MONOLOGUE
La scène se passe à Paris, dans un appartement de l'hôtel de la Providence.
' « Jules Prior, né le 25 novembre 4 821 . — Fils d'un domestique de M. de Larr^arre-Auzoux, juge de paix à Beaumont-le-Roger. — A l'âge de sept ans, il ne savait pas le chemin de l'école. Son premier instituteur fut un brigadier de gendarmerie. — Comme Proudhon, il commença par garder les vaches. — Puis il devint tourneur, et enfin ton-
DE CHARLOTTE DE COKDAY. cca:\v
Le ihéâlrc rcpn'sciite une chambrr siii»|)lL'iiniil iiieubl«i.>; sur Je devant est une table sur laquelle se trouMtit du paiticr,
nelier. — Télémaque, la Xouvelle Ilt^loïse, Atala, lui donnèrent le goût de la lilléralure; Athalie lui inspira le goût de la poésie ; Plut.irque, celui de l'Iiisloire.... » Il a clianlé l'héroïne qui il!u>lra >o(i pins, comme Rose Harel, la cuisinière poêle de Vimouliers, qui a consacré quelques beaux vers à Charlotte de Corday. — M. Jules Prior a bien voulu nous éLTire qu'il avait suivi dans son drame un récit qui se trouve dans les Causes célèbres /)o////<7ues publiées par Sir Paul Hubert. Paris, de Gonet, 4 846, in-8". p. 82-S8.
Nous lui devons aussi la reclilication d'une erreur commise dans le Dictionnaire du Théâtre en France, de Goizet. Cet ouvrage, Irès-exact d'ailleurs, indicjuait, outre le monologue dont on vient de lire des extraits, un dialojjue sur le même sujet imprimé dans ses Liisirs d'un artisan, 1862, in-12, de la page à (sic). Beaumonl-le-Roger (Eure).
Ne trouvant ce livre ni à la Bibliothèque nationale ni dans \e Journal de la Librairie, nous nous sommes adressé à M. Jules Prior, (jui a bien voulu nous faire savoir que les Loisirs d'un artisan et les Veilles d'un artisan n'étaient qu'une seule et uiéme chose. Le [)rcn.ier titre avait été donné à ses vers lors de la communication qu'il en avait faite à diverses personnes de- 1860, notamment à madame Lo\er de Maromme, dont les Souvenirs sur Charlotte de Cordât/ ont été publiés par M. Casimir Périer dans la Revue des Deux- Mondes du K*' avril
C'est probablement d'après les indications venant de cette -ource que M. Goi/et aura inséré la mention (d'ailleurs restin* im^tarfaile) qu'on lit dans le Dictionnaire des Théâtres. Lors de rmipres>ii>n des poésies de M. Jules Prior on 1866, le litre définitif dunné à «.on li>re fut celui de Veilles d'un artisan. Cet ouvrage est le seul qu il ail fait paraître, comme le monologue ci-dessus est le seul fragment de sa tragédie de Charlotte de Corday qu'il ait publié. (Lettre de .M. Jules Prior du \\i août 1871.)
D'un autre côté, M. Goizet, auquel nous avons communi«pié la lettre de M. Jules Prior, adirme «lu'il n'aurait pas indiqué un formait » ' • l'avait vu indi(|ué, qu'il n'aurait pas copié en 1862 un iilre «lin notes tenues jour par jour, si le Irtro n'avait pas été publié des celle époque. 11 est fort possible en effet (|u'il y ail eu ani:- ' » Ift»
journaux sans publication ivere. .Viiisi s'expliquerait la \ > de la
description in^érée dans le l>ic/ian/iair« des Thtâtre» et la |)oUl© lacune qui s'y trouve.
En n'suim'', il n'y a point eu deux tra^^ ..i , . ' ^- -'"^
Prior. — Il n'y en a eu (ju'une seule, dont un fragment a éié annoncé et l'autre pubié.
ccccxvi BIBLIOGRAPHIE DRAMATIQUE
une plume et un poi(>nard, et à côté les œuvres de Corneille, sur lesquelles Charlotte paraît méditer.
Charlotte, assise, le coude appuyé sur la table et le front dans sa main , se lève.
... Mais pourquoi tressaillir à l'aspect du danger?
La Terreur aujourd'hui ne doit pas me changer;
Si de crainte un instant mon âme était capable,
Ce serait devant Dieu de paraître coupable;
Mais je ne veux rien craindre au delà du tombeau :
Remplir pareil devoir est si grand et si beau !
Je me fais assassin pour sauver des victimes,
Et c'est servir son Dieu que d'arrêter les crimes.
D'illustres citoyens les cachots sont remplis.
Et mes ardents désirs ne seront accomplis
Qu'à l'instant où j'aurai, pour sauver l'innocence,
Dans le sang du tyran assouvi ma vengeance.
Et de tant de forfaits reprimé les horreurs.
Arracher ma patrie au plus grand des malheurs.
Ravir aux oppresseurs leur pouvoir despotique,
A chaque peuple ami donner la République,
En tous lieux lui bâtir des temples immortels,
Où de la Liberté brilleront les autels.
Partout faire cesser la discorde et la guerre,
De tous les conquérants déchirer la bannière ,
Donner à l'univers sa devise et sa loi ,
N'avoir que Dieu pour juge et que lui seul pour roi,
Oui ! voilà les projets où seule ici j'aspire....
... Mais pour ce coup hardi déjà l'heure s'avance.
J'y vais trouver la mort, oh! je le sais d'avance.
Mais je cours accomplir un devoir solennel.
Poignarder un tyran est un titre éternel
UN DES JURÉS DE CHARLOTTE CORDAY, esquisses dramatiques en trois tableaux , en prose, par Madame Louise Golet.
Celte pièce est inédite, et madame Louise Colet se propose de la publier prochainement. Nous ne pouvons donc
DE CHAHLOTTK hK COHDAY. r.ccrwii
pas en rendre compte. Nous nous conlenleroiis de dire que c'est une élude philosophique en prose faisant en quehjue sorte pendant aux Tableaux historiques en vers du même auteur. Voici le scénario contenant l'énumération des personnages qui prennent part à la pièce et l'indication dc^ lieux où elle se passe.
<•■■ TABLEAl.
PERSOWAGES :
Charlotte Corday. Fualdès.
Jacques-François Corday d'Ar- Un Paysan, mont, son père. Une mendiante.
La scène se passe au hameau clrs Ligneries , en Sormandie , au mois d'avril 17'J3.
Une belle prairie bordée de pommiers. — Au fond, une maison d'huml>Ie apparence couronnée d'un pipnon armorié. — A ;4auche, le hameau. — A droilo. un courant dVau murmurante.
i'' TABLEAl.
rKRSO.WAGES :
Fualdes. Montané, Président du Tribunal
Jausion piTO, onclt'do Fualdès. révolutionnaire,
(^harlolto (>ordaN . La Mendiante.
Chauveau-Lagarde, avocat de Charlotte.
Im scène se passe à Paris les ^3 et \1 juilht 1791.