‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 54 sur 174 · SCENE Vï · texte numérisé non relu

SCENE Vï

DANTON, ROBESPIERRE, BARRERE, AMARE

ROBESPIERRE

Amis, il a jugé!

En faveur de Marat ma voix s'est fait entendre. Mais, pour nous, vainement l'arrêt vient de se rendre; Le tumulte est au comble... Introduits par nos soins, Nos agens du débat etoient les seuls témoins. Et les juges, et nous, pénétrés de l'idée Que la victoire enfin nous etoit accordée , Si cet arrêt rendu declaroit que Marat Etoit mort immolé par un assassinat, Et que les seuls tirans en horreur à la France Étoient ces vils Proscrits, qui, quoique sans puissance, Abbattus, enchaînés, du fond de leurs cachots Osoient tramer encor d'exécrables complots, Attaquoient le Sénat par la main d'une femme , Aspiroient à régner par ce triomphe infâme : Nous avons invoqué la puissance des Loix. Nos cris de l'orgueilleuse ont étouffé la voix. Je l'avouerai : tranquille et sans soin pour sa vie, Toute entière au Sénat, au peuple, à la patrie, Elle a, pour un moment, sçu nous embarrasser; J'ai vu, de toutes parts, nos agens balancer. Mais enfin, à propos, suspendant sa défense. Les juges ont parlé. Nos agens, en silence, Ont entendu l'arrêt; et soudain mille cris Ont proclamé Marat , exécré les Proscrits.

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