‹ Charlotte de Corday et les GirondinsChapitre 1 sur 97 · TOME PREMIER · texte numérisé non relu

TOME PREMIER

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180 V -187 2 Tout droits rrsfrtxt

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A Mademoiselle Zilia GlADET, fille rlu célèbre Orateur de la Gironde;

A Madame LACOMIJE-GUADET, sa petite-fille^

A M. J. GUADET, son neveu;

A MM. Hyacinthe et Jllikn GLADET,

ses petits-neveux.

llomimuje iCnne vive et respectueuse reconnaissance.

Qu'il me soit permis de placer sous le patronage du iirand nom qu'ils portent si dignement un travail (jui n'a pu être entrepris et achevé que grâce à leurs bienveillantes comnuinications et à leur obligeant concours.

Cette dette n'est pas la seule de l'Auteur : une compilation historique est une œuvre essentiellement collective : elle n'est possible qu'avec l'aide de toutes les personnes (jui, possédant des documents ou des souvenirs, des pièces ou des traditions sur le sujet de l'ouvrage, veulent bien apporter leur pierre à l'éditice. Déjà nous nous étions fait un devoir de ne jamais utiliser les informations que nous recevions sans indiquer scrupuleusement nos autorités dans chaipie cas particulier; mais nous avons cru que ce ne serait pas assez, et nous avons réuni ici dans une table penérale,

au frontispice du livre, les noms de ceux qui ont encouragé nos etlbrts, comme on place au seuil d'une fondation publique la liste de ses bienfaiteurs. Par là, nous espérons mettre mieux en lumière l'importance des services qui nous ont été rendus et le caractère des sources auxquelles nous avons puisé; il nous reste un regret amer, c'est que pour beaucoup ce souvenir ne soit plus qu'un témoignage tardif et stérile de notre gratitude !

Madame Letellier , née Yalazé , fille de Valazé , le Caton de la Gironde, aujourd'hui décédée; madame Roger-Desge- \KTTES, sa petite-fille.

Madame Rac.iel (de Yillars), petite-fille de Salle, décédée.

M. le docteur Contal, de Nancy, son petit-fils.

M. Ogé Barbaroux, fils du Conventionnel, décédé.

M. Charles Barbaroux, son petit-fils.

M. Grangeneuve, fils de Lafargue de Grangeneuve, l'un des martyrs de la Gironde.

M. Guillaume, fils de Guillaume, Député de Paris aux États Généraux , auteur de la pétition des huit mille et des vingt mille, décédé.

Madame d'Argence-Caille, née du Repaire.

M. l'ahhé Caille des Mares, grand vicaire de Notre-Dame, décédé.

M. Drugeon de Montigny, décédé.

Madame Drugeon de Montigny, veuve du précédent.

M. DU Beux, ancien Procureur Général à la Cour de Bordeaux.

-M. Fabre de la Bénodière, Avocat Général à la même Cour.

.M. lIoRTENsius DE Saint-Albin, Conseiller à la Cour de Paris.

M. Faugere, Directeur des Archives au Ministère des Affaires étrangères.

M. Pierre Margry, Archiviste adjoint au Ministère de la MaliiK;.

M. TuRPiN, Sous-Archiviste au Ministère de la Guerre.

MM. Dupont, Boutark;, Lot, Campardon, Garnier, Lallemand,

décédé, BoissERANh de Chassey, décédé, des Archives nationales.

M. Lafîat père, ancien Directeur des Archives de la Préfecture de l*olice, décédé.

M. Labat, son fils. Archiviste actuel.

M. RoBEKT, Archiviste de l'Hôtel de Ville de Paris et Conservateur des actes de l'état civil, décédé.

M. DE Saint-Johanny, Archiviste actuel.

M. Philahéte Chasles, Professeur au Collège de France et Conservateur à la hihliothcfiuc Mazarine.

M. C. Berhieii, Conservateur de la même hibliothècfue.

M. KicHAiU), Conservateur de la Bibliothèque nationale, tué en se rendant à son poste le 24 mai 1871.

MM. Ravenel, Rathery, Chéron, Bauueme.nt, Dauban, Conservateur adjoint du cabinet des Estampes, de la môme Bibliothèque: Depping, Thierry, etc.

