‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 16 sur 174 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

La France!... elle a perdu son plus grand citoyen.

Qui veillera pour elle et sera son soutien ?

Ah! pourquoi fallait-il que dans ce jour de crime,

Puisque nos ennemis vouloient une victime,

Leur coup ne tombât pas sur quelqu'autre que lui?

Mais que dis-je? Français! voudront-ils aujourd'hui

Refuser à leur bras de nouveaux sacrifices ?

De leur profond courroux ce sont là les prémices.

Quand on frappe Marat, qui veut-on épargner?

Quel terme à leur fureur pourront-ils assigner ?

Peuple! ainsi tes amis sont penchés sur leur tombe :

La liberté périt, et ta cause succombe...

Ah! lorsque méditant un si noir attentat,

De leur funeste aspect ils souilloient le Sénat,

Lorsque tu le purgeas de leur sourde influence ;

Pourquoi ton bras, terrible au jour de ta vengeance,

Ne les brisa-t-il pas contre le mur sanglant?

Hélas ! nous n'aurions pas à gémir maintenant.

Les monstres ! . . . Ils n'ont pu , dans leur effort coupable,

Glacer par la terreur son zèle infatigable;

Ils n'ont pu le saisir dans ces sombres caveaux,

Ou trois ans, pour le peuple, il brava leurs Bourreaux :

Voila que par un Meurtre ils frappent leur victime.

Car quelle autre fureur eut conseillé ce crime ?

Une femme aurait-elle osé ce coup hardi ?

Cet effroyable coup dont son sexe a gémi.

Si des conseils affreux, si quelque main plus sure

N'eut façonné son cœur à braver la nature.

Us ont guidé le bras, ils sont les assassins :

(Clvirlotte Cordai entre.)

24 CHARLOTTE CORDAI.

Une femme égarée a servi leurs desseins : L'instrument des forfaits n'en est que le complice.

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