ACTE II, SCENE ITT
Elle s'approche d'un siège, sur le devant du théâtre, en face du Comité; elle reste debout, la main appuyée sur le dos de ce siège.)
La Loi M'est connue.
SECHELE, a part.
* A sa perte on travaille ! Eh ! pourquoi?. . .
BARRERE.
Comment vous nomme-t-on?
Cordai.
SECHELE, a part.
Et quel éclat!.,
* Quelle ame forte
BARRERE.
Quels sont vos parents ?
Que t'importe?
Si de quelque vertu fai pu couvrir mon nom, L'ame qu'ils m'ont formée est leur plus noble don. 0 mon père! pardonne à ta fille chérie. Si fai, sans ton aveu, disposé de ma vie; Ma gloire t'appartient; console tes vieux ans ' I
DANTON, a part.
Dieux! qu'entends-je?
SECHELE, a part.
Est-il donc de si grands sentiments?
1 Paraphrase de la lettre de C. de Corday à son père : « Pardonnésmoi, mon cher papa, d'avoir disposé de mon existence sans votre permission.... Je vous prie de m'oublier, ou plutôt de vous réjouir de mon sort, la cause en est belle.... »
26 CHARLOTTE CORDAT.
(A Charlotte.)
Quoi! si jeune braver la mort! Peut-on le croire?
J'aurai vécu bien peu, mais assez pour ma gloire.
ROBESPIERRE
Est-ce à nous insulter que tend ce long débat? Soufîrirons-nous longtemps ?. . .
DANTON
Assassin de Marat , Reponds : Qui t'a portée à ce meurtre?
Ses crimes ' .
DANTON
Eh quoi! tu prétendras tes fureurs légitimes? Frapper l'ami du peuple! oublier ses bienfaits!
Le Monstre!... Grâce au ciel, il n'étoit pas Français"!
ROBESPIERRE
Laissons ces vains discours. Nomme-nous tes complices.
Je n'en ai point ^.
^ Interrogatoire de C. de Corday devant le tribunal révolutionnaire : D. Que haïssiez-vous dans sa personne? (Celle de Marat.) R. Ses crimes.
2 Lettre de C. de Corday à Barbaroux : Grâce au ciel, il n'était pas Français. (P. 2.)
3 Le président : Quels sont ceux qui vous cnt engagée à commettre cet assassinat?
L'accusée : C'est moi seule qui en ai conçu l'idée.
Et ailleurs, à la même demande, elle répond: Je n'aurais jamais commis un pareil attentat par le conseil des autres. C'est moi seule qui en ai conçu le projet et qui l'ai exécuté.