ACTE IV. SCÈNE VI
— Écoutez-moi: je suis la femme d'un luthier;
Nous gagnons notre vie à cet humble métier. 1885
Pour un hôte de plus ma table est assez large ;
— ^Venez; ne craignez pas de nous être une charge.
Aux travaux de notre art je puis vous employer,
Et Toeuvre de vos mains paîra votre loyer.
Vous êtes heureuse?
LA JEUNE FEMME
Oui; nous vivons en famille. 1890 J'assiste mon mari; je vois grandir ma fille.
Vous n'avez donc pas peur ?
LA JEUNE FEMME
Mais non. Que craignons-nous ?
Notre deîstin obscur n'attire pas les coups; Et d'ailleurs mon mari, content dans son ménage, Ne hante pas les clubs et reste à son ouvrage. 1895
CHARLOTTE, à elle-même.
Il est donc dans Paris, dans l'enfer déchaîné, Pouvant s'aimer en paix, un couple fortuné !
\Elle se lève et fait quelques /as,] Ah! qui suit la nature est dans la bonne voie: C'est là qu'est la sagesse, et c'est là qu'est la joie !
LA JEUNE FEMME
Eh bieni acceptez-vous mon offre?
Je ne peux. 1900
[Elle revient vers la jeune femme et lui prend la mam,] Je vous en remercie, et vous suis de mes vœux.
lOO CHARLOTTE CORDAY.
Jouissez d'un bonheur dont je me sens jalouse. — Adieu, joyeuse mère ! — adieu, joyeuse épouse !
[Avant de sortir, elle regarde encore la jeune femme et la petite fille, à qui elle tend les bras. La petite fille va Pembrasser Charlotte sortJ]