I-e décret, sans la force, impuissante menace
Menacer sans frapper, ou frapper à demi.
C'est fournir un prétexte aux coups de l'ennemi.
— La France, dites-vous, saura bien vous défendre?
Mais les départements n'auront pas pu s'entendre, 360
Que tous vos ennemis, dans Paris rassemblés,
Sous leur effort commun vous avutoxvV ^cçj5\?vfe.^«
CA. Cot. ^
l8 CHARLOTTE CORDAY.
N'espérez plus alors que Ton vienne à votre aide;
Les amis des vaincus n'ont qu'un dévoûment tiède,
Et de quelque façon qu'on les ait obtenus, 365
Les succès ont partout des amis inconnus.
Vous verrez comme on fuit la requête importune
Et la contagion d'une grande infortune!
— Croyez-moi, modérez un imprudent courroux,
Qui ne peut que vous perdre et la France avec vous. 370
BARBAROUX
Je reconnais, Sieyès, votre raison profonde ; Mais j'écoute plutôt l'instinct de tout le monde. Le sentiment me dit qu'en ceci comme ailleurs Les moyens les plus francs sont aussi les meilleurs. Que l'honnêteté simple est l'art le plus habile; 375
Qu'un parti qui louvoie est un parti débile; Et qu'il n'est point de cas oh la raison d'État Consiste à pactiser avec l'assassinat
SIEYÈS
Eh ! ne pactisez pas ; mais préparez la guerre. — Essayez d'isoler Marat et Robespierre. 3S0
— Faites-vous des amis. — Pour vous citer deux noms, L'appui de Dumouriez vous donne des canons.
Et de ces triumvirs, qu'avec vous je déteste. J'en sais un qui peut être aussi bon que funeste. Oui, l'un des triumvirs, le plus puissant de tous, 3C5
Peut sauver le pays, s'il s'entend avec vous. Il le peut, s'il le veut; — il le voudra. J'en jure Les grands égarements d'une noble nature.
Un homme comme lui ne fait rien à demi; Par l'orgueil de son crime en son crime affermi, 390
S'il trouve une autre voie à conquérir l'estime J^Ji/s il fut criminel, plus il sera sublime.