M. DE Sainte-Beuve, ancien Magistrat.

M. Leo.n de la SicoTiERE, Député de l'Orne.

.M. Charles Renard, de Caen.

M. Henri Drechol, Avoué près le Tribunal de la Seine.

.M. Chesneau, ancien Avoué à Bordeaux.

M. Menetrikr.

-MM. Parent de Rosan, Alfred Sensier, Philippe de Saint- Albin.

M. DE .Meynot, de Saint-Émilion; M. Descordes, petit-fils de M. Berlhomieu de Meynot; le frère Léonorius, M. Droihaut.

M. Aymen, .Maire de Castillon (Dordogne), membre du Conseil Général de la (iirondo.

M, le vicomte de Briolle, neveu du précédent.

.MM. Pasuleree, Lhoi meal, deCasdIlon; Mlsset, de Vignonet.

M. Devalz, de Cafol, décédé.

M. DEScoMiiES^Jean), de Saint-Pey d'Armans.

MM. Ol'insac, Léo Dlpre, Lallemand et (Ubrol (Lorbach).

MM. Lecointre, de Melun; Loyvet, de (iuignes, descendants de L. Lecointre.

.M. lioLLOT, Notaire à (iuignes, décédé.

.M. .Ménager, Notaire à Sèvres.

M. GiRARDiN, Notaire à Vei-sailles.

M. GoTTiN, Notaire à Paris.

M. OuRi, Secrétaire de la Mairie de Chartres.

M. Périal, Secrétaire de la Mairie d'Évreux.

M. Raymond Bordeaux , Avocat à Évreux.

M. Lemrez, d'Évreux; M. d'Yenne.

Madame Lecoixtre, d'Évreux, descendante de Buzot.

M. PiRMiN Rayeau, Architecte de la Ville de Paris.

Madame Trolley.

M. Alexandre Ghauliac (décédé) et madame Chauliac mère

M. Moreau-Chaslon (Gustave).

M. Charles Levita de Rechten.

M. C. E. Giles, de Londres.

M. Gotschalk, de Copenhague, par l'intermédiaire de

M. JoHANNES GuiLLOTEAu-BouRON , Banquier à Paris. M. Léonce Laumaillier.

MM. Vieweg, Galignani (Baudry et Bumpus), Synthenis, de

Vienne (Autriche); Cotta, de Stuttgard, etc., etc.

Nous n'oublions pas non plus, notre honorable Editeur en tête, les utiles auxiliaires qui nous ont apporté leur collaboration dévouée : MM. Emile Richard, Baudrand, Eugène Battaille, Pilinsky, auxquels nous devons les plan, gravures, lithographie, fac-similé y qui complètent le texte de l'ouvrage.

Enfin viennent les vaillants pionniers qui nous ont aidé à fouiller le champ inépuisable des recherches : MM. Félix Mouttet, Eugène Gru, Lesage (des Archives), Terry (de la BibHothèque nationale), Godermann, exemployé dans le même établissement, Charavay, Lécu- REUx, France, Guillemot, Rochoux, Soliman Lieutaud.

Charles VATEL.

Avril 4872.

PREFACE

Le 6 messidor an II, René-François Dumas, le trop fameux Président du Tribunal révolutionnaire, montait à la tribune des Jacobins et faisait à l'assemblée cette communication :

c( Guadet et Salle ont enfin payé de leurs têtes leurs crimes contre la République! Ces scélérats s'étoient réfugiés à Saint- Emilion, on les a trouves dans le grenier du père de Guadet.

» Salle s'y occupoit à faire une comédie où le Comité de Salut public jouoit les principaux rôles et y étoit traité comme il est facile de F Imaginer; mais Salle ne se doutoit pas quil s'ayissoit plutôt d'une tragédie où il dev oit figurer lui-même. Une âme criminelle ne peut trouver de ressource , et tous les conspirateurs doivent se persuader enfin que le dénouement de toutes les trames qu'ils entreprennent sera toujours le dernier supplice. »

(Société des Jacobins, Journal de la Mo7itagne ^ an 11^ n" 60, p. 489.)

