ACTE IV. SCÈNE I
DEUXIEME CITOYEN
Ah ! brigands de vingt-deux !
TROISIÈME CITOYEN
Nous n'en serions pas là, si, quand nous étions maîtres, On eût, le trente-un mai, massacré tous les traîtres.
QUATRIÈME CITOYEN
Danton les a sauvés.
DEUXIÈME CITOYEN
C'est la faute à Danton. 1580
TROISIÈME CITOYEN
C'est notre faute à nous; pourquoi Técoute-t-on ? — Ne saurons-nous jamais agir à notre guise ? Sommes-nous des moutons, pour que Ton nous conduise? Pourquoi nous nommons-nous le peuple souverain. Si nous avons des chefs qui nous mettent un frein? 1585 — Tenez: on nous endort par de belles paroles, Et le peuple est toujours dupe de ses idoles. Vous croyez bonnement qu'on songe à vos besoins; Allons donc ! c'est de quoi l'on s'occupe le moins. C'est un texte, oh l'on cherche un succès de tribune, 1590 Et qu'on met de côté, dès qu'on a fait fortune. —Ah! si vous étiez tous résolus comme moi, Je sais bien, pour ma part, ce que nous ferions.
DEUXIÈME CITOYEN
Quoi?
QUATRIÈME CITOYEN
Qu'est-ce que nous ferions?
TROISIÈME CITOYEN
A quoi bon vous l'apprendre !
Vous n'avez pas assez de cœur poMt V^tvXx^y^^"^^^. V;5^s
PLUSIEURS CITOYENS
Sil
DEUXIÈME CITOYEN
Monte sur la chaise et fais ta motion.
[Z^ troisième citoyen monte sur une chaise. — Tous les groupes se rapprochent de PorateurJ^
l'orateur.
Répondez donc d'abord à cette question :
— Qui descend dans la rue, alors qu'on se fusille?
LES CITOYENS
Nous.
Qui se fait tuer ?
l'orateur.
Nous.
LES citoyens.
Nous.
l'orateur.
Qui prit la Bastille?
les citoyens.
l'orateur.
Qui fit le dix août?
quatrième citoyen.
C'est nous qui l'avons fait 1600
l'orateur.
Et le trente-un mai?
LES citoyens.
Nous.
l'orateur.
Oui; c'est nous en effet La révolution est donc notre conquête ', —-Qui doit en profiter, alors?