VOIX DU DEHORS
Vive la République!
[Tous ceux qui sont à V intérieur agitent leurs cha
peaux. — Le refrain de la Marseillaise klate avec forceJ]
BARBAROUX, un pcu en arrihre des autres Girondins,
Heureux jeunes soldats! 1440
Joyeux et confiants, ils marchent aux combats, Ils croient à la justice, et s'étonnent des crimes. — Nous aussi, nous avions de ces élans sublimes. [Charlotte r observe et P écoute attentivement,']
BUZOT, à Barbaroux.
Pourquoi donc, Barbaroux, ces mots décourageants? N'as-tu pas bon espoir, à voir ces jeunes gens? 1445
[On n^ entend plus la Marseillaise que dans le lointain.]
BARBAROUX
Dieu veuille qu'en ceci je sois mauvais prophète, Buzot; mais nous marchons, je crois, à la défaite. Quelle armée avons-nous? un millier de Normands. Où sont les bras promis par les départements? Ils sont soixante et dix, qui font pour notre cause 1450 En paroles beaucoup, en œuvres peu de chose.
— Sieyès ! prudent Sieyès ! vous aviez bien raison ! Ailleurs TindifFérence ! ici la trahison !
[// montre îVimp/en.] Tu vois ce général; crois-tu qu'il nous seconde? Il défend les Bourbons et non pas la Gironde. 1455
Ainsi notre drapeau devient le rendez-vous Des vieux partis vaincus qui se servent de nous, S/ bien qu'environné de périls, je redoute I^our nous unç victoire autant qu'une détoute.