Ce bulletin d'échafaud et la raillerie sinistre qui l'accompagne étaient bien dans le rôle de l'homme qui préludait par des jeux de mots de mauvais goût à ses sanguinaires jugements '. Au fond, Dumas disait vrai : à côté de la pièce de

* René-François Dumas, d'abord religieux de l'ordre de Cîteaux, relevé de ses vœux par une sentence de l'ollicialité de Langres, du 23 janvier 4783, qui le rendit au siècle. Il devint, par la protection de Robespierre, président du Tribunal révolutionnaire. Son caractère présente les plus étranges contrastes, qu'on retrouve jusque dans ses

II PRÉFACE

théâtre, il y eut un autre drame malheureusement trop réel qui eut pour scène principale Saint-Émilion, pour acteurs les Girondins réfugiés dans cette ville, pour dénoûment leur mort et celle de presque tous ceux qui y jouèrent un rôle, même secondaire.

C'est cette double tragédie que nous offrons au public : l'une est la pièce en vers composée par Salle sur Charlotte de Corday ;

L'autre est le drame judiciaire comprenant les documents qui retracent l'arrestation, le supplice ou le suicide des réfugiés de Saint-Émilion : Salle et Guadet, Barbaroux, Petion et Buzot.

Dans une publication qui embrasse, comme celle que nous avons entreprise, tous les renseignements biographiques relatifs à Charlotte de Corday, la pièce de Salle devait être placée au premier rang. Écrite trois mois à peine après la mort de Marat, composée par un des Girondins réfugiés à Caen, qui avait pu voir Charlotte de Corday dans cette ville et s'entretenir avec elle; corrigée par Petion, Buzot et Barbaroux, cette tragédie, avant d'être une œuvre littéraire, était pour nous un chapitre d'histoire.

papiers. A côté de la carte de succulents dîners on rencontre pêlemêle les verdicts de mort recueillis sous la dictée des jurés, notamment le compte des voix dans l'affaire des Dantonistes. Il aimait les jeux d'esprit, et, au rapport de l'abbé Grégoire, il tenait pour maxime « qu'il fallait guillotiner tous les hommes d'esprit ». On ne dit pas que ce soit à ce titre qu'il lut exécuté le 10 thermidor. On trouve dans les papiers de Courtois la note suivante :

Dlmas. Ce Laubardemont du Tribunal révolutionnaire, ami de Robespierre , qui sernbloit n'attendre que le moment de dévorer la République ou de l'étouffer dans le sang de ses enfants, le barbare! non-seulement plaisantoit en ricanant ceux qu'il envoyoit à la mort, mais encore mettoit tout en ouvre pour conspuer toute espèce de morale publique, et s'efforçoit de détruire le principe lies sacra miser... (Papiers inédits de Courtois. Archi>eî> de la Préf. de pohce.)

PRÉFACE. lU

A ce titre, nous lui avons doiuié la place qu'elle occupe par sa date, en la mettant en tôte des sources orijiinales sur Cliarlotte de Cordav.

Mais avant de rechercher quels éléments liisloriques peut renfermer cette pièce de théâtre, notre devoir est de dire tout d'abord que nous tenons le manuscrit original de M. J. Guadet, le neveu et le digne héritier du nom qu'a illustré rinfortuné représentant de la Gironde.

« Aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs, a dit M. J. Guadet, j'ai vu dans ma famille un manuscrit ori{;inal, sur papier commun d'un bleu azuré, format petit in-^i", avec ce titre : Charlotte Cordav, trayédie en cinq actes et en vers, par Salle, tiin des proscrits; et sur plus [jrand papier, une mise au net du premier acte de cette tra^jédie. » {Revue française d'avril 1865. Article publié à part sous le titre de lirvé" iadon liistorifjue. Paris, Laine et HaNard, 1805; brochure in-8" (le :20 pa[;es.)

C'est le maimscrit que nous publions ici dans son entier. Dès l'année i8t2.*i, M. Guadet en avait inséré un fragment dans l'édition qu'il dontia à cette époque des Mémoires de Buzot. (Paris, iiéchet, 1 vol. in-H", p. \i)\ et 105.)

