KALM
À um CHARLESBOURG ET A LORETTE
En 1749.
Je crois intéresser le lecteur en insé:
rant ici un extrait du rapport d'un voyage, fait en 1749, par Pierre Kalm, naturaliste suédois, de Québec au Village des Hurons de la Jeune Lorette,donnant les habitudes, mœurs et coutumes des habitants, et la description des habita-
. tions : (Traduction de L. M. Marchand,
avocat.) Québec, le 11 août 1749.
Ce matin, j'ai fait une promenade hors les murs avec M. Gauthier, le médecin du roi, pour collectionner des plantes et visiter un couvent de femmes à quelque distance de Québec, (l'Hôpital général.) Ce monastère, magnifique édifice en pierre, occupe un site charmant, entouré qu’il est de champs, de prairies et de bois au travers desquels
on voit Québee et la rivière St-Laurent ; un hôpital pour les vieillards indigents, les infirmes, etc., fait partie du monastère; il est divisé en deux salles :
lune pour les hommes, et l’autre pour les femmes. Les religieuses subviennent:
aux besoins des malades des deux sexes, avec cette différence,néanmoins,qu'elles ne font que préparer la nourriture des hommes, apporter leurs mets, enlever la nappe après le repas et leur donner des remèdes, laissant le reste du service aux domestiques ; maïs dans l’appartement des femmes, elles font tout le service elles-mêmes. Le règlement de Fhôpital est le même que eelui de l'hôpital de Québec. Par une faveur toute spéciale, l'évêque, à la prière du Marquis de la Galissonnière, gouverneur-général du Canada, m'a accordé la permission de visiter ce couvent ; aucurr homme n'y peut entrer sans une permission de l'ordinaire, et c'est un honneur qui s'accorde rarement. L'’abbesse, suivie d'un grand nombre de religieuses, nous a conduits dans tous les appart:ments. La plupart de ces nonnes appartiennent à des familles
nt ; nts, moles :
our ent XeS, elles des ever aner vice irtet le t de i de veur e du iverdé la UCUIX perun L'abe de tous > ces nilles
de TON
nobles et l’une d'elles est la fille du gouverneur. Îl y en a beaucoup qui paraissent âgées, mais il y en a aussi quelques-unes très jeunes et fort jolies, Il m'a semblé qu’elles étaient plus polies que les religieuses de l’autre couvent.
Quant à la division des chambres, elie est la même que dans cette dernière maison, à l'exception de quelques meubles en plus dans les cellules ; les lits sont entourés de rideaux bleus ; il y a une couple de petits bureaux avec une table au milieu, et des tableaux suspendus aux murs. “Les cellules n'ont pas de poële. Maïs les salles et les chambres dans lesquelles les nonnes se réunissent, ou qui sont occupées par les malades, sont chauffées par un poële en fonte. Le nombre des -religieuses est indéterminé ici, et si j'en juge par mes yeux, il est très considérable. II y a aussi quelques novices qui se préparent à faire leur profession. De petites filles sont envoyées ici par leurs parents pour êtres élevées par les sœurs dans les principes de la religion chrétienne, et apprendre à faire toutes sortes d’ouvrages de dames. Le couvent, à distance,
paraît comme un palais ; il a été fondé par un évêque, dont les restes, dit-on, reposent dans l'église,
Nous avons botanisé dans les champs voisins jusqu'à l'heure du dîner, et de retour au couvent nous nous sommes mis à table avec le chapelain, un vénérable père récollet très âgé. Les mets, tous apprêtés par les religieuses ellesmêmes, étaient aussi non:breux et variés que sur la table des grands. Il y ayait, en outre, plusieurs sortes de vins et beaucoup de conserves. Il paraît que les revenus du monastère sont considérables. L'édifice est surmonté d’un elocheton contenant une cloche. Quand on considère les grandes étendues de terrain que le roi a données aux couvents, aux jésuites, aux prêtres et à plusieurs famille nobles, il semblerait n'avoir presque rien gardé pour luimême.
Notre framiboisier commun est extrémement abondant ici; il couvre les eoteaux et court sur les lisières des eïar1ps, et les bords des rivières, en longues haies qui, en cette saison, paraissent toutes rouges, tant les bran-
ndé -On,
ches de l'arbuste sont chargées de baies en pleine maturité. On les donne comme dessert après dîner, au naturel ou en confiture.
Le sorbier, ou frêne sauvage, est très commun dans les bois environnants.
On regarde ici le nord-est comme le vent le plus perçant. Des personnes dignes de foi m'ont assuré que l'aquilon, quand ii est très violent en hiver, passe à travers les murs d'épaisseur moyenne, si bien que toute la muraille en dedans de la maison est couverte de neige ou d'une gelée blanche, et qu’une chandelle placée près d'un mur plus mince est presque soufflée par l'air qui le transperce.
Le nord-est endommage jusqu'aux maisons en pierre, surtout à leur pignon septentrional qu'il faut réparer souvent.
Les vents du nord et du nord-est sont pareillement redoutés ici comme les plus glacés. En été, le premier amène généralement la pluie.
La différence de climat entre Québec et Montréal est très grande. Le vent et la température à Montréal sont souvent tout l'opposé de ce qu'ils sont à
Re emnnvtete f th mtnt v 1 S