‹ Charlotte de Corday et les Girondins (volume 2)Chapitre 91 sur 174 · GUADET, SALLE ET BARBAROUX · texte numérisé non relu

GUADET, SALLE ET BARBAROUX

Guadet et Salle , arrêtés le 29 prairial à Saint-Émilion, furent conduits immédiatement au chef-lieu du Département.

Le 30 prairial, ils comparaissaient devant le Comité révolutionnaire de Bordeaux. Là ils étaient interrogés par le Président de ce Comité. Leur interrogatoire a été conservé, et nous le reproduisons textuellement.

Le lendemain, 1" messidor, ils étaient traduits devant la Commission militaire, et sur la constatation de leur identité, condamnés à mort comme ayant été mis hors la Loi par la Convention. L'exécution eut lieu le jour même de la condamnation.

Barbaroux fut condamné et exécuté cinq jours après, le 6 messidor.

Pour comprendre cette procédure sommaire, il faut savoir que dès le mois d'octobre 1793, Ysabeau et Baudot , Députés à la Convention , avaient été envoyés à Bordeaux et avaient soumis cette ville, considérée comme le foyer du fédéralisme, à un régime particulier, organisé par un arrêté en vingt et un articles , constituant une sorte d'État de Siège.

L'article T' déclarait que Bordeaux était provisoirement soumis à un gouvernement miUtaire , sous la surveillance des Représentants du Peuple.

. Les articles suivants étaient consacrés à l'organisa»-

tion d'une armée révolutionnaire, à laquelle était adjoint un bataillon de Sans-CuloUcs Bordelois, le tout commandé par le général Brune.

Puis l'arrêté créait : •

1° Un Comité révolutionnaire composé de vingtquatre républicains, chargés de rechercher tous les fils de la conspiration, de faire arrêter tous ceux qui y ont pris part, les suspects, les étrangers, et, en un mot, de remplir les fonctions de magistrats instructeurs. (Voyez l'art. 6 dudit arrêté.)

2" Une Commission militaire composée . de sept membres nommés par les représentants du peuple, et chargés de reconnaître l'identité des personnes mises hors la loi, et de les faire exécuter dans les vingt-quatre heures, ainsi que tous les émigrés, les prêtres rentrés, etc.

On appelait Commission des Trois, la section du Comité révolutionnaire qui préparait l'instruction des affaires. C'est devant cette Commission que comparaissent d'abord Guadet et Salle, et plus tard Barbaroux. (Voyez ci-dessus, p. 128.)

La Commission militaire, chargée du jugement, avait pour Président un nommé Laconibe, natif de Toulouse, homme grossier, sanguinaire et vénal. C'est lui qu'on va voir prononcer la condamnation des proscrits, et plus tard, de la malheureuse famille Guadef tout entière.

Les antres membres de la Commission sont représentés, par O'Reilly (Histoire de Bordeaux), comme d'obscurs artisans ou marchands. — Morel, l'un d'eux, était, suivant Guadet, un comédien sans moralité.

La Commission mihtaire siégeait au Palais Brutus. .

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