‹ Charlotte de Corday et les GirondinsChapitre 53 sur 97 · DE CHARLOTTE DE COHD.VY · texte numérisé non relu

DE CHARLOTTE DE COHD.VY

All)ertine Murât M"" Noblkt.

Une Jeune femme M" • Maiua Favaut.

Une Vieille dame M""* MinKcoi rt.

Une Vieille dame M""' Blanche.

Marthe, servante de madame de brel-

teville M""" Portalis.

Une Petite fille M"'" Céline Mo.ntaland.

Girondins. — Domestiques. — Vieilles dames. — Le général Wimptren. — Aides de ramp. — OITiciers. — Bourgeois. — Bourgeoises. — Femmes du peuple. — Bonnes d'enfants. — Enfants. — Protes. — Imprimeurs. — Porteurs de journaux. — Brocheuses. — Peuple. — (îendarmes.

La pièce est imprimée telle qu'elle a été écrite. La dernière scène du premier acte et la dernière scène du troisième n'ont j;unais été représentées. Le cincjuieme acte ne l'a «Ué qu'une fois. Le mofioloL'ue de Charlotte au Palais-Royal, scène du quatrième acte, est abrégé à la représentation. (Note qui ne se trouve que dans les deux premières éditions.)

Paris, publié par P. Blanchard, ancienne librairie Iletzel, rue Richelieu, 78. Il y a eu deux éditions m-8" chez Blanchard, une édition in-ÏH anglais à Bruxel es, 18;>0, sans compter celle comprise dans les œu-

\ros complète» de lauteur. l.sGT.

M. Jules Janin, que Ponsard appelait le premier liolc ile sn Lucrèce, et (jiii fut le dernier du poCle, a raconté de la manière suivante le.s circonstances (pii ont donné naissance à la trajzédie de (Hiarlolte de Corda y :

« Avec deux coinédieiis qui lui ont manqué, le second succès de Franrois Ponsard éj;alail le pniiiiiT. Après Atjnès, il comprit qu'il m* poii\ait plus se passer «b* iii.itbinois«'llt' K.ichel. Llle réj;uait par des «pi.ililés irré>isiibies en n-ine «b* Paris. l'3llr<*tait b' rêve et rainour «les portes. l'Jle avait remis eu fjrand bomieiir IMièdn', Mermione, Albalie. Knfin elle m* repentait de n'.i voir pas été au-devant de celte gloire naiss^inte. de n'avoir pas ajouté* son brin (racanllu' on t\v laurier a la eouroiuK* de I.uirèee, Poiie madeiuoiselb* ILubel rJ Irauroi^ Pons.inl s'entendirent bien vile. La Ké\«»lulit»n «le IHiK .i\anl ouMil au poète dcH horizons tout iiou\eau\, la Pariiirnne et

cccxvi BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE

le poêle convinrent qve celui-ci écriraU une Charlotte Corday, en cinq actes, en \cvs, en huit tpbleaux, et que ce^e-Jà représenterait de son mieux ceîfe époque si ter.ible, qu'à peine l'ïambe vengeur d'Archi loque suffirait à cetîe tâche. Il rentra chez lui plein de la parole donnée, et il en japporta ce drame étrange, abondamment l'empli de toutes les pih'és, de toutes les terreurs que le cœur de la femme et celui de l'homme pouvaient contenir. »

Cet historique n'est pas complètement exact; Ponsard avait commencé sa Charlotte Corday longtemps avant 1848. Au moment où la Révolution éclatait, la pièce était déjà fort avancée. Le troisième acte était écrit, car dès le t>5 février la Revue indépendante publiait toute une scène empruntée à cet acte.

La Revue indépendante avait alors pour chef M. Pascal Duprat. Nous savons déjà que, fidèle à son titre qui était un drapeau, elle était dirigée dans les idées républicaines les plus avancées ^ Le choix que le poëte faisait de celte revue montre assez quelles étaient ses propres tendances. Son empressement à sacrifier la primeur d'une pièce non jouée à la popularité du jour, indique non moins claire-

* V. n" du 25 février 1848, p. 65, Fragments d'une tragédie inédite, Charlotte Corday.

