‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 36 sur 174 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

Ah ! connoissez enfin le plus grand de mes crimes ;

Devant moi, les cruels! ont compté leurs victimes;

Ils se sont enchainés par d'exécrables nœuds;

Ma bouche a prononcé ces sermens odieux;

J'ai juré!... le cœur plein de votre auguste image!...

Madame, vengez-vous, punissez cet outrage.

(En lui présentant son poignard.)

D'un second sacrifice honorez votre main : Immolez un tiran, frappez un assassin.

Sois homme, leve-toi; ce fer de la vengeance, Dans tes mains, désormais, appartient à la France : Va sauver ton pais et sois digne de moi.

SEGHELE.

J'y vole de ce pas; je cours venger la loi.

Oh! comme de mon cœur ils s'étoient rendu maîtres!

Combien ils m'ont trompé! Périssent tous les traîtres!

Que mon fidèle ami connoisse mes remords;

Je cours, de tous mes soins seconder ses efforts.

Du trépas des tirans l'heure sera sonnée.

Non , vous ne mourrez pas ; de vos vertus ornée ,

Vous vivrez pour jouir de l'amour des mortels;

Vous verrez de nos loix rétablir les autels;

Et mon cœur, épuré par votre propre gloire,

Pourra peut-être un jour vous vanter sa victoire.

Nous vengerons la France, et par de nobles coups

Nous viendrons vous sauver ou périr avec vous.

Va, cours : ô mon païs! j'ai donc ma recompense! Je t'ai rendu ce cœur ! mon triomphe commence.

58 CHARLOTTE CORDAI.

SECHELE.

Vous sortez; et bientôt, les Monstres!..

Calme-toi ;

C'est à ton pais seul qu'ils causent quelqu' effroi. SCENE V.

SECHELE.

0, de la liberté, noble et touchante image! Viens, Epure mon cœur, veille sur ton ouvrage! Arme mon bras! sur nous remplis tes grands desseins! Quels charmes , dans sa bouche , ils offrent aux humains !

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