‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 160 sur 174 · HT · texte numérisé non relu

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Tel dans la terreur qui l'agite Au son des instrumens guerriers Le cerf bondit, se précipite, Fuit , revient par mille sentiers ; Tel est plus fugitif encore.

Des rivages où nait l'aurore A ceux où le soleil s'enfuit.

L'éclair, dans sa vaste carrière, Sillonne en longs traits de lumière Le crêpe sombre de la nuit.

Feu créateur, âme du monde.

Bienfaisante Électricité,

Tu remplis l'air, la terre, l'onde.

Le ciel et son immensité;

Tout s'anime par ta présence.

Ah! dis-nous quelle est ton essence!

Es-tu le principe immortel

Par qui tout se meut, tout respire;

Le feu qui m'anime, m'inspire,

Ou le souffle de l'Éternel?

Homme orgueilleux, de la nature Eu valu tu cherches le secret :

Est-ce à toi , foiblc créature , De savoir tout ce que Dieu sait'?

Non. C'est en vain que tu médites, Le ciel a tracé les limites Où la raison doit expirer.

Ce feu , soumis à ta puissance , Échappe à ton intelligence :

Tu dois te taire et l'admirer.

Suis-moi dans les plaines du vide, Mortel ! Sur le trône des airs.

Vois ce feu moteur; il préside A la marche de l'Univers.

Astres dont une main puissante Sema cette voûte éclatante , Parlez, qui vous tient suspendus?

Ah ! sans cette force immortelle , Roulant dans la nuit éternelle, Les mondes sd oient confondus!

Ces corps qui dans leur course immense Traînent leurs cheveux argentés,

' On trouve ici et dans la septième strophe quelques analogies lointaines, toute distance gardée, avec la huitième Méditation de Lamartine :

Arrête, orgueilleuse pensée ! ..

A la loi que je t'ai tracée

Tu prétends comparer ma loi !

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