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est à ses amis'. Imaginez une femme jeune encore, d'une figure plus agréable que belle, qu'on voit sans surprise mais qu'on quitte avec regret. La douce sensibilité brille dans tous ses traits, dans sa voix et plus encore clans ses yeux. Tout ce qui est vrai, beau, courageux, est sûr de lui plaire; elle s'y attache, elle s'y complaît avec simplicité, sans elTort, comme lui étant naturel et composant tout son bonheur. Pour nous elle a tout bravé; elle brave tout encore; je crois lire même dans son noble et généreux courage , que sans d'autres devoirs qui lui commandent une réserve qui l'afflige et la contient, elle ne voudrait partager avec personne le danger de nous conserver la vie.
>) 0 femmes ! femmes ! malheur à qui ne connaît pas votre prix! et vous que je n'ose nommer, vous notre amie, notre sœur; vous, à qui nous devons tout sur la terre; modèle de courage et de vertu, quand nous sommes abandonnés, proscrits, condamnés à mort, par quel charme inconcevable pouvez-vous encore nous rattacher à notre existence infortunée, nous la rendre chère comme votre propriété la plus aimée, et surprendre jusque dans nos cœurs flétris par de longs chagrins quelques sentiments de plaisir et d'espérance ?
» Encore, dans ce jour où votre industrieuse et touchante amitié a paré de quelques fleurs nouvelles le pauvre et sombre asile qui nous recèle, vous nous avez rappelé le doux souvenir de notre liberté passée. Hélas ! ces roses du printemps, leur tendre et vert feuillage, nous ne songions plus à les revoir! Bientôt, images fidèles de nos passagères vies, ces fleurs fanées retour-
1 Mémoires de Buzot, p. -1 91 .
neront au sein de la nature, qui ne les fit éclore que pour un moment. Ainsi, tout passe sur la terre, grâces, beauté, jeunesse; la vertu seule survit au temps, qui ravage tout le reste; et quand nous ne serons plus, quand nos éléments confondus reposeront dans la paix de la tombe, que vous n'aurez plus vos amis à consoler, vos frères à secourir, il vous restera de nous le souvenir de vos bienfaits '. »
Dénonciation contre Bouqucij, bcau-frere de Guadet.
Le nommé Bou(iuet, frère de Guadet, député, a été nommé par Roland Régisseur du château de Saint- Cloud; il a reçu constamment cliés lui, trois fois par semaine, pour y tenir des Assemblées, les nommés Brissot, Vergniaux, Gensonné, Petion, Buzot, etc.
On présume qu'il doit se trouver dans le château des papiers très importans.
La femme de Brissot a logé assez longtemps dans le château, et n'en est sortie qu'à cause des murmures que sa présence y a occasionné.
Elle demeure actuellement rue des Ursulines, à Saint-Gloud. On pourra également trouver chés elle des papiers très importans.
Signé : Freron.
Rue SrJnt-Florcntin , Section des Tuileries^ n" 674.
Paris, ce 3 juin 1793.
Papiers du Comité de surveillance du département de la Seine, Cartons 1 8, 20, 39. — Archives de l'Empire.
' Dubroca {Femmes célèbres de la Révolution) a consacré, sous le litre Hospitalité, plusieurs pages au dcvouement de madame Bouquey ■p. 187 à 200).