LA CONCIERGERIE
charlotte, lux.
Cette scène entre Charlotte et Lux n'a pas moins de vingtcinq pages. Elle peut se résumer en deux mots. Lux vient, dit-il, pour venger Marat. — Cette vengeance, c'est la démonstration de la faute commise par Charlotte. Celle-ci finit par reconnaître qu'elle s'est trompée, que si elle avait entendu Lux plus tôt, elle n'aurait jamais accompli l'action dont elle est responsable. Lux veut alors mourir avec Charlotte.
Un gardien entre dans la prison pour recevoir ses ordres. Elle les a déjà donnés. Elle demande à manger. {Le gardien s'étonne.) — Quoi, si près du départ!... Mais, dit Charlotte, ne suis-je pas saine et bien portante? pourquoi douter de mon appétit?... Le chemin que j'ai à parcourir est long, plus long que vous ne pensez; il faut le prévoir; allez, et soyez prompt! {Le gardien lui haise les mains et s'éloigne en pleurant.)
A cette scène d'un positivisme affecté en succède une autre
DE CHAKLOTTE DE COHDAY. cccxu
d'un genre tout contraire entre Lux et Charlotte Cordav. Nous renonçons à en donner une idée. Les hanteiirs sur lesciiielles les deux interlocuteurs se placent >ont environnées de leU nuages, qu'il nous est impossible de les suivre dans ces sphères inaccessibles. On voit seulement que Lux avoue avoir aimé, mais d'un amour indétinissable. A quoi Charlotte ré|K>nd que l'amour est une chose admirable, mais que ce n'est (|u'nne béquille. (Die Liebc isl wumierhar, doch ist sie einc Krucke.)
LE PAL.\IS DE Jl STICE.
Dialo(^ues de citoyens, de citoyennes, de dames de la halle, colporteurs, de femmes du marché et de sans-culottes.
Le cortège qui conduit Charlotte à l'iVliafaud passr an milieu des applaudissements.
Lux s'en indigne, et crie : Vive Charlotte Cordav! Vive rtlie (jui fut plus (jr and e que Brutus!
Lt PKI PLK. — Qui parle ainsi ? Qui ose tenir ce langage?
Lux. — C'est moi, et je le it^|H'tc : Plus tjrande que Brutus!
Un agfnt mi nicip.al. — Ciloven, je vo»is arrête. {Charlotte jette sur lui un reyard de compassion douloureuse.)