‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son uvre lithographiqueChapitre 153 sur 183 · VIK DE VALENTIN · texte numérisé non relu

VIK DE VALENTIN

Désespéré, général de formée des perruches,., je viens de

placer mes fonds.

933. — 20. Tout en continuant sa route , Valentin a bu avec des militaires; deux sont encore à table. Il parait qu'on a voulu lui tirer des carottes ; mais Valentin n'entend pas de cette oreille-là ; et , faisant présenter la carte par un garçon à un sapeur qui se tient debout les bras croisés : Sapeur , lui dit-il, parez tierce et payez carte; allongez votre cuivre... j'suis /tas l'ami Chauvin de M. Horace Vernet et de M. Charlet, des farceurs ! qui nous font rapporter des serins dans des ériges , et régaler messieurs les sapeurs... Allongez le billnn.

Dans le fond, à droite, un gendarme conduit en prison le marquis de Las Blagueras.

93-4. — 21. Le sapeur a payé... mais il n'a pas paré. Sapeur, dit v Valentin, sans rancune, vous avez votre affaire, voilà la chose ; maintenant , je me fends d'un litre Valentin accompagne sa proposition d'une cordiale poignée de main, tandis qu'un camarade enveloppe d'un mouchoir le bras du sapeur.

935. — 22. $9 juillet 1830. Valentin, le sabre à la main, un pistcv let à la ceinture, est au milieu de peuple armé; il couvre

de sa main un vieux grenadier de la Garde Royale désarmé : II était à la Bérésina !... s'écrie Valentin : et le peuple respecta le vieux soldat.

936. — 23. 29 juillet 1830. Nous retrouvons ici le marquis de Las

Blagueras dans une triste situation : à genoux et les mains jointes , il implore la pitié de Valentin et de quelques hommes du peuple qui vont le fusiller au commandement d'un vieux soldat décoré : 77 a volé, s'écria le vieux Grondard (ex-caporal au 1er de grenadiers de la Garde Impériale) ; et le peuple fit prompte justice. Charlet ajoute en note : Ces vieux caporaux de la Garde ne badinaient pas avec la probité. Ils ne se permettaient de voler... qu'à la victoire (1).

937. — 24-. Nous trouvons Valentin au cabaret. Il accepte un verre ' de vin d'un individu qui déjà a vidé une douzaine de bouteilles avec deux compagnons : Volons à la frontière !

(1) On a eu la prétention de faire les journées de Juillet pures de tout attentat contre les propriétés. Notre ami Charlet connaissait mieux leur histoire. On a volé, beaucoup volé, et les marquis de Las Blagueras ont été plus communs qu'on ne voudrait le faire croire.

Je ne sais qui a dit avec esprit et justesse (,Ch. de Bernard, je crois) : le premier jour, on fusille les

voleurs ; le second jour, on se relâche ; le troisième jour, on laisse faire ; le quatrième Voilà pour

quoi les révolutions ne durent que trois jours.

354 DEUXIÈME PARTIE. — IXe SECTION.

s'écrie avec enthousiasme l'inconnu, s'adressant à Valentin ; mais celui-ci, par un geste de réticence, semble partager les idées de Charlet, qui dit : Il y a des gens qui volent partout , excepté au combat ; ces fricoteurs-là chantent depuis vingtcinq ans: Volons à la frontière; mais ils trouvent plus agréable de voler dans Paris. Et il ajoute en note : Les gaillards y voleront encore longtemps.

938. — 25. VALENTIN REJOINT LE 25™ DE LIGNE , A CAMBRAI. Tout

le long de la route , il est fêté par les habitants que la révolution de Juillet a remplis d'enthousiasme', on trinque à la liberté l... Enfin, la France va donc reprendre son rang et sa dignité. . . On ne verra plus de garde royale tirer sur le pauvre peuple !... puis, on aura une charte qui sera une vérité véritable!... On s embrasse , on s 'étrangle ! .. . on est heureux... en espérance (1).

Page 1