‹ Charles VII chez ses grands vassauxChapitre 10 sur 37 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES MÊMES, LE COMTE DE SAVOISY, paraissant sur la porte; Suite, Gardes.

LE COMTE

Or çà, quel est ce bruit ? qu'est-ce à dire, mes maîtres ? Par les trois chevrons d'or, armes de mes ancêtres, Avez-vous oublié, vous qui hurlez ainsi, Que nul ne parle haut quand le maître est ici ?...

(Il jette son habit de pèlerin et paraît armé de toutes pièces.) Qu'est-ce que cette lettre ?

(Il ramasse la lettre du pape.)

Et que fait là cet homme?

Raymond, mon archer mort? Aussi vrai qu'on me nomme Charles de Savoisy, seigneur de Seignelais, Ses assassins mourront de ma main... Nommez-les!... Fermez la porte, archers, pour que nul ne s'échappe YAQOUB, allant au Comte.

C'est moi qui l'ai tué, maître... Me voici: frappe.

LE COMTE, tirant à moitié son épée.

Redis ce que tu viens de dire, et tu mourras.

YAQOUB.

Dix ans se sont passés depuis que dans tes bra*. 11 m'apporta blessé...

(Découvrant sa poitrine.)

Du coup voilà la trace. (Il découvre la poitrine de Raymond, et montre les deux blessures.) Maître! ai-jebieu frappé juste à la même place?... Vois... .Mais plus que le sien mon bras était savant, Et le fer dans son cœur est entré plus avant.

LE COMTE

C'est autre chose alors: comme mon indulgence

Ne confond point un meurtre avec une vengeance,

Ce fer sans se souiller va rentrer au fourreau,

Et je ne prendrai pas la dime du bourreau.

Nous n'avions cependant pas cru que notre affaire,

En arrivant ici, serait justice à faire...

C'est bien: nous sommes comte et seigneur de haut lieu,

Et nous nous la ferons nous-mème, de par Dieu !...

Emportez ce cadavre, enfants; et qu'il obtienne

En terre consacrée une tombe chrétienne...

Adieu, mon serviteur, ou plutôt mon ami,

Du sommeil de la mort avant l'heure endormi...

Nous étions nés tous deux dans une même année,

Et j'espérais que Dieu, dans la même journée,

En face de l'Anglais, au plus fort du combat,

Nous frapperait tous deux de la mort du soldat...

11 nous aurait bien dû cette dernière fête...

Il en juge autrement: sa volonté soit faite!

(Il s'essuie les yeni.) Page, prends un cheval à grand'hàte, et rends-toi A Bourge, où tient sa cour notre seigneur le roi, Dis que j'irai demain lui porter mon hommage, El que je lui rendrai compte de mon message.

(A deux Archers.)

Vous, gardez l'assassin.

(Au Chapelain, sans faire attention à Bérengère, qui lui tend les bras.)

Vous, mon père, venez.

(Il sort.)

BÉnENGkllE

Pas un mot!...

(A Yaqoub.)

.uus les deux nous sommes condamnés \

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