DI' MADAMK IU)I, \NU
HENRIETTE
A mes vœux tu le rends, N'est-ce pas? Le temps luit , le supplice s'apprêle, L'aube va ramener la lalale cbarretle : Oh ! viens, sous mes habits que lu vas revêtir, Sans soupçon les geôliers le laisseront sortir ; Passe sans te troubler devant le poste, et marche Jusqu'au pont Saint- Michel : là , sousla première arche Une barque t'attend.
MADAME KOLAM).
Quoi ! sitôt nous quitter !
HENRIETTE
Prends cet or, hâte-toi !
Laisse-moi l'écouter !
Chaque mot que tu dis dans mon cœur ému vibre ! Ah! crois-moi, je préfère au bonheur d'être libre Les sentiments si beaux que j'ai su l'inspirer. Oh! ne l'éloigné pas, laisse-moi l'admirer!
210 I.KS DKUNiÈRES IIKURES
HENRIETTE
M'éloigiier? mais c'est toi qui pars, moi je demeure. Tu nem'écoutes pas, tu laisses passer l'heure...
Qu'elle est belle cette heure où mon ame comprend Tout ce que vaut ton cœur si dévoué, si grand!
HENRIETTE
Cette heure, tu la perds !
Goûtons-la calme et tendre, Sans douleur, sans regret.
HENRIETTE
Je ne veux plus t'entendre.
Viens, oh ! viens, sauve-toi 1
Fol espoir ! si ton cœur,
nr: madame hol\m). 211
Dans ce combat touchaiîl du mien restait vainqueur,
Ne crois pas assurer mon salut parla iuite ;
A l'instant mes bourreaux seraient à ma poursuite.
Quel asile espérer? rinfame dictateur
De chaque citoyen a fait un délateur;
Et comme pour railler ton dévoùment sublime^
Après toi réchafaud me prendrait pour Yictime.