée de "déboulonner » la colonne Vendôme, avait été poursuivi devant le troisième conseil de guerre à Versailles. Défendu par LaiChdiud( Gazette des tribunaux, 3i août 187 1), il fut, après un interrogatoire assez terne {Gazette des tribunaux, i4et i5 août 187 1) et un réquisitoire trèsmodéré (Gazeffe des tribunaux, 2!i août 1871), condamnée six mois de prison et 5oo francs d'amende (Gaze^/e des tribunaux, 3 septembre 187 1).
i62 CHARLES VERTEL ET SES AMIS
La sûreté de son commerce et surtout rhorreur profonde qu'il avait même pour ces légers mensonges dont s'accommode la vie mondaine faisaient de lui le plus loyal et le plus recherché des amis. Avec quelle joie étaient reçues les visites qu'il aimait tant à faire et qu'il multiplia avec complaisance quand la retraite lui donna plus de loisirs ; avec quelle cordialité il accueillait chez lui à tout moment les visiteurs qui se faisaient surtout nombreux à ses réceptions du dimanche !
C'est une forme de la charité, dit-on, que de se rendre, quelque temps qu'on y perde ou quelque gène qu'on en éprouve, à des obsèques ou à un mariage. Charles Vertel pratiqua cette vertu sans une défaillance. La sympathie sincère qu'il manifestait par son empressement ému et des paroles toujours touchantes aux familles en deuil, n'avait d'égale comme intensité que la joie qu'il montrait quand il félicitait de nouveaux mariés.
Si, dans le cercle assez large de ses rela-
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tions, Charles Vertel fut un ami parfait, quelle tendresse il déploya dans le cercle plus intime de ses parents.
Après la mort de sa femme, sa fille et sa belle-sœur, Mme Bremare, en reçurent le témoignage soità Paris, soitdansles voyages annuels des vacances, soit à Brunoy où il aimait à prendre soin des fleurs du jardin.
L'auteur de ces lignes n'oubliera jamais les neuf années durant lesquelles son beaupère lui prodigua les marques de la plus délicate affection. L'été, avec les séjours en commun dans la maison familiale de Brunoy et les pérégrinations faites comme entre camarades, resserrait encore les liens d'une amitié que les soirées passées ensemble à Paris, l'hiver, tenaient déjà bien étroite. Il semblait que Pété de 1911 dût avoir à cet égard les mêmes douceurs que ses devanciers.
Déjà de Brunoy on s'apprêtait à partir, comme tous les ans à pareille époque, en voyage. Tout à coup dans les premiers
i64 MALADIE DE CHARLES VERTEL
jours du mois d'août, un matin, Charles Vertel avoue qu'il a très mal dormi, qu'il a été très malade, et, pour tranquilliser, déclare qu'il va déjà mieux. Le médecin redoute la pneumonie des vieillards. Le malade semble se remettre. 11 supplie ses enfants de commencer leur voyage ; il assure qu'il les rejoindra avant deux semaines; et le médecin n'objecte rien à ce projet. Deux jours plus tard, Charles Vertel écrivait en s'efforçant de badiner : « Un nouvel ennui me survient ; mais quel honneur! j'ai la maladie de Sainte-Beuve. »
Il savait, pour l'avoir vu, ce que coûtait cet honneur : des souffrances atroces et la fm à échéance plus ou moins proche.
11 résolut de supporter vaillamment les unes et de voir venir la seconde avec sérénité. Il ne se faisait, en effet, aucune illusion sur son état. A l'excellent curé de Brunoy, qui lui rendait visite un jour et le félicitait d'avoir pu descendre au jardin, il répondit : « Je ferai ce que le bon Dieu voudra ; si je dois partir, je suis prêt. » Au
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commencement de septembre, ses forces diminuèrent avec une effrayante rapidité ; ses douleurs augmentèrent. Il tentait cependant encore de faire bon visage aux amis qui lui faisaient visite et s'excusait de causer tant de tracas. Au médecin appelé en consultation, il exprimait des regrets de l'avoir dérangé de sa villégiature. La dernière personne dont il parla fut son père qu'il n'avait cependant presque pas connu. « Je viens, dit-il un jour, de passer une bonne heure avec mon cher papa. » Rêvait-il ? Ou bien les chers morts dont il aimait tant à rappeler le souvenir et à visiter les tombes l'appelaient-ils à eux ?
Le 13 septembre, il s'éteignait dans les bras de sa fille et de son gendre. Il avait écrit en 187*2 (le 12 octobre), dans son Journal, en rentrant du cimetière du Père-Lachaise, où il avait assisté à l'exhumation et à la réinhumation des restes du général Oudot : (( Maman, ma sœur et moi, nous reposerons un jour à coté de notre glorieux ancêtre. » Mais plus tard, il avait exprimé
i66 LE SALUT DU DRAPEAU
le vœu d'être enterré auprès de sa femme au cimetière Montparnasse, à Paris. C'est là qu'il repose.
Par une émouvante coïncidence, le jour des obsèques^ au moment où le fourgon automobile, qui transportait de Brunoy au cimetière Montparnasse la dépouille mortelle de Charles Vertel , arrivait à Villeneuve- Saint-Georges, un régiment d'infanterie, qui revenait des grandes manœuvres à Paris, commençait à défiler dans la rue étroite qui traverse la village. Le fourgon dut s'arrêter. Quelques instants après, la compagnie du drapeau passait. Le lieutenant porte-drapeau inclina légèrement le drapeau devant le fourgon funèbre ; c'était le salut, — poignant dans sa discrétion et sa simplicité, — de la patrie à un bon serviteur et au petit-fils du général Oudot.
A une époque, comme la nôtre, où l'individualisme et l'égoïsme sont de mode, où les blasés et les sceptiques sont légion, où