‹ Charles VII chez ses grands vassauxChapitre 9 sur 37 · GENÈSE, CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

GENÈSE, CHAPITRE SIXIÈME

« 1. Donc, Sara, épouse d'Abraham, ne pouvait, malgré la égyptienne, du nom d'Agar, » mon sein *!■* ^ "^ '' " Vold qUe le Sei«neur a fermé

BERENGERE.

Mon père, désarmez le Seigneur irrité Qui m'a maudite aussi dans ma stérilité.

LE CHAPELAIN, continuant.

. Lt firChF;t0i ^ maA?Uivante : Peut"étre te donnera-t-elle d% m*\ n Et' comnie Abraham y consentit,

m.'iit' ava? Pf11 Agar' SS Suivante éOTtienne, dix ans après

naan pi P " TmenCé ^^^ ensemble la terre de Chanaan, et elle la donna pour épouse à son mari. »

BERENGERE, à genoux.

Mon père exige- t-on de moi ce sacrifice?

LE CHAPELAIN, continuant.

d'hmaa *g3r 6Ut U" fi'S d'Abraham> 1» on nomma du nom

mSSS."" enfa,,ts' pour ^ vous bénisse

RAYMOND, allant à Yaqoub, qui aiguise la pointe de son poignard. Attendez, mon père : l'un de nous Fait semblant de ne pas vous entendre...

(A Yaqoub.)

A genoux!

M'entends-tu, Sarrasin? C'est à toi que je parle: A genoux !

YAQOUB, le regardant.

On m'a dit, archer, que le roi Charle A de nobles barons qui devant lui passaient, Donnait parfois un ordre, et qu'ils obéissaient; Que ces nobles barons avaient le droit eux-mêmes D'exprimer à leur tour leurs volontés suprêmes A l'écuyer qui fait le vœu de les servir, Et que cet écuyer s'empressait d'obéir ; Puis, transmettant aussi les ordres qu'on lui donne, L'écuyer à l'archer dit : « Fais ce que j'ordonne; » Mais qui jamais a dit que l'archer, qui n'est rien, Osât donner un ordre à d'autres que son chien?

RAYMOND

Que l'exemple cité serve donc de modèle : Obéis à l'archer, Sarrasin infidèle, Car qui dit Sarrasin dit chien.

YAQOUB.

De par l'enfer !

(Il le frappe du poignard qu'il aiguisait.)

Celui-là mord du moins avec des dents de fer!...

RAYMOND, tombant.

Ah* malédiction!...

TOUS LES ARCHERS, s'approebant.

Raymond! Raymond !

YAQOUB, décrivant un cercle avec son cimeterre.

Arrière!...

Savez-vous q*j sa mort m'appartient tout entière, Et que celui de vous qui m'en déroberait Une goutte de sang, de son sang la paierait ? Que nu) n'avance donc, ou, de par le Prophète ! Comme un hochet d'enfant je fais voler sa tête !... (Mettant un genou en terre pour se rapprocher de Raymond, qui se débat.) Ah ! Raymond, à mon tour voilà que je te tiens

Pantelant à mes pieds oommc je fus aux tiens ! Seulement, nul ne vient, sur ta dernière couche, De quelques gouttes d'eau désaltérer ta bouche; Mais, «5 la soif te semble un besoin trop pressant, Mets ta bouche à ta plaie, archer, et bo'is ton saug... Fixe donc sur le mien ton regard qui m'évite... L'agonie est trop prompte!... Archer, tu meurs trop vite!

RAYMOND, tendant la lettre de Benoît.

Ah!... pour le comte..

(Il meurt.)

YAQOUB, repoussant le cadavre du pied.

Esclave et serf jusqu'à la fin!...

Maintenant, prenez-le ; le lion n'a plus faim.

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