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escalade les rkoerblres , le Piapifite, le Cfr/nUwfi Qui prepare si chanson et qui ne chante jamais, le* Prts*
tidigitatetir fnaladroit, ey, etc.y- Ces contes-fdrces ne sont pas drdles, comme on lecroit ii^dmupent,
. rien que par le flegme^des ifj^erprdtsi^^ou par les gifles, les coups de pied au derridre trt leg ^karbe% a lacrdme. a sur toute la terre. des chmtts qdtt en, font autanL (Voir les cirques espagnols %t italiens.) La farce anglaise* a d’abord un rythme incroyable et surtout elle ^impose par la Synthdse. To\§f est do^*
* ramassd, concentre. Tout frappe avec* uqp sdrete de
poing derridre leqttel il y a un boxeur^de grand style>
' ■ Ttfut delate CQjjime un .coup de canon ina(tendiL
. Vous avez • parfois une ^impression de, ddsordre ?
, Voids avez la rndme *impressjon devant une rnultj- • ■' • plication od sonb beaucoup de chifffres. ^ucune des
. bavures dii guignol lypanais. Pas de ce « tapons-nous- , sur-le- ventre ».■ -qui est l’atmosphdre du cafd-^ojf cqrt franfais. Rien de.la ligne nette et^tendre des arabesques latines ou des fioriturds doqt la pantdrnitfte , . ' '• • * mdditerrap^enne ne se ddbajjassa pas avec De-
bureau, Rouffe, Thalds, Sdverin. La comddie mimdefes Anglais est une rude synthdse. On ne lui rdsfifte pas.
CHARLIE CHAPLIN et JACKIE COOGAN dans 1HE KID.
Deux hommes? Deux enfants?
Dickens ou Kipling?
Chaplin.
£a, c’est du cinema.
Et voila, prouvee par l’image, la verite bien connue que les Anglais (Charlie est Anglais) sont froids et les Frangais (Fenelon est Frangais) sont gais.
Une perfconnalitt aussi marquee que telle de Chaplin — et compliqufee d’atavismes fran$ais et espagnol — ne pouvait rencontrer meilleur terrain d’apprentissagd. *11 avait dix-sept ans 'quand il entra chez Karno. II accepta des roles moddktes. II travailla durement. II suivit la troupe en Amtriquje, revinj* a Londres avec elle, l’accompagna de nouveau 4
New- York, regagna l’Angleterre, et pendant quatre ou cinq ans mania ce repertoire prtcis et^suggestif.
II devait s’en souvenir plus tard au cintxna. Par exemple, le film : Chariot au mifsic-hal l rappelle absolument la pantomime : U ne Soir&e dans itn music-hall anglais oil il avait eu du succ&s. Et son fameux monologue cin£graphique Chariot rentre^ tarcl , ( One A. M.) est la rtplique d’une comtdie mimee sur le m?me theme oil Fred Karno * tenait, je crois, le personnage du gentleman pochard, et od les meubles, tapis, accessoires, etaient « interprets » par des acteurs : ainsi la peau d’ours, dont l’importance bouffe est si grande, etait « inter prttte », deux ans avant Chaplin, par Max Dearly qui entrainait chez Karno ses qualites de fantaisiste.
Jr
Grace a Chaplin, la comfedie anglaise eonquit le cinema am6ricain. Les films bouffes americainS consistaient — il y en a encore beaucoup de ce genre — en coups et trepidations d’une grossidrete extreme, mais declanchaifcnt le rire ce pendant.
•- QqancL la Keystone C° engagea le jeune mime anglais, il y a sept ou huit ans au plus, son debut consterna la direction. Il n’avait pu se plier exactement aux moeurs sc6niques de la maison. Dejd attachfe'. 4 regression, il avait appris chez Fred Karno que la plus joyquse 6pilepsie du corps est vaine sans les mouvements — ou les d&fauts de mouvements — du masque.
, La d^froque qu’il s’6tait compos6e parut banale.
Ses camarades, recherchaient soigneusement des
exeentricitfes de * costume, de perruque, de maquil-
lage. Chaplin s’en tint a une tenue dejd vue, un peu
simplifi6e, stylisfee en aomme et exprima. Apr4s lui avoir proposd de lui r6silier sdn eontrat, les directeurs de la Keystone G° comptirent que Chaplin n’^tait pas une marionnette ordinaire, mais up comfedien, un interprfete, un artiste. Ils.le comprirent «i bien qu’ils s’fevertudrent 4 transformer en a artistes »
les pities «git6s de leur compagnie at a parer ces pat-
tenaires de Chaplin d’une grace parodique toute semblable.
De Id cette Evolution heureuse du film comique americain. La Keystone y gagna one fortune. Les camara des de Chaplin y gagndrent la conscience de leur personnalitd : nous les avons retrouv6s depuis lors sous un jour nouveau. Ruscod Arbuckle (Fatty)
est devenu „ le prestigieux meneur de jeu de ban des
irrdsistiblement alambiqudes ; Mabel, ex-petite poqle insignifiante, est la Mabel Normand de Mickey et de Joan of Plattsburg ; Mack Swain (Ambroise) a ’ dlargi sa gaietd trop directe dans les films rdcents de Chaplin.
Quant au metteur en scdne qui avait re$u Charlie aux studios de Los Angeles, c’est Mack Sennett. Facile d contenter jadis comme le premier rdgisseur venu, c’est aujourd’hui un vrai compositeur de films. Mickey a dtabli son talent et aussi les folles comddies d baigneuses dont le rythme nous fait songer d Offenbach et quelquefois d Stravinsky. De
plus, il a, cOnscietnjnent ou non, donnd des indi-
Cations remasquables pour ce chapitre de la
photogenie qui sera considerable un jour : le nu au cinema.
