I. Depuis quand étais-tu à Saint-Émilion
R. Depuis environ trois mois et demi. J'ajoute que j'ai passé cinq à six semaines dans divers lieux, sans logement : mon père étant en arrestation et ayant des gardes chez lui.
I. Depuis ton arrivée dans le département, jusqu'au moment où tu t'es retiré à Saint-Émilion, quels lieux as-tu habité?
R. J'ai resté dans la Double du Périgord '.
I. Est-ce par terre ou par mer que tu .t'es rendu dans le département ?
R. Par mer. Avec cette circonstance que nous sommes rentrés deux fois à Brest pour n'être pas pris par des corsaires anglais.
I. Comment nommes-tu *le capitaine de la barque qui vous a transportés au Bec-d'Ambès?
R. Je crois que son nom était Grangez^. Mais, sur
i Petit pays entre Riberac et Mucidam (Dict. d'Expilly).
2 « Granger (Jean-Jacques), âgé de quarante ans, capitaine de navire, né à Anacady, domicilié à Brest, condamné à mort le 8 frimaire an II par la commission militaire séant à Bordeaux, pour avoir pris sur son bord, à son départ de Brest, sept particuliers, au nombre desquels étoient Wimphen* et Guadet, et autres mis hors la loi après les jour-
* On croyait que Winipffen était à Bordeaux , comme on peut le voir dans la note suivante , que nous avons copiée sur les registres du Comité de salut public, n° 466, .30 septembre 1793 -.
'( Les membres du Comité de salut public envoyent l'extrait d'une lettre » du procureur général de la Haute-Garonne relative à Wimpffen, qui » cberche à faire soulever le peuple de Bordeaux. »
En réalité, Winiptren ne quitta pas Baveux, où il resta caché jusqu'au
ce (fu'il y a de plus sacré, j'atteste qu'il ne savait pas qui nous étions, tandis que j'ai appris qu'il avait été condamné pour nous avoir donné passage sciemment.
I. Sais -tu s'il existe dans la Convention quelque nouveau complot de conspiration ?
R. Je n'ai connu que celui qui eviste maintenant, par lequel on prive le peuple de ses droits et on usurpe sa puissance.
I. Avais- tu quelque relation à Bordeaux avec les hommes qui approchaient les représentants du peuple Isabeau et Tallien ? « ■
R. Non certes. J'en connaissais quelques-uns, que je méprisais trop pour en avoir.