Kn 1841, M. J. Guadet, écrivant une savante monographie de Saitit-Kmilion (livre couronné par l'Institut), fut amené à parler de nouveau de la tragédie de Salle, et il le ht en termes que nous reproduisons, parce (ju'ils traduisent parfaitement notre pensée sur la portée de cette (Luvre dramalicjue considérée comme élément d'histoire :

" Salle, dit-il, pendant son séjour dans la mai>on de Gu.idot père, se livra à des compositions qui, hirn <|u'«'iui|;nées piir la foruu' des ou\rayes (ju'on est convrnu d'appeler historiques, pouri aient cependant à certains é(;ards leur être assimilées. Il composa des dramo ou sont hal>ilemenl mis <'U

IV PRÉFACE

relief les événements et lés hommes les plus saillants de la Révolution. Toile est par exemple une tragédie en cinq actes et en vers, dont le sujet est la condamnation et la mort de Charlotte Corday. Dans cette pièce, l'auteur semble avoir voulu surtout mettre en présence la IMonlagne et la Gironde, les Proscripteurs et les Proscrits. On sent que sous la plume d'un homme qui avait traversé la Révolution, placé au point central où tout venait aboutir, un tel drame doit être de l'histoire en action. »

M. Guadet ajoute dans un autre écrit :

« 11 y a près de deux ans (1863), je communiquai mes ma-^ nuscrits à IM. Vatel. Il se disposait à publier le drame de Salle,... lorsque la librairie mit en vente deux manuscrits nouveaux, autographes aussi, de la même tragédie, et une lettre critique de liarbaroux. D'après ces nouveaux manuscrits, M. Georges iMoreau-Ghaslon a publié l'œuvre de Salle avec la lettre de son collègue, et d'après ceux que je lui ai remis, M. Vatel va prochainement donner une autre édition de cette œuvre avec des lettres de Buzot et de Petion et quelques autres pièces authentiques*. (P. 10.) »

La propriété de M. Guadet et l'antériorité de ses droits sont donc parfaitement établies. Le premier il a possédé le manuscrit de Salle, le premier il l'a fait connaître par des extraits et par des analyses. S'il ne l'a pas publié dans son intégralité, c'est que notre grand critique, M. Sainte- Beuve, auquel il l'avait communiqué, s'était montré peu favorable à cette publication considérée au point de vue littéraire. (V. l'article sur les Mémoires de madame Roland : Causeries du Lundi du 11 juillet 18G4, t. VIII, p. 227 et suivantes.) Il n'aurait tenu qu'à M. Guadet de

^ Rf^'vt'lalion historique au sujet des manuscrits de madame Roland, de Sallo, de Pelion, de Barbaroux et de Louvel, récemment mis en vente. Paris, 186o.

PHKFACE. V

prendre les devants et de s'assurer de la primaulé devant le public; mais M. Sainte-Beuve lui avait dit, en parlant des Girondins, a J'aime mieux leurs discours que leurs vers, leur prose que leur poésie », et M. Guadel crut devoir s'abstenir en présence d'un arrêt souverain en matière de bon goût.

En 1803, au nombre des manuscrits qui furent apportés par un inconnu à M. France, alors libraire -éditeur, (juai Voltaire, à Paris, se trouvaient :

V Un cahier petit in-S" renfermant le brouillon original ou premier jet de la tragédie de Charlotte Cordai de la main de Salle;

2" Une copie du même ouvrage, format in-i°de 81 pages, d'une écriture inconnue.

A ces copies était jointe une lettre autographe de Barbaroux , adressée à Salle au sujet de sa pièce.

M. France mit en vente publique, en 1804, tous les papiers qui provenaient de cette origine mystérieuse , et il f)ublia un Catalogue dans lequel les pièces émanant de Salle et de Barbaroux sont inscrites sous les n"' 402, 403 et -404.

Le premier manuscrit de Salle fut adjugé moyennant 140 francs; le second, moyennant 40 francs. La lettre de Barbaroux monta à 151 francs.

