I. Où te retiras-tu en sortant de Paris
R. D'abord à Chartres, espérant, y trouver des moyens pour gagner mon département ; m'étant trompé dans mon attente, j'allai à Évreux, conduit par la même espérance. J'y trouvai deux ou trois de mes collègues qui étaient ou de ce département, ou des départements voisins que le hasard m'y fit rencontrer. Le département m'y ayant accueilli, je m'y arrêtai quelques jours.
I. De quelle manière parvins-tu à te soustraire à ton arrestation ?
R. Dès que j'appris que le décret d'arrestation était rendu, pensant que le plus sûr moyen d'être utile à la cause du peuple dans une circonstance aussi critique était de me maintenir libre, afin d'éclairer mes commettants suj- les scènes d'oppression qui venaient d'avoir lieu, je me soustrais au mandat d'exécution, je fis une déclaration dans laquelle j'exposai à mes commettants la non-liberté de la Convention nationale au moment où le décret fut porté.
I. Du jour où le décret d'arrestation fut rendu , à celui de ton départ de Paris, quelle fut ta retraite dans cette commune ?
R. La reconnaissance m'empêche de répondre. Puisse celui qui m'a accuelli lire cette réponse, il verra que j'y songe !
I. Es-tu sorti de Paris seul ou en compagnie de quelqu'un de tes collègues ?
R. Seul.
I. Quels sont ceux de tes collègues que tu trouvas à Évreux ?
R. Ce ne fut pas sans peine que je vins à y rencontrer Buzot, du département de l'Eure, et Larivière, du département du Calvados, qui se rendait chez lui; le soir, nous fûmes joints par Le Sage, de l'Eure-et- Loir, qui était alors en commission dans ces cantons-là.
L As-tu resté longtemps avec eux ?
R. Larivière partit le lendemain, et je restai trois ou quatre jours à Évreux avec les autres.