‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son uvre lithographiqueChapitre 156 sur 183 · DÉPART DE VALENTIN POUR LE SIÈGE D'ANVERS, ses · texte numérisé non relu

DÉPART DE VALENTIN POUR LE SIÈGE D'ANVERS, ses

adieux a ursule taschereau (son amante ). Je par s et pense bien revenir; le Hollandais, peu guerrier , a peu de férocité : la besogne sera bientôt faite... bonne Ursule ! je penserai toujours à vous, au bivac comme sur la brèche ; et si je pa?*viens à conquérir le signe de V honneur, je me regarderai comme l'amant le plus favorisé de la gloire et de l'amour. Adieu, Ursule!... séchez vos larmes... et prenez garde de perdre votre mouchoir.

942. — 29. LE BILLET DE LOGEMENT. Valentin et Litreman (caporal

au même régiment) sont logés à Lipeloo {Belgique) chez le v docteur Guilledoux (jésuite à robe courte). La servante hollandaise vient leur ouvrir ; elle ne peut déchiffrer le billet de logement. Alors le caporal Litre ma a lui crie : Wir sind zwey verstchin, alte frau, zwey franzoesische caporals (nous sommes deux! entendez-vous, la vieille? deux caporaux français). A quoi Valentin ajoute : Comprenez-vous, mère Lansmann! zwey caporals françouse , bones meners, (/ni venire logire, buvire. mangire, et rebuvire, et remangire touchours!...

943. — 30. AH ! MON DIEU !!... Valentin et Litreman sont invités à >' la table du docteur Guilledoux (jésuite à robe courte) , bon et

excellent homme, viveur agréable. Le dîner avait été abondant , la conversation animée. Valentin, questionné et poussé par le docteur, lui raconte ses aventures... sa naissance... quand tout à coup le docteur tombe évanoui!... Ah! mon Dieu/!!.... Quoi! qu'est-ce?... Le docteur évanoui reçoit les soins empressés de la gouvernante. Valentin paraît inquiet , tandis que le caporal Litreman est uniquement préoccupé de ce qu'il n'y a plus rien dans la bouteille qu'il tient à la main.

944. — 31. C'EST SON PÈRE!!!... Le docteur Guilledoux, revenu à I lui, et poussé par le remords, ne peut résister aux sentiments

paternels. Il se lève et se jette dans les bras de Valentin , en lui disant : Tu es mon fils!... Litreman, vivement ému et un peu compromis par les alcools , leur donne sa bénédiction vinicole.

Cette scène touchante est complétée par la gouvernante . les mains jointes et les yeux levés au ciel.

.'{,"6 DEUXIÈME PARTIE. — IXe SECTION.

94-5. — 32. Valentin prend congé du docteur: Allons ! au revoir!... Adieu!... allons!... vous êtes mon père... je vous respecte !... je vous respecterai toujours!... allons, adieu... vous serez toujours mon père... je vous respecterai toujours! allons, au revoir... Ce n'est pas pour les cinquante francs que vous m avez donnés, de votre cœur paternel et sans carotte!... non, jamais II... je vous respecte!... et vous respecterai toujours!... allons, au revoir... Ecrivez-moi... allons, adieu... je vous écrirai... allons, au revoir... allons, adieu!... Pendant ces adieux prolongés, le docteur, ayant à son bras la gouvernante, tient la main de Valentin. Le caporal Litreman, toujours compromis par les alcools, a bien de la peine à se tenir sur ses jambes.

046. 33. VALENTIN VEUT SE SUICIDER L'ARME AU BRAS. Valen- » tin, sous l'empire d'une digestion laborieuse , et la tête troublée par les vins du père Guilledoux, se laisse aller aux idées noires: Quoi? se dit-il , moi, le fils d'un jésuite ! jamais!!... allons , c'est fini. . . je ne puis reparaître à la compagnie. . . — Ce brave garçon allait sauter dans le canal, quand arrive le sergent Maneille qui le retient et parvient à lui faire entendre raison. Litreman, le vinicole , tombé près d'un arbre , rêve à la situation de la France.

947. 3i. MORALE DU SERGENT MANEILLE. Le vieux sergent adresse ces paroles à Valentin , assis au pied d'un arbre et les bras croisés, absorbé dans ses réflexions: Valentin, écoute ; j'ai usé plus d'une semelle sur le chemin de l'adversité , et me suis toujours dit : Il y a un Dieu! bien! il me donne la vie! fort bien ! je la puis sacrifier pour ma patrie , très-bien !!!. . . Mais le suicide , ô c'est une lâcheté! Quoi, parce que tu es le fils d'un jésuite? Eh! mon Dieu! il en fourmille , et de toutes les couleurs , et des civils et des militaires, des jésuites!!... S'il fallait qu'eux ou les leurs se noyassent ! s'asphyxiassent ! ou se suicidassent! mais la Seine n'aurait pas assez d'eau , ni les mines de Saint-Bérain assez de charbon pour détruire cette adroite portion de l'espèce humaine... Allons! Valentin, reprends ton équilibre social!... et si la mort est le sommeil éternel , couche-toi le plus tard possible.

(Observation de l'éditeur.) Le sergent se trompe , les mines de Saint-Bérain ne fournissent pas de charbon.

94g. — 35. Valentin au camp de Wilrich% ou le sergent Maneille ^ offre à l'auteur (Charlet) le bouillon de l'hospitalité en disser-

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