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Deux lettres a I.empereiir Joseph H l'une sur lémij^M-ationlaiitre sur Lesclavage qui sont deux chefs-cr<riivre
«le raison et (TRlociuence '.
Plusieurs i)ro('liures sur les finances sur la compagnie (les eaux établie a paris sur une compagnie pour les incendies qui étoit sur le point de se former.
! n ouvrage inlinimeut utile qu'il composa en commun avec M. (-laviere .S(^r les rapports a établir entre nous et les états-unis dumerique ces Rapports de commerce et de politique étoient traités dans le plus grand détail et j)resentes avec tous leurs developpemens la balance des importations et des exportations étoit calculée par une approximation que tous les hommes qui avoient approfondi la matière regardoient sapprocher absolument de la vérité ^.
ou le courage de s'écarler de la rouie des autres historiens, de censurer les principes serviles de Hume, de braver l'opinion publique qu'il avait su captiver.
' Composées en i78o pendant une retraite de Brissot chez un de ses amis de collège , prieur dans le Dunois (p. 401). Mais Brissot, loin de puiser dans cette atmosphère une inspiration paisible, écrivit sous le coup de l'irritation produite chez lui par l'arrestation arbitraire dont il avait été victime. « Les ouvrages que je publiai en 1785, dit-il, en portent les caractères de fea. Je citerai entre autres mes deux lettres à l'empereur Joseph II. » [Réponse, p. 401 .)
- Traité sur les rapports entre la France et les Etats-Unis , publié en 1787 sous le nom de Clavière et de Brissot. « On s'apercevra facilement, dit Brissot, que toute la partie commerciale appartient à cet homme profond. » Quant à la partie politique, Brissot espérait que le tableau de la prospérité future des Américains inviterait ses compatriotes à imiter leur conduite et à recouvrer enfin leur liberté. P. 414. Brissot a dit avec plus d'énergie et de bonheur dans sa Réponse aux libellistes en parlant du même ouvrage, p. 22 : « Je voyois dans la communication de ces deux peuples l'étincelle électrique qui devoit allumer la liberté en France. »
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Le sort des malheureux africains esclaves dans nos colonies touchoit profondement l'ame sensible et libre de brissot il raeditoit sans cesse sur les moyens qui pouvoient adoucir leur destinée et les rendre insensiblement a l'état d'homme il avoit fondé une société des amis des noirs, semblable a celle établie a Londres et a plusieurs créées dans les etats-iinis de lamerique, il avoit lié des correspondances avec ces diverses sociétés et c'est lui qui étoit lame de celle qui lui devoit naissance il passoit une partie considérable de son temps a écrire et amasser des matériaux sur la traite sur le régime de nos colonies sur leur commerce et il étoit extrêmement versé dans cette partie '.
Il n'y a pas un des membres de cette société qui ne puisse rendre justice a cet égard au zèle pur et vraiment respectable de brissot. On a voulu a cet égard jetter des soupçons sur les vues qui lanimoient on a été jusqua dire qu'il avoit fait de cette cause de l'humanité une spéculation d'intérêt un Vil Trafic rien n'est plus atrocement calomnieux. Non seulement brissot n'a fait aucun bénéfice en se rendant le défenseur officieux et l'apotre de cette classe d'hommes infortunés mais il y a emploie gratuitement son tems et dépensé son propre argent. Plusieurs des écrits qu'il a répandu sur l'abolition de la traite en faveur des noirs, en faveur des hommes libres de couleur ont été imprimés à ses frais.
^ C'est pendani son dernier séjour en Angleterre que Brissot fut reçu membre d'une association formée à Londres pour Vabolition de la traite par Granville Sharp. T. III. p. 2. De retour à Paris, il fonda une société des amis des noirs, à rimilation de celle de Sharp. Parmi ceux qui concoururent avec lui à cette fondation on remarque Lafayette, Bergasse, ^lirabeau. Carra, Valady, etc. Màn. de Brissot,
t. ni, p. ^i.
•2:5G DOCr.MKXTS.
Ce (|ii'il a |)iil)li(' sur ces matières iniportanles pendant trois années fonneroit des volumes in-folio personne en Fi'unce n'avoit a cet éi^ard des connoissances aussi étendues aussi approfondies.
11 annonça un ouvrage qui auroit été immense et dont il lit paroitre le premier Vol. intitulé Recherches sur la Vérité. Il se proposoit d'examiner ce qu'on avoit découvert de vrai et de constant jusqu'à ce jour dans les diverses parties des connoissances humaines '.
Il proposa aussi par souscription une traduction du Paradis perdu de Miltoii et une autre de son Paradis conquis il étoit fort avancé dans ce travail qu'il, ne publia pas vu que le nombre des souscripteurs ne couvroit pas les frais d'impression.
