‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 11 sur 174 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les MEMES, HENRIOT.

HENRIOT

Amis! il est trop vrai; Marat n'est plus. Meâ yeux ont vu le coup funeste : Sa mémoire, son nom est tout ce qui nous reste. Près de ce corps sanglant, nos partisans troublés, Semblent, dans leur effroi, par la foudre accablés. Son assassin hardi, cette femme étonnante, Tranquile au millieu d'eux, les glace d'épouvante. Son visage est serein, son port majestueux; Les cœurs sont étonnés de l'éclat de ses yeux; * Jeune et belle : on diroit que les Dieux en colère ',

* Variante, au crayon : Oue des Dieux la colère.

16 CHAULOTTE CORDAI.

A de si tendres mains n'ont remis lenr tonnerre,

Oue ponr donner an monde nn exemple plus grand.

La foule, à son aspect, maitrisée un moment,

A paru balancer entr'elle et sa victime.

Que vous dirai-je enfin? Si le peuple s'anime,

S'il peut avoir le temps de juger entre nous,

Qui sait, s'il nous connait, ce que peut son courroux?

Ilatez-vous donc, jugez, ordonnez.

SECHELE.

Sort terrible !

A de telles vertus faut-il être insensible?

DANTON

Commandant, il suffit; allez, et dans la tour Enfermez cette femme.

(Henriot sort.)

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