‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 45 sur 174 · UN GARDE NATIONAL · texte numérisé non relu

UN GARDE NATIONAL

Nous le voulons : Paris a trop souffert leur rage; Au peuple, à son Sénat, que Paris rende hommage; Que les conspirateurs soient livrés et punis.

SECHELE.

Cependant qu'avec soin nos ordres soient suivis.

Epurons bien nos rangs; ardens à nous surprendre.

Les esclaves des rois pourroient vouloir s'y rendre,

Pour frapper le Sénat et non ses ennemis.

Le trouble seul leur plait : pourvu qu'ils soient admis

A donner parmi nous un signal de carnage ,

Les partis, quels qu'ils soient, conviennent à leur rage.

Eh! ne les voit-on pas, au millieu des brigands,

Parler de liberté du ton de nos tirans ,

De leurs plus grands excès croitre la violence ,

Et rappeller, comme eux, les rois par la licence?

Craignons que, se mêlant aux vrais républicains.

Ils ne viennent flettrir nos succès dans nos mains;

Craignons qu'en les voyant, nos ennemis perfides

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N'aillent nous supposer des esclaves pour guides

Et du peuple sur nous ne détournent l'horreur.

Ils régnent par l'Effroi, le Mensonge et Lerreur.

D'un crime profitable, avec un art extrême.

Ils savent se parer; mais sur la vertu même,

Ils savent rejetter le crime qui leur nuit.

Du nœud que nous formons ménageons bien le fruit.

Faisons flotter partout l'Etendart tricolore;

De ces saintes couleurs la Liberté s'honore.

Jusque sur nos drapeaux peignons nos sentimens :

« Paix aux Républicains, guerre et mort aux brigands!

« Que la loi désormais en liberté s'explique !

(( Que le Sénat soit un comme la Republique ! »

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