‹ Charlotte Corday: A TragedyChapitre 30 sur 161 · ACTE IL SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IL SCÈNE V

Oui, j'y vais; mais, avant de songer à vos hôtes, Permettez qu'envers vous je répare mes fautes.

{JS//e va chercher un mantelet dont elle couvre les épaules de sa tante, — Elle ^agenouille devant sa tante, et lui glisse un coussin sous les pieds."] Croisez ce mantelet. — Vos pieds sur ce coussin. 925

— Après un jour d'été l'air du soir est malsain. — Comment vous trouvez-vous aujourd'hui?

MADAME DE BRETTEVILLE

Bien, ma fille.

Mais regarde-moi donc 1 — Dieu ! comme ton œil brille I

[Elle lui prend les mains.] — Tes mains sont chaudes !

Non...

MADAME DE BRETTEVILLE

Ton visage est vermeil !

— Qu'as-tu donc?

CHARLOTTE, sc relevant et ^éloignant un peu.

Ce n'est rien. — La marche... le soleil... 930

Tu te fatigues trop, mon enfant; tu t'exposes

Trop souvent au soleil qui brûlera tes roses;

Et ce serait dommage. — Eh bien! a-t-on fauché? .

Oui, ma tante, et déjà nous sommes en marché; J'ai presque tout vendu.

MADAME DE BRETTEVILLB.

Bon! c'est une ressource. ' 935 Nous avons grand besoin de grossir notre bourse. OU vas-tu?

Préparer votre boisson du soir.

[Elle sort à gauche,]

MADAME DE BRETTEviLLE, au viciix gmtWiomfne, Comment la trouvez- vous ?

LE VIEUX GENTILHOMME

C'est un angel

MADAME DE BRETTEVILLE

Il faut voir!

Elle est mon intendante et ma garde-malade ; Elle me sert d'appui pendant la promenade; 940

Sur la lenteur du mien elle règle son pas, Et je n'aime à sortir qu'en lui donnant le bras.

[Charlotte rentre, apportant une tasse qu^ elle pose

prh de sa tante.]

MADAME DE BRETTEVILLE, à Charlotte, en lui montrant le vieux gentilhomme.

Viens; que je te présente à mon compatriote; — Un compagnon d'enfance, — un vieil ami, Charlotte. [Le vieux gentilhomme salue Charlotte, qui lui fait une gracieuse révérence,]

Soyez le bienvenu, monsieur, et croyez bien 945

Qu'un ami de ma tante est d'avance le mien.

LE VIEUX GENTILHOMME, à madame de BrettevUk.

Charmante I

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