ACTE I , SCENE III
Il semble que mon âme, à ce monde ravie , Attend de votre souffle une nouvelle vie; Que le bonheur serait de vivre à vos genoux, Ange
BÉRENGÈRE
Et si l'ange était plus malheureux que vous , Yaqoub , et si mon âme et ma tète oppressées Nourrissaient plus que vous de sinistres pensées... Vous plaignez votre sort : que diriez-vous du mien?
YAQOUB.
Que je suis bien maudit, car je ne pourrais rien Pour vous consoler, vous qui consolez les autres, Si ce n'est d'oublier mes malheurs pour les vôtres... Écoutez, cependant: si c'était par hasard Un homme dont l'aspect blessât votre regard ; Si ses jours sur vos jours avaient cette influence, Que son trépas pût seul finir votre souffrance, Quand de Mahomet même il eût reçu ce droit , Lorsqu'il passe il faudrait me le montrer du doigt : Dès lors , je deviendrais une ombre pour son ombre ; Et, soit que le soleil fût ardent, la nuit sombre, Quelque fût le chemin qu'il prit pour m'échapper, Je trouverais l'endroit et l'heure de frapper; Et nulle fuite au fer ne soustrairait sa tête, Montât-il Al-Borack, le cheval du prophète!
BÉRENGÈRE
Yaqoub , que dites- vous ?. . .
YAQOUB.
J'oubliais... ah! pardon!...
Qu'un autre défenseur était là.
CHARLES \ il
L< Comte.
Ici?
B] Kl NGI l'I •
Lequel donc ?
Y kQOl B.
Y LQODB.
là Comte.
r.j'ni m.i 1:1 , 1 [frayée.
Et nul ne vient me dire :
Votre époux est ici, Bérengère!»