‹ Charlotte Corday: A TragedyChapitre 2 sur 161 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Quand, voyageuse opiniâtre,

J'eus parcouru le monde ancien,

Je descendis sur le théâtre.

Devant le peuple Athénien.

Je mis sous les yeux de la foule 25

L'événement q^ui se déroule

De la cause jusqu'à l'effet;

Je fis voir, dans mes chants sévères,

Aux fils ce qu'avaient fait leurs pères,

Et ce qu'eux-mêmes avaient fait. 30

O Athènes ! ô ma patrie !

Ton nom sera toujours chanté.

Ton lait vigoureux m'a nourrie;

Je paie en immortalité.

Laissons l'inglorieux Satrape, 35

Dont le nom ignoré m'échappe.

S'endormir dans la pouïpre et l'or.

Malheur à qui craint la lumière!

L*Asie est morte tout entière;

-^Terre des arts, tu vis encor ! 40

\^Eiie ^'avance vers h public.']

Et vous, qui vous nommez les héritiers d'Athène, Français, n*oserez-vous me voir sur votre scène? Je ne déguise rien; je dis tout dans mes vers; Je suis fière, il est vrai; mais je parle aux cœurs fiers. Il n'appartient vraiment qu'aux races dégradées 45

D'avoir lâchement peur des faits et des idées. Sur un événement épaississez l'oubli.

Vous n'empêcherez pas qu'il ne soit accompli* En vain vous contraindrez les bouches au silence; L'esprit s'indignera de cette violence; 50

I^<aj3s J'ombre et le secret vos monstres grandiront.

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