ACTE I. SCÈNE I
Sur la haine du meurtre et de la dictature,
Sur tous les bons instincts de l'humaine nature,
Sur les départements qui vont, tous à la fois,
S'armer pour notre cause et la cause des lois.
— Déjà mes Marseillais s'excitent par avance; 335
Ils sont mille, tous fils du soleil de Provence,
Chacun d'eux a reçu de ses pauvres parents
Deux pistolets, un sabre, un fusil, six cents francs.
Ils ont fait un dix août contre les royalistes;
Ils sauront en faire un contre les anarchistes. 340
siEYÈs, j^ levant et s^ approchant de Barbaroux.
J'aime en des jeunes gens cette noble chaleur;
Mais chez l'homme d'État c'est un public malheur.
Raisonnez: — la Commune a des droits formidables
Qui gardent ses accès partout inabordables ;
Contre l'attaque ouverte ou le complot secret 345
Elle a la force armée et les mandats d'arrêt.
Les clubs ont avec eux le peuple qu'ils caressent;
Vous avez aiguisé ces armes qui vous blessent;
On s'en sert aussi bien que vous vous en serviez.
Contre vous qui blâmez ce que vous approuviez. 350
— Et vous voulez, bravant à ce point la fortune,
Affronter dans Paris les clubs et la Commune!
Vous croyez terrasser, par d'éloquents discours,
Les triumvirs aidés d'un si puissant secours!
Des décrets! voilà donc ce qui fait votre audace? 355