En 19x5, les petits films insdnses de la Keystone etaient calibres de par Charlie Chaplin. Cette production se repandit sur toute la terre. Elle entra meme en France, tuen que certains pensaient : Ce; fpest pas dr die. Parlez-moi de Rigadin !... Quelques
jfyeis avaient fait de Chaplin, sous le pseudonyme
de Charlie, .Carlitto .ou Chariot, ce qu’il est encore : l’homme le plus ceiebre du monde. Jusqu’A nouyel ordre, il eclipse en renommee Jeanne d’Arc, Louis XIV et Clemenceau. Je ne vois que jesus et Napoleon qui puissent rivaliser en notoriete. Sans doute cette gloire est-elle provisoire. N'est-il pas etrange qu’elle se soit cr£6e si vite et si fort ?
Les propositions dordes abondent. Chaplin traite avec la Essanay C° et debute dans ses studios .de Chicago avec Chariot apprenti ( Charlie at work) aux appointements de 6 250 par semaine. De • Id il re-
tourne, tou jours pour Essanay. C°, d San Francisco,
X>d il tourne Chariot fait la noce (Charlie' s might out) r
Chariot boxeur (i Champion Charlie ), Chariot cambrio-
leur (Police), etc. Tout le monde a vu cette deiicieuse
sdrie d’Essonay od Chaplin a pu donner des notes
aussi di verses que Chariot vagabond (Charlie the
tramp) ou Mam'zelUe Chariot (Charlie the perfect
lady), et surtout Chariot marin (Shangaied), Chariot
veut se marier (Charlie's elopement), Chariot au mu sic-hall (Charlie at the show).
U *y adop£e une partenaire supdrieurement pho* togenique : Edna Purviance, qui fut depuis sa partenaire dans tous les films. La joiie .blonde, d’abord une camarade, fut ensuite la plus inttressante experience de Chaplin qui fagonna ce masque, lui donna de la force et du style et n’en rompit jamais le char me naturel.
On voit aussi auprds d’eux Ben Turpin, l’agite, bon aero bate qui se transforme en bon comddien.
Entre temps, Chaplin essayait de rdaliser un film dramafique. C’est tout natu^pl. II y aen lui cette sorte de* grfice fran$sdse, m£ridionale mSme, qui l’approche du drame sentimental. II est cousin de d’Artagnan.
Diqi sd *
oogle
Sa tragAdie cin6graphique ne semble pas avoir copendant de parent* arec Alexandre Dumas pAre. Mais nous ne la verrons sans doute jamais, car aprAs plusieurs semaines de travail il dut s’interrompre, lore*, par coiitrat avec Essanay, d’achever sa sArie comique.
Cela vaut mieux ainsi. II n’etait pas mur pour s’abandonner aux larmes. Dans les films qu’il composa -ensuite, il m§le 4 la farce de braves minutes d’emo- : lion qui valent tout un drame. Dans sa Carmen, il
termine la parodie par une expression angoissante et dAsespArAe que nous n’avons malheureusement jamais vue aux interpret es de Don Jos*.
Quand 1’ engagement de 1’ Essanay prit fin, Chaplin, en plein triomphe, s’amusa quelques semaines a se laisser feter, Acouta les Aloges intAressAs, et brusquement signa avec la Mutual Film Corporation le central sensationnel qui lui valut la reputation d’un homme gagnant an million par an. *
A vrai dire, te contrat n'envisageait qu’un an et dApassait A peine le de mi-million, moyennant quoi
Chaplin devait foumir douze films. Si-*peu qu’on
soit inform^ des n6cessit£s du cin6ma et des goQts
minutieux de Chaplin, on conviendra que la livraison
de douze bons films en douze mois est un paradoxe. Chaplin y parvint predqueetneseconsacra gu&re plus d’un an d la realisation de cette suite dblouissante — satin que, attendrie, cinglante, ardente — oil l’on doit tout citer et retenir et admirer.
Chariot chef do rayon ( The Floorwalker ), Chariot* pompier ( The Fireman), Chariot musicien (The V a-’ gabond), Chariot rentre tard ( One A. M.), Chariot chez iusurier ( The Pawn Shop), Chariot fait du dni (Behind the screen), Char lot fatine (The Rink), Chariot ne s'en fait pas (Easy Street), Chariot fait ttne cure (The Cure), Chariot voyage (The Immigrant ), Chariot s'evade (The Adventurer), tel est le tableau. La djfttrence qu’il y a entre le titre anglais et la traduction) tranfaise peut sufpfendre. 11 semble que le propose ft’ait jamais connu l’anglais, — ni le cin6ma. Mais comme, en France, on donne un titre nouveau 4 ces aarrc% le hasard n’est pas. incapable d’ohtenir un jour la 1 traduction vraie.
En mime temps que ces films marquent un ipa-
nouissement du talent de Chaplin et un progres technique de la mise en seine, ils obtiennent ce que Chaplin, mime anglais , a si obstinfcment’ demand^ : la suppression des tartes a la erdme abusives, des coups pour les .coups, des chiftes inutiles au rythme bouffe du rtcit. Enfin les personnages sont des types ■ non seulement pour tel ou tel film, mais forment un ensemble special, avec des caracteres, comme la com^die italienne du XVIIe et comme la pantomime
‘■hritannique du XIXe. 11 est probable que si, au con-
brake' du theatre, le cinema ne reniait pas chaque jour ce qu’il a fait la veille, il se serait constitu£ un ripertoke de types bouffes et de parodies visuelles tout 4 fait curieux. Mais ces essais suivent le tourbillon d&yorateur de Chaplin — qui ne serait pas