‹ Charlotte Corday: A TragedyChapitre 58 sur 161 · ACTE IV. SCÈNE I. 8l · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE I. 8l

QUATRIÈME CITOYEN

Ceux qui Tont faite.

l'orateur.

Eh bien ! à quoi nous sert de nous être battus ? — Sommes-nous mieux logés?

PREMIER CITOYEN

Non, vraiment.

l'orateur.

Mieux vêtus? 1605

LES CITOYENS

Non.

l'orateur.

Mieux nourris?

LES CITOYENS

Non. Non.

l'orateur.

C'est la même misère.

Pire encor. — Nous manquons même du nécessaire.

LES citoyens.

C'est vrai. C'est vrai.

l'orateur.

Pendant que nous mourons de faim Les ennemis du peuple, eux, ont toujours du pain.

LES citoyens.

C'est vrai.

l'orateur.

Les beaux hôtels, les tables délicates 1610

Sont, comme auparavant, pour les aristocrates.

LES citoyens.

Oui.

Ch. Cor,

QUATRIÈME CITOYEN

C'est la vérité.

l'orateur.

Si bien que ces fripons Sont plus heureux, vaincus, que nous qui triomphons. — Est-ce juste ?

LES CITOYENS

Non. Non.

l'orateur.

Savez-vous à quoi servent Tous ces gros revenus que les riches conservent? 1615 A tramer des complots, à chercher les moyens D'ôter la subsistance aux pauvres citoyens !

QUATRIÈME CITOYEN

Canaille !

l'orateur.

Vous voyez comme le pain est rare !

DEUXIÈME CITOYEN

On n'en a plus.

l'orateur.

Pourquoi? parce qu'on l'accapare.

PLUSIEURS CITOYENS

Mort aux accapareurs !

DEUXIÈME CITOYEN

Tuons-les 1 nous aurons 1620

T^ farine et le reste au . prix que nous voudrons.

\Paidant que V orateur parie, des passants ^Rapprochent et grossissent ie groupe, — La petite fiiie gui jouait aux pieds de sa mère, vient vers le groupe et r examine curieusement; sa mère, entendant les cris des citoyens, recourt vers elle et la ramène au fond du théâtre.]

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