" L'auteur de Lucrèce nous communique quelques vers d'une nouvelle trag(*die. C'est Chîir'otte Corday qui est l'héroïne de ce poëme. Nous voudrions n'être pas condamnés à une discrétion que nos lerteurs regretteront autant que nous. Il nous serait agréable de faire connaître d'avance la coinposiiion de la pièce. On se tromperait sur son esprit , st on s'arrêtait trofi à quelques expressions de ce dialogue. 11 ne faut pas oublier que c'est un (.irondin qui parle, et que les partis les plus généreux n'arrivent jamais à cette justice calme et sereine de l'histoire. »

Le numéro 25 est suivi d'un numéro exiraordinaire avec ce titre en gros caractères : a Victoire du Peuple sur la Royauté. — Inauguration DE LA hÉPIULIQUE. ))

Ce fui la clôture de la Revue indépendante.

DE CIIAllLOTTl-: DK COIUlAY. axxvii

ment le parti qu'il prenait sur un événement a peine accompli. Là est peut-ùire le secret de la maUeillance à l.iquelle il fut on l)uUe lors de la première '•eprésenlalion, qui eut lieu à une époque de réaction contre les hommes de Février et ceu\ qui as aient embrassé leur cause.

Celte publication, qui est presque de Thisloire, donnera donc une date certaine sur le travail de Ponsard. Klle oiïre encore un autre intérêt. Klle nous fait connaître des vers qui n'ont pas été conservés dans la composition de TœuNre définitive. Nous les reproduisons ici, pensant qu'ils pourront être utilement insérés à litre de variantes dans les éditions futures des œuvres de l*onsard.

Acte III, scène i , p. fîO (de la première édition), après le deuxième vers. Le texte donné par la Revue itidépenliante ajoute les vers suivants au portrait de lîobespierre, vers qui ne se retrouvent pas dans la trai;édie publiée telle qu'on la connaît. 11 s'ai;it de liobespierre.

Il répu{;ne, je nois, aux iiK»ssarres rn masse*.

Celle furein" lui maïKjue ainsi (|uc celie audace.

Mais s'il f«oii\c.' riiislaiit l(>H|jiieiiie'it épié

De se d«''F.iire enlin d'un ii\al riivié,

Ou si, sombre tiévot, son culte poli(i(|ue

Lui semble commander un nu'urire juridique.

Il dictera l'arrêt de mori aussi serein

Qu'un druide {|aulo»s devant son i>i« n d'airain.

Le goût de l*on.>ard l'a aNorti i\\w la comparaison d'un personna^^e de la llévolulion avec un druide jjaulois n'était pas trèvheureuse. Il l'a supprimée. Mais le surplus du portrait méritait d'èl'-e conser\é, ou conmi tout au moins. Il marque i)ien l'opposition entre ce qu'Anlonelle appelait le Couperet lèijal de Robespierre, et la II u lie populaire de .Maral.

ca.xvm BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE

Voici maintenant une tirade de vingt-quatre vers, qui étaient placés dans la bouche de Charlotte, même scène, p. 67, après le vingt-deuxième vers. ~ Barbaroux a fait un long parallèle entre l'Ami du Peuple et les autres chefs de la Montagne, il a terminé par ce trait :

Eux déchirent la France et lui la déshonore.

Merci. Mon sentiment est fixé snr ce point.

Ce que vous m'avez dit, je ne l'oublierai point.

]Mais comme il ne faut pas que la haine des crimes

Éteigne en nous Tamour des actions sublimes,

ïMontrez-moi des héros que je puisse honorer;

Après avoir haï , j'ai besoin d'admirer.

Répétez-moi comment tout un pays s'enflamme.

Comment un peuple entier semble n'avoir qu'une âme ,

Comment on s'affranchit; dites par quels moyens

De manants méprisés on fait des citoyens.

Et de ces citoyens, troupe mal aguerrie.

D'intrépides soldats, sauveurs de la patrie.

Dites, dites comment les droits humains perdus

Après plus de mille ans nous ont été rendus.

Rappelez nos dangers, nos combats, nos victoires,

Enorgueillissez-moi du récit de nos gloires.

i\on , tu n'es pas flétrie, ô sainte Liberté !

Par les crimes commis sous ton nom emprunté.

S'il est une belle oeuvre, elle est toute la tienne ,

Mais les iniquités n'ont rien qui t'appartienne.

Elles sont à ceux-là dont les esprits pervers

A tes pures clartés ne se sont pas ouverts.

Eux punis, nous pourrons faire admirer au monde,

La mère des vertus, la Liberté féconde.

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