ET VA EN VILLE
Cet écriteau git à terre , ainsi que des ciseaux brisés , et la pauvre femme, assise à sa place ordinaire, gémit et tend la main aux passants. Mais au lieu d'aumônes , elle ne reçoit que les aboiements de tous les chiens ameutés contre elle, tandis que leurs maîtres entrent dans un mangasin de rubans:
(1) Charlet, avec l'intention de rendre service à l'éditeur, se laisse aller au chauvinisme impérial de cette époque.
Voici ce que Napoléon dit lui-même de celte anecdote :
.... « Cette idée est sans doute d'un bourgeois, d'un avocat peut-èUe , mais sûrement pas d'un militaire., Il esi a croire que, fatigué comme je devais l'être, j'étais endormi avant le soldat dont il parle, M<»mi in I iIp Sainte-Hélène Mercredi, 26 août 1816.)
« N'abandonnez pas cette pauvre veuve , » dit Charlet (1). En t., 1/4, jésus.
-271. — LES QUILLES. Devant un cabaret, un vieux bourgeois va lancer contre des quilles la boule qu'il tient dans la main droite. Il a pour spectateur un invalide , au milieu de gens attablés. En t., 1/4 jésus.
272. ^ — Un vieux paysan en blouse , portant sa besace , et appuyé
sur son bâton, fait un geste goguenard, apercevant la Mort, en costume de gendarme, qui vient saisir un personnage puissant assis sur un espèce de trône. Celui-ci se défend avec effroi , et notre vieux philosophe s'écrie : « Elle n'admet point de remplaçant. » En h., 1/4 jésus. — TRIOMPHE DE LA RELIGION. G. p. en t.
273. — 1810. IMPIÉTÉ. Des soldats ont établi leur bivouac dans
une église ; ils dorment , ils fument , ils nettoient leurs buffleteries.
274. — 1820. PIÉTÉ. Des soldats de la Garde royale sont agenouillés
avec recueillement près d'un confessionnal.
Ces deux pièces, imprimées d'abord sur une même feuille, ont été , dans un tirage postérieur, imprimées séparément en h., et l'on a effacé ces mots : Triomphe de la religion.
275. — J'OBTIENS DE L'ACTIVITÉ, se dit avec satisfaction un vieil-
lard. Appuyé sur un jockey , il se traîne avec de pénibles efforts vers un grand fauteuil gothique. G. p. en h.
276. — Près d'un cabaret portant pour enseigne : Aux vieux gro-
gnards. Le Dur, marchand de vins ; un vieux soldat manchot , saisi probablement d'un souvenir patriotique , s'écrie avec énergie, fermant le poing : « // m en reste un encore pour la patrie. G. p. en h., encadrée.
277. — Devant le caBaret: Au rendez-vous d' Austerlitz , un vieil ou-
vrier arrête un grenadier, et, lui offrant un verre de vin, trinque avec lui , en lui disant : « Aux vieux grognards , le tailleur de pierres reconnaissant. » L'ancien remercie par un salut militaire. G. p. en t.
278. — Deux soldats d'infanterie sont complètement ivres. Debout,
et chancelant sur leurs jambes, l'un deux soutient à bras le corps et à grand'peine son camarade qui , le bras levé , semble
(i) L'allusion politique se laisse facilement deviner. Charlet rappelle ici cette triste époque oii la France avait rhiz elle une armée étrangère ramenée par le funeste retour n> n|p d'Elbe.
248 DEUXIÈME PARTIE. — VIe SECTION.
menacer un gros et grotesque bourgeois. Celui-ci a dirigé d'un air goguenard vers les deux amis un immense riflard qu'il tient résolument dans ses mains. « Gomment ! dit le troupier, vous croisez la baïonnette sur les vieux amis! Vous n'êtes donc plus Français?... » Dans le fond, à gauche, Charlet s'est représenté déjeunant avec Bellangé. G. p. en t., encadrée.
Après le premier tirage , ces mots : vous n'êtes donc plus Français? ont été effacés.