‹ Charlet, sa vie, ses lettres, suivi d'une description raisonnée de son uvre lithographiqueChapitre 65 sur 183 · ÉCOLE DU BALAYEUR. Grand nombre de balayeurs sont en · texte numérisé non relu

ÉCOLE DU BALAYEUR. Grand nombre de balayeurs sont en

fonction, les armes à la main. A gauche, leur chef leur débite ainsi sa théorie : « Saisir le balai avec la main droite, à hauteur du dernier bouton de la veste , la main gauche à hauteur de l'œil , pour ceux qui en ont. » (Leçon première, page 3 ) G. p. en t., encadrée.

280. — A la porte d'un cabaret , sur le mur duquel on a dessiné une

puce près d'une enclume , et tenant un lourd marteau , avec ces mots: A la puce travailleuse , un chiffonnier s'est arrêté. Portant sa hotte , il se met au port d'armes , avec son crochet, contemplant avec admiration un vieil ouvrier tombé ivre mort à la porte du cabaret, puis il s'écrie : « Voilà pourtant comme je serai dimanche!

Cette pièce fait le pendant de la précédente. Elle a été éditée par Mme Hulin, dont elle porte le nom et l'adresse. Toutes deux sont rarement transparentes et harmonieuses de ton.

281.— ADIEU, FILS! JE T'AI REVU,... JE SUIS SATISFAIT !... Ce sont les derniers mots d'un vieux militaire, étendu dans son lit, tenant son épée et sa croix dans la main droite. Son fils, grenadier de la Garde , agenouillé devant lui , a saisi sa main et la presse dans les siennes avec un pieux recueillement.

282. — L'ÉCOLE DE VILLAGE. Au milieu d'une classe, qui ne parait pas très -disciplinée, le vieux maître, savetier de son état, est assis dans un fauteuil. Armé d'une férule , il fait signe à un enfant de tendre la main; mais celui-ci , beuglant et tenant ses mains -sous son tablier, paraît peu disposé à accepter la correction.

283. — Un vieux savetier regarde avec admiration son bras nu qu'il

élève en l'air , et le caressant de l'autre main : « Le beau bras ! dit-il , c'est comme l'antique ! »

284. — Un vieux peintre, debout sur une échelle, vient de terminer

une enseigne. C'est une carpe entourée d'une anguille. Il regarde avec satisfaction un verre de vin qu'il va boire , et dit en riant : « J'aime la couleur ! »

285. — Un de ces vieillards , tant ridiculisés alors sous le nom de

voltigeurs, est assis sur une chaise. Les mains croisées, les yeux fermés, il semble réfléchir, se disant : « Comment faire ? » P. m, enh., avec la seule initiale C.

286. — C'est encore un voltigeur. Debout, les bras croisés, il se

pose d'une manière grotesque, au moment où il dit, en tyran de mélodrame : « Dissimulons ! » Fait pendant au numéro précédent et ne porte que le nom de Villain.

287. — Un libéral , dans le langage de l'époque , est assis ,

lisant le Constitutionnel. A l'article Budget, il se retourne et dit en riant: « Paie, et tais-toi! » P. m. enh., avec les noms.

288. rkr. — * LOUIS XVIII. Vu par le dos, au balcon des Tuileries,

d'où il voit défiler la garde nationale, il s'écrie: « Mes chers enfants, je vous porte tous dans mon cœur! » Malheureusement l'ouverture de l'habit , et les formes un peu trop prononcées que cette ouverture laissent entrevoir, placent le cœur où il n'est pas d'ordinaire.

Imprimé à très-petit nombre d'épreuves, par Villain. H. , 148; l.,»96.

289. — Jocrisse et Paillasse font la parade sur des tréteaux. Paillasse

frappe sur une grosse caisse ; mais quel est son étonnement ! la caisse se crève, et il en sort un déluge d'albums. Derrière nos saltimbanques on lit sur un écriteau: Entrez, entrez chez Gihaut, etc. etc.

Cette pièce devait servir probablement de frontispice à l'Album de 1824. C'est la même idée. 1/4 jésus, en h., avec les noms.

290.— LE SOLEIL LUIT POUR TOUT LE MONDE , dit un abbé , la main * droite et les yeux élevés vers le ciel. Et pendant cette extase ,

un vieux soldat creuse une fosse , et des gendarmes conduisent un homme en prison. G. p. en t., encadrée ; elle ne porte aucuns noms.

250 DEUXIÈME PARTIE. VIe SECTION.

:>t>lt — Au moment d'entrar dans la salle de police , un jeune soldai se retourne vers un vieux caporal qui l'y conduit , et la main sur le cœur, les yeux au ciel, il essaie d'attendrir le cerbère. Je suis innocent! dit le conscrit. Parle flanc droit! répond le caporal. T.- g. p. en t., encadrée.

292. — LA MANIE DES ARMES. C'est encore un voltigeur qui défraie

la verve de Charlet. Grote quement accoutré , les mains dans son manchon, il tient sous ses bras un arc et un carquois rempli de flèches. Derrière lui, un jockey le suit surchargé de cuirasses et d'armes de toutes espèces. T. -g. p. en t., encadrée.

293. — RÉJOUISSANCES PUBLICtUES. Déjà Charlet a traité ce sujet au

N° 105. Ici il a, par opposition à ces scènes d'ivresse , d'abrutissement et de désordre, dessiné un vieil invalide à la figure martiale , portant la croix de la Légion d'honneur, en échange de la jambe et du bras qu'il a laissés sur le champ de bataille. Il s'éloigne avec dégoût de ces hideuses distributions. T.-g. p. en t., encadrée.

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