ACTE III. SCÈNE I
Pour moi, je ne veux plus qu'une affection douce,
Égide impénétrable où tout affront s'émousse,
Un petit coin de terre, arrangé par mes mains,
Mes travaux d'autrefois, et l'oubli des humains. 1395
Eh bien ! moi, Barbaroux, mes vœux seraient tout autres.
— Si je pouvais agir comme vous et les vôtres.
Dieu tout-puissant, dirais-je, accorde-moi l'honneur
D'offrir à mon pays ma vie et mon bonheur;
Plus orgueilleux encore est l'espoir qui me flatte; 1400
Permets que je les offre à la patrie ingrate,
Pour que mon dévoûment, payé par des mépris,
Se suffise à lui-même, et trouve en soi son prix.
— Hélas ! que deviendra la malheureuse France
Si les méchants, eux seuls, ont la persévérance! 1405
Et contre leurs fureurs quel rempart aurons-nous.
Si tous les gens de bien raisonnent comme vous?
BARBAROUX
Les gens de bien! — Tenez, n'en parlons pas, Charlotte. Les lâches ! — J'aime mieux en cor les sans-culotte. Ceux-ci font preuve au moins de féroce vigueur; 1410 Les autres, qu'ont-ils fait qui montre un peu de cœur? Ils n'ont pas seulement ce courage suprême Qu'un poltron aux abois trouve dans sa peur même. Les gens de bien ! — Pas un, dans le commun danger, Ne s'est levé pour nous qui les voulions venger! 1415
Il en apparaîtra.
BARBAROUX
Non; pas un seul.
Peut-être I Je ne sais quoi me dît qu'un Bt\itv3LS n^ ^?ci?^\x^.
Non, non; tout dégénère, et crimes et vertus. Marat n'est pas César; personne n'est Brutus.
CHARLOTl'E.
Qui sait!
[On entend des roulements de tamdour.]