‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 162 sur 174 · BARBAROUX · texte numérisé non relu

BARBAROUX

de faire connoître à nos Enfans, à nos amis, aux Français maintenant si cruellement pervertis, à tous les hommes indignés des horreurs qui désolent notre Patrie; c'est vous, dis-je, que nous chargeons de leur faire connoître ce que nous avons fait pour la Liberté, pour la Vertu, nos Efforts inutiles, nos longues souffrances et vos propres bienfaits, car vous êtes digne des hommages du monde. Encore une fois, nous vous confions ce que nous avons de plus prétieux (sic)-, et, pour Empêcher qu'il y soit porté atteinte de toute autre part, gardez cette note, que je vais détacher du reste de ma Lettre. Gardez la comme un témoignage de notre volonté. Joignez la à nos IMémoires comme une Sauvegarde, un Sceau qu'il ne sera pas permis de Rompre. Il faudra bien qu'on le respecte, lorsqu'à nos ordres précis se joindra votre volonté courageuse, appuyée de tous les Sentiments nobles et généreux que nous vous connaissons.

Le reste de la lettre est de l'autre part.

Cette lettre n'est pas signée, mais elle esf de l'écriture parfaitement reconnaissable de Barbaroux.

On y trouve la révélation d'un fait important et inconnu jusqu'ici; à savoir que Barbaroux aurait continué et achevé ses Mémoires à Saint-Emilion.

Ces Mémoires se composaient de quatre parties : les deux premières avaient été rédigées en Bretagne, tandis que Barbaroux était caché d'abord à Quimper, et plus tard à Pont-Croix, près Pouldavid, chez M. de la Hubaudière. (Mém. de Barbaroux^ p. 1 .)

La troisième avait été seulement commencée dans le

même lieu et à la môme époque. (Note de Barbaroux ; Mém., p. 98.)

L'existence de la quatrième partie n'était que soupçonnée.

Disons maintenant quel a été leur sort. La première et la troisième partie paraissent avoir été détruites pendant la Terreur. Elles seraient définitivement perdues , à moins qu'il n'en eût été fait des copies avant la destruction de l'original. (Lettre de M. de la Hubaudierej Notiee sur Barbaroux, xxxiv.)

La seconde, sauvée par M. Bosc (de l'Institut), qui la cacha dans la forêt de ^lontmorency avec les Mémoires de madame Roland , a été publiée par M. Ogé Barbaroux, dans la collection Baudouin, en 1822.

Qu'est devenue la quatrième ? Elle devait être dans la boîte de fer-blanc où étaient renfermés les papiers confiés à madame Bouquey, et elle aurait dû se retrouver soit parmi les papiers du Comité de salut public, soit parmi ceux de JuUien. Après la découverte récente des manuscrits de Salle, de Petion, de Buzot et des lettres de madame Roland, l'espérance de voir ces Mémoires surgir de quelque dépôt ignoré n'a rien de chimérique. Indiquer la possibilité de leur existence, c'est augmenter les chances qu'on peut avoir de les retrouver un jour, en éveillant à cet égard l'attention du public littéraire.

Voici le portrait que Buzot a tracé de madame Bouquey, qui paya de sa tète son héroïque dévouement :

«Une femme, ais-je dit? oh! non, c'est un Ange accouru de cent lieues pour nous offrir ses soins, sa maison, ses consolations; tout ce qu'elle possède enfin

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