Les enchères avaient été poussées et couvertes pour le com()te de M. (ieorges Moreau-Chaslon. Dans le courant de l'année, il [lublia la tragédie de Salle, format grand in^", chez Miard, libraire-éditeur, rue de Bi>oli.

Cette édition est accompagnée d'une préface, de la biographie de Sulle, de dillL'rentes pièces sur son arre>lalion, et de lettres de Charlotte de Corday en fac-.similc soigneusement exécutés.

VI PRÉFACE

C'est une œuvre tout à la fois de luxe et de goût : elle fait le plus grand honneur à son auteur, qui débutait ainsi d'une manière brillante dans la carrière historique et bibliographique.

En possession du manuscrit de M. Guadet depuis 1862, il m'eût été facile de le publier avant tout autre. Mais, je dois le dire, je partageais l'opinion de M. Sainte-Beuve sur la valeur intrinsèque de l'œuvre de Salle, considérée à un point de vue exclusivement littéraire : elle ne pouvait, selon moi, supporter par elle-même la publicité. L'extrait déjà donné par M. Guadet, avec une judicieuse réserve, était suffisant pour qui voudrait avoir une idée de cette pièce à titre de curiosité. Cependant, en admettant que cette ébauche ne méritât pas les honneurs de l'impression en tant qu'œuvre de théâtre, j'y voyais un document historique de la plus grande importance. 11 me semblait qu'il y avait là tout un jugement porté sur Charlotte de Corday par les Girondins, jugement d'autant plus important que leur opinion sur elle n'était qu'imparfaitement connue. A ce titre seul, la pièce de Salle était digne d'être étudiée, commentée, placée avec distinction dans les fastes du fédéralisme. Mais ce n'était pas son unique mérite. Ur» heureux hasard avait voulu que Salle, se défiant et avec juste raison de ses forces, eût consulté ses compagnons d'infortune et sollicité leur avis amical.

Ceux-ci avaient répondu à son appel, et deux de leurs lettres, celles de Pelion et de Buzot, s'étaient retrouvées dnns les papiers des Girondins saisis par le Comité de Salut public et conservés dans ses cartons. (Archives de l'Empire, AF II, 45 et 46.)

Toutefois la lettre de Barbaroux manquait ; elle avait pendant longtemps échappé à toutes mes recherches, lors-

PRÉFACK. VII

qu'elle appiirut , comme nous l'avons dit , au nombre des pièces mises en vente par iM. France.

La correspondance des trois proscrits avec Salle se trouvait donc reconstituée dans son ensemble, et, comme il arrive parfois, le commentaire devenait plus précieux que le texte, le cadre l'emportait sur la toile. En ellet, ce n'est plus seulement un jugement indirect sur Cbarlotte de Corday, résultant d'une tragédie dont elle est l'héroïne; c'est une appréciation motivée de son caractère et de son action, qui se retrouve dans les lettres des trois Girondins. Ce n'est pas elle qui est l'objet unique de leurs observations, c'est la Gironde face à face avec la Montagne, l^etion et lîuzot discutant la mise en scène de Robespierre et Danton , Barbaroux crayonnant le portrait de Barere et d'Hérault de Séchelles...

Or, si la tragédie de Salle est faible, la critique de ses amis est excellente; elle est infiniment curieuse pour I histoire des faits aussi bien que pour celle de la littérature à la fin du dix-huilième siècle. M. Sainte-Beuve avait raison, la prose des Girondins vaut mieux que leur poésie, et c'est là le vrai mérite auquel des hommes politiques dussent aspirer ' . Mous nous sommes donc ap()laudi d'avoir attendu cpie le temps vînt réunir ces pièces qu'il avait dispersées, leur donnant ainsi le prix que rend à un livre incomplet la découverte de feuillets qu'on crovait perdus.

(k's précieuses pages, nous nous sommes elTorcé de les compléter par tous les documents (|ui s'y rap[»ortent, par tous les renseignements (jui peuvent les éclairer, et nous

' El auquel ils aspiraiml en efTol. V. ittfrà, p. 402, à la note, Iw paroles »ie Vala/.c rexeiulinuanl le litre d'huintM U'Ktal, que Maral lui (lunnail cooyne une injure.

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