‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 21 sur 174 · LA TROISIEME VOIX · texte numérisé non relu

LA TROISIEME VOIX

Périsse l'assassin !

LA SECONDE VOIX

Du plus beau de nos droits.

Périssent

DANTON, assis et absorbé.

Se peut-il?...

LA SECONDE VOIX continuant.

Les violateurs!

DANTON

Puis-je Respecter cette voix? Et quel est ce prestige?

30 CHARLOTTE CORDAI.

ROBESPIERRE, debout.

Quoi donc! Quels sont ces cris? Quel est l'audacieux Qui, pour braver les Loix, vient jusque dans ces lieux?

Tu flatlois tout à l'heure, à présent tu menaces?

A M ARE, a Robespierre, qui se rassoit.

Au piège qu'on te tend , toi-même tu t'enlaces.

DAiNTON se levant, a Robespierre.

Du peuple qui t'adore, incorruptible ami, Etoulle, Robespierre, un si généreux cri; Comprimons la douleur dans nos âmes sensibles : Ici, comme la Loi, montrons-nous impassibles.

(Au peuple.)

Citoyens, je rends grâce à cet empressement JMarqué pour des devoirs méconnus un moment. L'ardent amour du peuple avoit trompé mon zèle; Et qui venge ses droits se croit toujours fidèle.

SECHELE, a part.

Combien nous sommes bas ! et qu'elle est grande ! . . .

DANTON, continuant.

Ainsi , Le peuple est sage.

(A part, en se rasseyant.)

0 ciel ! notre espoir est trahi !

Peuple, à mon tour aussi, je dois te rendre grâce Pour tes droits défendus, pour cette noble audace Qui sous ta volonté fait fléchir tes tirans. Peuple, je t'ai montré par quels efforts plus grands

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