Une occasion se présenta pour brissot de faire un voiage dans les états-unis de Lamerique il la saisit avec empressement une compagnie desiroit traiter avec le Congrès de la dette qu'il avoit contractée avec la France sauf ensuitte a sarranger avec le gouvernement francois. brissot etoit en correspondance avec les principaux auteurs de la révolution américaine il connoissoit la langue du pays personne ne parut plus propre que lui a négocier cette affaire, brissot consentit à sen charger mais négligeant comme a l'ordinaire ses intérêts il ne demanda pour toute recompense que les frais du voiage il se trouvoit trop heureux de parcourir un sol ou
' De la Vérité ou Méditations sur les 7noije>is de parvenir à la Vérité dans toutes les connoissances humaines, 1782, à Neufchàtel , in-8" de 368 pages. « Ces Méditations doivent être regardées comme Tintroduclion d'un grand ouvrage. Je me proposois de rechercher ce qu'il y a de certain dans les connoissances humaines, d'en donner le bilan. [Réfjonse de Jacques -Pierre Brissot à tous les libellistes. Paris, 10 août 1791.1
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L'homme etoit libre de voir des habitans heureux dont les mœurs étoient pures un pays dont il se faisoit les plus belles images '.
Le Voila donc rendu en amerique la pendant six mois il parcourut le pays en observateur, il vit les personnages les pins recommandables il eut plusieurs conférences avec Waginsthon " il recueillit sui- la révolution de ce pays sur son mouvement sur son agriculture sur son commerce une foule de matériaux précieux il avoit pris la résolution de se fixer. dans la pensylvanie il avoit écrit a son beau-frere a ce sujet il avoit pris des arrangemens avec lui et son beau-frere qui a force d'intelhgence de soins d'opiniâtreté s'etoit fait une habitation
• « Au moment où j'ai désespéré de la destruction du despotisme, trop tier pour me courber sous son joug insolent, trop ennemi de l'inégalité pour en laisser l'odieux spectacle à mes enfans, j'étois passé en Amérique pour m'y fixer au sein d'une République. Celle qui par sa grandeur et sa simplicité méritoit plus mon estime et mon attachement, la Pensylvanie m'avoit adopté pour un de ses enfans; j'y préparois mes tentes, lorsque la nouvelle de la Révolution m'a subitement arraché à ma nouvelle patrie. J'ai volé dans l'arène et j'ai marqué mon retour par des écrits qui, j'aime à le croire, n'ont pas été inutiles au parti populaire. » [Réplique de J. P. Brissot à Stanislas C 1er mont , p. 9.)
On regrette que parmi ces écrits se trouvent deux factums destinés à défendre la création d'un Comité des Recherches dont Brissot avait été nommé membre et qui n'était que la résurrection des vieilles pratiques inquisitoriales, le prélude du Comité de salut public. On regrette aussi de trouver dans ces pages des expressions sanguinaires qui contrastent avec les théories pacifiques professées par Brissot dans ses livres*.
- Voyez les chapitres premier et second du troisième volume des Mémoires de Brissot, chapitres dans lesquels il raconte son voyage en Amérique et sa visite à Washington , dans la résidence du Cincinnatus américain à Mount-Yernon.
* En parlant des gardes du corns massacrés le 6 octobre : •< Mais ce forfait , si c'en est nn ... ! »
;>;!S DOCIMENTS.
assez avantai^euse sur le sol de Russie abandonna cette proprit- lé (jui a la vérité fut ravagée par les Turcs pendant la guerre et se rendit en anierique avec le peu de lapitauNL (ju'il put sauver du naufrage brissot lit dans les papiers américains qu'il est question en France de la (Convocation des états-géneraux qu'une révolution se prépare ne consultant alors que son penchant pour la liberté et T amour de son pays il abandonne son projet se rend en France, au moment ou son beau-frere, sans {piil le sut arrivoit en amerique de sorte qu'il n'eut pas même le plaisir de voir et d'embrasser cet ami si dévoué.
Brissot n'eut pas plutôt mis le pied en france qu'il soccupa des moyens de develloper les premiers germes de lesprit public de préparer les françois a la liberté « écrivons, écrivons disoit-il a ses amis il n'y a pas un moment a perdre. »
Il commencaparreléverdansunelettrepleine d'énergie et de dignité des erreurs très-dangereuses échappées au mar([uis de Chatelux dans ces volages d'amerique.
Ce marquis qui avoit vu Lamerique un peu en petit maître rendoit peu de justice a ces généreux républicains et jugeoit des mœurs des femmes par une ou ' deux courtisanes qui étoient venues s'établir dans ce pays insultoit les quakers dont il ne connoissoit pas les instituts et ignoroit les loix faittes pour amener graduellement la liberté des esclaves dans ceux des états ou lesclavage subsistoit encore.
Cette lettre fit beaucoup de bruit, elle étoit écrite dans un genre qui n'étoit pas encore familier, les gens de lettres a petites bienséances trouvèrent que l'auteur n'avoit pas eu pour M. le marquis tous les égards qu'il
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lui devoit qu'il avoit manqué de politesse et d'urbanité, mais les hommes a caractère admirèrent la force la noblesse du style d'un homme libre '.
Brissot a son tour pu])lia son voyage en trois vol. parla des mœurs des usages des loix de l'agriculture du commerce des finances des états-imis en homme qui a bien vu qui a approfondi ces objets.
On ne peut se dissimuler cependant que cet ouvrage auroit pu être plus soigné et qu'il fut fait avec trop de rapidité, brissot lui-même en convenoit et ce qu'il disoit a cet égard est remarcjuable et peint une qualité bien rare dans un homme et surtout dans un liomme de lettres « il s'agit bien, disoit-il, de la réputation » d'auteur, des choses, des choses, il importe fort peu )) la manière dont elles sont dites le tems nous presse -. »
Brissot en effet étoit peut-être de tous les hommes
1 « Si un auteur peut être entendu coname juge de ses propres ouvrages, je puis dire que cet Examen critique du voyage de Chatellux doit être préféré à tous ceux qui sont sortis de ma plume... L'énergie en paraîtra sans doule extraordinaire si l'on se reporte au temps de sa publication, en 1786. Les académiciens ne pouvaient pas revenir de leur étonnement en voyant l'insolence (c'était leur mot) avec laquelle je traitais un marquis académicien et dont A'oltaire même avait fait l'éloge. Aussi quelques journalistes essayèrent-ils de le venger, et parmi eux Scipio Maffey, rédacteur du Journal de Paris, etc.
» Cet ouvrage fut le fondement de mes liaisons avec les quakers de l'Amérique, etc. » P. i04.
2 « Sans doute j'ai publié trop jeune, je n'ai jamais assez soigné mes ouvrages, je n'ai jamais mûri mes idées; mais un motif noble et généreux, suivant moi, causait cette insouciance. Dans l'ardeur qui me dévorait pour renverser le despotisme, je songeais qu'il fallait frapper à propos, souvent et fortement, et l'à-propos se perdait en ne s'occupant que de limer son style. C'est ainsi que je sacrifiais au bien public la gloire ([ue j'aurais pu acquérir en perfectionnant mes écrits. » Mém.. t. I''', p. 3.
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celui (|iii ôloit le moins avide de i;loire ' ses idées il les coiniiHiniciuoit sans réserve a ses amis, ses matériaux il les donnoit de même, et leur abandonnoit des discours (oiits laits sans jamais leur demander qu'on parlât que les choses venoient de lui et sans trouver mauvais qu'on le passât sous silence, il ne songeoit réellement ((ira rtre utile.
Un des écrits les plus remarquable qu'il fit alors fut son appel au peuple écrit dans lequel il discute avec |)rofondcur les droits de souveraineté qui appartienuenl a un(^ nation ceux de ces droits quelle peut déléguer sans nuire a la liberté et dans le quel il examine le mode qu'on peut emploier pour soumettre une constitution à la ratification de tout un peuple.
Il entreprit un journal'- et c'est à cet ouvrage qu'il atlachoit le plus d'importance « c'est avec les journaux, disoit-il, que la révolution s'est faitte en ame-
1 Brissot dit au contraire : « J'ai prodigieusement aimé la gloire. » T. I'"", p. 2. Mais Petion explique sa pensée : il veut dire que Brissot n'était pas jaloux de sa réputation, que, semblable à Diderot, il prodiguait sa plume sans revendiquer le succès de ses productions littéraires mises sous le nom d'autrui. C'est l'histoire de Raynal et de Diderot (jue Brissot rappelle parfois par la facilité, nous ne disons pas par le génie.
- Le Patriote français, par Brissot de VVarville, journal qui commence le 28 juillet 1789 et finit au numéro 1388, le 2 juin 1793. Brissot avait placé en tête de sa feuille cette épigraphe : « Une gazette libre est une sentinelle avancée qui veille sans cesse pour le peuple. »
Le Patriote françois recevait les communications de Petion, Condorcet, Roland et madame Roland. Il acquit une importance de plus en plus grande et devint une véritable puissance. Petion y faisait paraître les lettres, avis, observations qu'il avait à publier comme maire de Paris. On comprend dès lors l'intérêt qui le porta à consacrer cette Notice à la mémoire de Brissot. Consulter V Histoire des Journaux pendant la Révolution, par Léonard Gallois, t. I'''', ji. 188-436, et Hatin, Histoire de la Presse, t. \. p. 1.
PETION SUR IHllSSOT. 241
rique ', quel avantage de pouvoir parler tous les jours a cinquante, cent mille hommes et de faire entendre sa voi\ dans toutes les parties de la France. »
Cet ouvrage périodique est un de ceux qui restera un de ceux qui sera le plus utile a l'historien il a cela surtout de remarquable quil est consacré aux vrais principes de la liberté.
Ce quil a fait dans Lassemblée Législative et dans la Convention est trop connu pour en parler...
Il était bon père, bon époux, bon citoyen.
A rch ivf'S impériales .
Comité de salut public.
31 mai. Affaire du Calvados.